En marge de la célébration de la Journée Mondiale de lutte contre Sida 2009, Initiative Locale pour le Développement Intégré (ILDI) en partenariat avec le Réseau Sida Afrique (RSA) et Sida Actions (SACROI) ont organisé des activités de sensibilisation sur les droits des personnes vivants avec le VIH/SIDA dans les communes de Maluku et Nsele , le 28 et 29 novembre 2009 avec l’appui de la Fondation Nationale pour la Démocratie , NED. Au cours de ces deux journées , quatre organisations des personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les communes de Nsele et Maluku ont pris part à savoir : Bon Samaritain (BS), Clubs des Parent et Amis des PVV (CPAP), Solidarité à la Vie Positive (SOVI) et LIPS. Au total 91 personnes ont pris dont 20 PVV. à la première activité qui s’est déroulée au Bar Paulino de Maluku, trois PVV ont joué respectivement les rôles de modérateur, animateur de la tranche distribution des préservatifs et sensibilisation de la population sur les moyens de prévention du VIH et la dernière a joué le rôle d’ une prostituée dans la pièce de théâtre.
La journée de samedi 28 novembre a connu trois forts à savoir : les moyens de prévention du VIH/SIDA Delphine Bongeli et Dieudonné Shungu Ndjate, l’état des lieux de la pandémie du VIH/SIDA en RDC par Mr Jean Marie Bolika et enfin suivi par l’exposé sur la loi protégeant les PVV par Me Alphonse Longbango.
Au cours de cette activité qui a connu une participation significative des PVV venus des quartiers Bita, Inkene à Maluku , la problématique de la vulgarisation de la loi n° 08/011 du 14 juillet 2008 portant protection des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA et des personnes affectées a été évoquée. Cette nouvelle loi connaît quelques faiblesses entre autres, l’absence des textes d’application, et la criminalisation de la transmission du VIH (art.45). Parmi les autres faits relevés par les PVV et les autres participants, il y a lieu de noter dans cette partie de la ville de Kinshasa que :
1. Les PVVih sont stigmatisées à cause de leur statut sérologique : un grand nombre des PVV évitent d’être pris en charge à la formation sanitaire de l’Armée car une fois connue par la communauté, elles sont indexées comme étant les prostituées qui ont sacrifié leur vie pour les besoins charnels.
2. L’ignorance de la loi : depuis le 14 juillet 2008, le gouvernement congolais s’est doté d’une loi protégeant les PVV, cette loi souffre des mesures d’application et n’est pas vulgarisée au sein de la population ; ce qui rend difficile la promotion des droits de cette couche de la population qui a des droits entre autres, l’accès au travail, à l’éducation, au traitement santé, au dépistage et à la confidentialité des résultats, etc.
3. Distribution des préservatifs : les participants à la séance de sensibilisation ont lancé un appel aux acteurs de la société civile engagés dans la lutte contre le sida de bien vouloir plaider auprès du gouvernement congolais en vue d’approvisionner régulièrement les zones de santé de Maluku I & II en préservatifs et élargir la couverture dans les quartiers Kingakati,Mbakana,Bita, Menkao,Kaho,Nguwo, Kimpeti, etc. pour permettre à la population de les utiliser pendant les rapports sexuels. l’usage des « sachets plastiques » à été démontré par eux comme une alternative pour se protéger contre le VIH/SIDA en l’absence du préservatif.
Au cours de la seconde journée (dimanche 29 novembre 2009) dans les quartiers pêcheurs et Kinkole dans la commune voisine de la Nsele, le même constat a été fait par les 25 participants qui ont prié les organisateurs à renforcer leurs capacités en législation protégeant les PVV.
En présence du chef de service de Développement Communautaire et représentant du Bourgmestre de la commune de Maluku, les participants ont formulé leurs vœux de voire les autorités locales plaidées auprès des décideurs pour que les auteurs de discrimination soient poursuivis conformément à la loi. Les organisateurs ont décidé de contacter les instances du Programme National de Lutte contre le VIH/SIDA et les partenaires engagés à accompagner le gouvernement dans la lutte contre cette pandémie. Le rapport de cette campagne sera adressé au groupe de travail droits
de l’homme et VIH/SIDA pour envisager d’autres solutions spécifiques.
Kinshasa, 01 décembre 2009
Jean Marie Bolika, ILDI

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