Congo

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Il n’est pas facile d’aborder la question des violences à l’égard des femmes et des filles, car comme on le sait cela suscite souvent des malaises perceptibles; parce qu’il s’agit là d’un drame émouvant.

Les hommes et les femmes sont au centre de la violence sexiste ou sexospécifique, définie par le Comité de la CEDEF (Convention pour l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard de la femme) comme une violence dirigée contre une personne sur la base de son genre ou de son sexe.

Ils le sont tantôt comme victimes et tantôt comme auteurs, mais les femmes et les filles sont les plus victimes, certainement de part leur fragilité comme la dépeint la société et la condition féminine, profondément édulcorée par des considérations coutumières, traditionnelles, religieuses et sociales.

La violence sexiste est un fait universel de société qui trouve sa source, dans un système de relations hommes - femmes, système de rapport de force qui pense que les hommes sont supérieurs aux femmes et qu’ils ont un droit de propriété et d‘usage sur celles - ci, idée incarnée dans les lois et coutumes. Ainsi les femmes à travers le monde quelque soit la race, la religion le niveau d’instruction, subissent les violences en tous lieux (communauté, foyer et famille).

Quelque soit le temps, elles vivent les violences en période de paix au quotidien comme faisant partie de l’ordre naturel des choses et en période de conflits armés comme sévices et traitements les plus cruels imposés par les belligérants qui utilisent la violence sexuelle comme arme de guerre .

Les manifestations des actes de violence ne peuvent être limiter car la violence est variable et multiple, mouvante et souvent insaisissable, elle est changeante suivant les lieux, les temps, les circonstances. C’est ainsi que nous nous accordions avec la définition formulée par les Nations Unies dans la déclaration sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes adoptée par l’Assemblée Générale en 1993, qui définit la violence à l’égard des femmes comme

tous actes dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée”.

Cette définition englobe sans pour autant limiter, toutes les formes de violences à l’endroit de la femme.

Quelques statistiques à titre d’exemples

Il ressort du document synthèse des enquêtes réalisées en post conflit par la Direction Générale de la Promotion de la Femme (DGPF) et la Direction Générale de la Population (DGPOP) de juillet 1999 à juin 2001, que plus de 3917 femmes et filles ont été victimes de viol dont 1507 cas sont des enfants de moins de 18 ans pendant les troubles sociopolitiques que le pays a connu.

De décembre 2005 à décembre 2006, 509 cas en 2006 ont été enregistrés à Brazzaville dans les points focaux aussi bien communautaires qu’institutionnels de l’ACOLVF. Il ne s’agit là que des cas dont les victimes se sont volontairement adressées au niveau des points d’enregistrement. Dans ces cas, les viols représentent 50, 49% des violences sexuelles déclarées. Les cas d’incestes concernent 8 % de victimes.

Bien que le pays se trouve en période de paix, les violences faites aux femmes continuent à se perpétrer tant dans leur forme que leur nature.

La violence physique (tortures physiques, les battues,les séquestrations, les brûlures, l’exploitation sexuelle économique), la violence psychologique (frustrations, les injures, les injustices, la polygamie …) et la violence sexuelle ( viol, inceste, harcèlement sexuel, abus sexuels, exploitation sexuelle, la prostitution forcée…) tan au niveau communautaire, conjugale ou familiale, qu’étatique se persiste.

Les deux dernières années, 2008 et 2009 jusqu’au mois de septembre 2009 les cas de violences sexuelles ont été respectivement de 310 cas en 2008 et 210 cas avérés en 2009.

Pour ces deux dernières années, les données recueillies dans les deux unités de prise en charge des VVS Makélékélé et Talangai témoignent les pourcentages suivants : 2008 (effectif total 188 cas, de moins de cinq ans ; 28 cas soit 14,89% , de 6 à 15ans 51, 19 % et de plus de 16 ans, 25,5%)

Conséquences physiques

En dehors des blessures physiques qui accompagnent les sévices sexuels, le danger réel demeure les I.S.T. et le VIH. Les femmes et les enfants victimes des abus sexuels sont terriblement exposés au virus du SIDA, car les agresseurs sexuels et autres pédophiles ne prendront jamais la peine de se protéger afin de commettre leur forfait. Ce qui compte pour eux, c’est leur plaisir qu’ils cherchent à obtenir par tous les moyens, n’importe où et  n’importe comment.

La grossesse non désirée reste l’un des problèmes majeurs des agressions sexuelles. Les femmes et les enfants victimes des abus sexuels sont constamment exposés aux risques de contracter une grossesse non désirée. Les conséquences de ce phénomène sont nombreuses et dévastatrices pour la santé de la mère et de l’enfant, aussi bien mentale que physique.

En effet, une femme n’est généralement pas prête pour l’accouchement avant l’âge de 18 ans au moins. La grossesse présente donc quatre fois plus de risque pour une adolescente que pour une femme âgée de 25 à 29 ans, et l’enfant né court le risque de tomber très souvent malade ou de mourir en bas âge. Par ailleurs, une femme mature qui contracte une grossesse à la suite d’un viol  vit cette situation dans le déshonneur le plus total.


Au Rwanda, le viol a été systématiquement utilisé comme arme d’épuration ethnique pour détruire les liens communautaires. Celles qui se sont retrouvées enceintes ont été mises au ban de leurs familles et de leurs communautés, certaines ont abandonné leur enfant, d’autres se sont suicidées.

Pour celles qui ont réussi à échapper au virus du SIDA et aux grossesses non désirées, s’ouvre alors l’engrenage des traumatismes liés à la gravité des persécutions vécues. Ainsi, les troubles psychologiques qui accompagnent un viol où toutes autres formes de violences sexuelles sont nombreuses et insoupçonnées.

Conséquences sociales

Humiliations, marginalisations honte, perte de l’estime de soi même, rejet /stigmatisation de la part de la communauté, des amis et de la famille, frayeur constante craignant d’être à nouveau attaquée et repli sur soi.

Il arrive parfois que les enfants soient victimes de violence sexuelle dans leur propre famille. Dans ce cas, pour ces enfants il devient pratiquement impossible de comprendre le concept de confiance et de sécurité.

L’endroit idéal de protection et de sécurité devient un endroit de peur. Ils désertent la maison et préfèrent se réfugier en dehors. Le traumatisme entraîne pour les enfants; des fugues, de la désertion de domicile, d’école et du quartier et c’est le début de la vie dans les rues.

La prise en charge des victimes de violences sexuelles quelle qu’en soit nécessite la connaissance par ceux là qui prennent en charge les victimes, des notions de stress et trauma et l’observation des conditions particulières pour assurer l’écoute avant d’entamer tout autre procédure.

Aujourd’hui au Congo, il n’existe pas de données pouvant permettre d’apprécier les cas de contamination au VIH/SIDA du fait des violences sexuelles.

Néanmoins, nous restons convaincues que cela existe, et les témoignages liés à certains cas de femmes victimes de viols et ayant contacté la maladie, reçues dans notre organisation suffisent pour l’affirmer sans risque de nous tromper. En effet, l’expérience de l’ACOLVF dans la prise en charge des victimes de violences nous prouvé que les violences sexuelles sont un des facteurs de la contamination au VIH/SIDA

Les agresseurs sexuels, potentiels peuvent être porteurs de virus sans le savoir et ils n’utilisent jamais de préservatif quand ils commettent leur forfait. Tout ceci crée une situation de grande vulnérabilité, avec les risques de transmission liés à l’ignorance.

Sur le plan national, les femmes subissent toutes, la violence sexiste au quotidien, aucune ne prétendra qu’elle n’en a jamais été victime durant sa vie. Si la responsabilité directe des conflits armés est clairement établie dans l’amplification du phénomène, il n’en demeure pas moins que les violences quotidiennes se poursuivent et ont pour causes principales, les troubles de comportements liés à la consommation d’alcool, des stupéfiants, la prostitution, l’insécurité urbaine générée par l’environnement.

Absence de répression des auteurs de violence

L’absence de répression efficace contribue à la banalisation du phénomène et alimente une culture d’impunité et d’insécurité.  Les violences conjugales ne sont pas réprimées en tant que telles mais en tant que actes de violences touchant la personnalité d’un individu, d’un citoyen.

En regardant les autres formes de violences, on s’aperçoit que les femmes victimes de violences conjugales à travers la maltraitance, la privation des droits économiques, les femmes vivant la polygamie sont aussi exposées au VIH.

Ces dernières doivent se « débrouiller pour vivre et prendre soin des enfants au risque de se prostituer et de s’exposer à la contamination au VIH. Il faudrait noter que bien que les instruments juridiques nationaux, et les déclarations officielles d’égalité et de non discrimination réglementent la protection de la femme, l’homme dispose de tous les leviers du pouvoir dans le foyer, dans le travail et dans les institutions économiques et politiques

Il y a aussi chez les enfants, la question d’exploitation sexuelle économique et sexuelle rencontrée dans notre pays principalement à Pointe Noire. Les enfants sont victimes de l’exploitation sexuelle à des fins commerciales qui vise le paiement en espèce ou en nature en échange de rapports sexuels, et qui s’effectue dans un contexte informel et se manifeste sous les formes de : la prostitution, la pornographie, la traite des enfants à des fins sexuelles , le tourisme sexuel et  de l’exploitation sexuelle non commerciale notamment : le viol, inceste, le harcèlement sexuel et les autres formes apparentées : mariages précoces et forcés.

Ce qu’il faudrait faire

Au regard de la forte prévalence du viol (viol par un inconnu et l’inceste), et des abus sexuels sur les enfants, la violence domestique n’étant pas laissé de coté, bien que se passant entre deux murs et entourée de considération tabou, tributaire des us et coutumes et de préjugés, notre intervention à cette conférence serait une interpellation aux enjeux de l’heure, à l’endroit du gouvernent :

Ø pour l’élaboration d’un programme de lutte et de prévention des violences sexuelles afin d’élaborer des stratégies à faire face à ce phénomène ;

Ø pour l’harmonisation des textes législatifs nationaux et les engagements internationaux et surtout la pratique d’une politique d’application stricte des lois en vigueur sur les violences faites aux enfants et aux femmes sans discrimination ;

Ø pour le soutien des ONG et des structures intervenant dans la lutte et la prévention des violences et ;

Ø pour l’amélioration de la surveillance médicale des victimes et leurs enfants ;

Extrait de la communication de Micheline Ngoulou

Présidente de l’Association Congolaise de lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles (ACOLVF)

Pendant l’atelier national sur l’usage des TIC pour la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles

du 14 au 15 Octobre 2009

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Voici une transcription des SMS envoyés par des hommes pendant la campagne des 16 jours d’activisme à l’égard des femmes.

 

« La prise d’alcool par les hommes est l’une des causes principales qui font que les hommes battent leurs femmes. »

 

« Je dirais que la violence dans le foyer est une stratégie pour l’homme d’avoir le contrôle du foyer, donc de la famille en général. Car  si l’homme n’est pas violent, la femme ne te considère pas ».

 

« Si ma femme m’emmène en justice, je la chasse de chez moi. Je remplace une autre. Beaucoup sont les femmes qui aiment la violence pour bien vivre ».

 

« Parfois, les femmes elles-mêmes sont les causes des violences dont elles sont victimes ».

 

« Nos femmes sont véritablement victimes, car elles n’osent pas parler de peur d’être  encore tapées».

 

« Quand un homme se marie, il doit donner des lois. Ces lois ne sont pas respectées ? Il est important d’appliquer la force ».

 

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Les émissions radios ont été organisées sur la chaîne radio  DVS+ à Pointe-noire, au Congo, et beaucoup des auditeurs et auditrices ont réagi par SMS et appels téléphoniques. Voici quelques SMS envoyés par des hommes qui abordent la question de la violence domestique à l’égard des femmes.

 

« Je prends ma femme six fois par jour, est ce une menace ? »

 

« Qu’est ce qu’on entend par violence  à l’égard de la femme ? »

 

« Ma femme est très jalouse. Sa jalousie n’a pas souvent de fondement, je veux la quitter. La jalousie est-elle une violence ? »

  

« J’aime mon amie, mais mes parents ne sont pas contents d’elle. Est-ce une violence ? »

 

« Comment réagir lorsque nous apprenons par notre femme que son ex- mari veut venir rendre visite à son enfant que vous élevez chez vous. N’est-ce pas une violence ? »

 

« Ça fait pratiquement 5 ans que je suis avec ma femme. Mais chose curieuse,  elle ne m’a jamais demandé le lit ; je me sens du coup  victime de violence moralement. »

 

« Une femme qui demande de l’argent à son mari avant le rapport sexuel, cela est-il une violence ? »

 

 « La femme est souvent tapée car, normalement, elle se marie pour le prie et le meilleur. Pourquoi, alors, elle refuse lors des rapports sexuels? »

 

« Ma femme me refuse son corps depuis quatre  mois, n’est ce pas une violence ? »

 

« Ma femme a un téléphone, mais depuis là, je n’ai jamais touché à son téléphone cela est une violence à l’égard de son mari que je suis ? »

 

« Quels sont les moyens à utiliser lorsque sa propre femme ne cède pas ? »

 

« Etre plus âgé que sa partenaire est une violence car mon amie âgée de 28 ans veut me quitter parce que j’ai 57 ans. Comment faire ? »

 

 

 

 

 

 

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A l’occasion des 16 jours d’activisme contre la violence à l’égard des femmes du 25 Novembre au 10 décembre 2008, AZUR et le CJESS à Pointe-noire au Congo ont réalisé des émissions radio interactives avec possibilité pour les auditrices et auditeurs de s’exprimer par SMS. La 1ère émission a reçu de nombreux SMS!!! Et, nous sommes enthousiastes de publier quelques extraits des SMS reçus qui démontrent comment la violence domestique et sexuelle est vécue par les femmes et filles congolaises, et aussi comment les hommes appréhendent eux-mêmes la violence à l’égard des femmes.

 

AZUR et le CJESS ont durant cette campagne qui rentre dans le cadre de la campagne mondiale Réapproprie-toi la technologie (Tech Back The Tech) encouragé les femmes à utiliser les téléphones cellulaires, à prendre contrôle de la technologie et à réagir par SMS ou appels téléphoniques aux émissions radios.

 

Deux téléphones mobiles  ont été offerts aux auditrices  qui ont envoyé des messages engageants sur la lutte contre la violence sexuelle à l’égard des femmes et des filles à Pointe-noire.

Voici donc sur notre  blogue une transcription de quelques SMS!


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Mérols Diabs, un acteur impliqué dans la lutte contre le VIH/SIDA, a interviewé deux personnes infectées par le VIH. Cet article nous mène à travers leurs angoisses de vivre avec la maladie, mais également leurs espoirs. Il démontre qu’il faudrait accroître l’assistance et le soutien aux personnes vivant avec le VIH.

« Par peur de souffrir, je refusais de faire les tests nécessaires parce que je pensais que le test de dépistage pouvait être douloureux. On m’avait dit que je laissais ainsi l’ennemi s’approcher de moi. Dans tous les cas, devant les signes apparents, je consentais », raconte un homme infecté par le VIH, actuellement hospitalisé et abandonné par ses proches.

« Il m’a fallu plus d’un an, depuis que le diagnostic du Sida est tombé avec une pneumonie, pour renoncer peu à peu à ma sexualité, m’en détacher et pratiquer une abstinence », poursuit-il. Il parle de l’abstinence comme un choix qu’il a dû faire suite aux circonstances. En effet, « fatigué des préservatifs, comment trouver une partenaire consentante et connaissant ma situation? Comment oser exhiber ce corps dont j’étais fier et qui, faute d’exercice, est devenu un mannequin au ventre distendu et aux membres frêles, tandis que les chairs fondent du jour au jour ? »

Parlant de la solitude qui l’habite depuis que ses proches l’ont abandonné, «  ce qui m’est plus difficile, est de faire la part de la réalité, l’ennui. L’ennui est un ennemi plus subtil que la peur, pour tromper la monotonie de la routine hospitalière, de la prise de médicament à l’heure fixe. Avec les maladies opportunistes du Sida, je reste longtemps indéfiniment hospitalisé dans la même chambre. Au bout de quelques jours, j’ai perdu la notion du temps et quand viennent les nuits, l’angoisse et la douleur me déchirent les entrailles ».

Un autre homme parle de son courage. Selon lui « la maladie a introduit un élément d’excitation dans ma vie et je me trouve être un autre homme. Je peux faire preuve de courage. Car je pensais que lorsque j’avais rencontré le Sida, je mourrai seul et vivrai seul ma maladie ».

Cependant, «  je tiens à rappeler le plaisir, l’énergie et le temps de causer avec plusieurs personnes qui se mobilisent contre cette maladie. De tels moments, je les qualifie de soutien médical et moral et je suis reconnaissant pour le soutien psychologique que cela apporte ».

Propos recueillis par Mérols Diabs

Président du CJID

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Le VIH/SIDA est une pandémie qui non seulement bouleverse l’humanité toute entière, mais demeure jusqu’à ce jour un problème qui cache plusieurs réalités. Les problèmes que cache le VIH/SIDA sont aussi relatifs aux modes de transmission. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le SIDA de 2008, nous nous sommes rapprochés de personnes infectées et affectées par le VIH, pour avoir des conversations sur le VIH et leur vie quotidienne.

Cette jeune femme qui a requis l’anonymat a été infectée à la suite d’une opération chirurgicale par transfusion sanguine depuis aujourd’hui 6 ans, « j’ai été infectée par le VIH lors d’une opération chirurgicale par transfusion sanguine », nous a t-elle confié.

Ce mode de transmission, même s’il représente un faible pourcentage, nécessite quand même une certaine attention lors de nos actions de lutte contre le VIH, car le problème de la transfusion sanguine est aussi important que l’acquisition des médicaments anti rétroviraux. Souvent, les malades ont des problèmes d’acquisition des poches de sang pour se faire transfuser. « L’acquisition des poches de sang lors des anémies oblige le malade déjà crucifié à retrousser les poches avec sa famille. Car les personnes donneurs de sang, ça ne courent pas les rues surtout quand on sait que ce n’est pas gratuit », explique t-elle.

D’où cette interpellation des structures en charge de l’Etat d’améliorer sa politique de lutte contre le VIH/SIDA. « L’Etat doit prendre en charge les personnes vivant avec le VIH en toute conscience que ce sont des citoyens qui souffrent et qu’il faille les assister efficacement ». La jeune femme infectée par le VIH a appelé les ONG et les structures de l’Etat en charge à ne pas « devenir des affairistes sur les subventions internationales en s’enrichissant sur le dos des personnes vivant avec le VIH»

Il est aussi important de noter la question de l’assistance judiciaire des personnes vivant avec le VIH demeure une faiblesse. Car comme certaines d’entre elles, la jeune femme avait intenté une action en justice pour transmission volontaire sans succès, mais le procès n’a jamais abouti, probablement par manque de cadre légal pouvant permettre de réprimer de tels actes. Pour la petite histoire, « tout en portant plainte au paquet, les parents décidèrent de ne pas ébruiter la catastrophe dont je fus victime. Plus j’y pense, plus ça m’énerve d’autant plus que les multiples reports du procès ne présagent rien qui marche» a-t-elle affirmé.

Elle poursuit « je suis vierge et vivant avec le VIH, j’avais décidé d’épouser Jésus Christ notre seul et unique sauveur. En tant que personne vivant avec la maladie, j’ai compris beaucoup de choses».

Concernant la gratuité des soins, elle insiste que « les personnes vivant avec le VIH/SIDA paient les soins et les examens. Les médecins ont des laboratoires cibles où ils vous orientent, tout ou numérotation sanguine en dehors de ces laboratoires, fera que les résultats ne soient pas pris en compte. C’est un problème de pourcentage. Nous souffrons, nous sommes tuées avant de mourir » a-t-elle conclut sur une note triste.

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Bernadette (pseudonym), a young woman from Pointe-Noire in the Congo, a second-hand clothing vendor at the Tié-Tié market, who explained to us during the course of the Vérité Plus show, on the radio channel DVS+, how she was a victim of discrimination after being betrayed be her [female] friend. She is 35 years old, married, and has three children. She is the breadwinner of the family and with the help of the little shop she manages; the couple is trying to escape from their problems.

Bernadette recently decided to voluntarily do an HIV screening test, since her health has at times been very mediocre, after taking numerous treatments. Afterwards, her test came back positive. Informed by the situation, she confided in her friend, who manages the same shop. Because of her health problems, Bernadette was often absent from the market, and her clients always came to ask about her at her table. Clients valued her kindness.

However, Bernadette’s life is going to change when her friend divulges Bernadette’s HIV status. Her colleagues and clients from the market are informed that she is HIV-positive. Very few clients come from now on to buy at Bernadette’s table. Her life becomes difficult, and she has difficulty in making ends meet.

At the market, her neighbors immediately desert their tables; which even attract the attention of those responsible for managing the market, who, conscious of the fact that having a table at the market is a difficult thing, are surprised to find empty tables around her. The situation has put everyone on alert, and those passing from far away can hear the neighbor’s gossip on the fact that she is a woman infected with HIV. However there are no outward signs that Bernadette is sick, one cannot read it on her face. The illness is not at an advanced stage and she is not on ARV treatment. She is simply a normal young woman.

In a setback, traumatized by the situation, she stops her little shop and the questions dance in her head: “What I am going to do now especially that it is me that supports the family for all the plans?”

“How to tell my husband, who has already observed that I don’t sell merchandise anymore?”

“How will my husband react when he hears from here and there that I’m HIV-positive?”

Bernadette doesn’t feel ready to inform her husband of her HIV status for fear of being subjected to violence.

“Is HIV transmitted through co-habitation, to explain why my friends and clients avoid me?”

“How can I assert my rights in order to at least regain sales and my client’s trust?”

All these questions bring back the efficacy of campaign strategies developed towards the prevention of HIV/AIDS and the psycho-social supervision of people living with HIV.

Bernadette’s case reveals the ignorance that dwells in the minds of Congolese regarding the transmission of HIV. Many women fear revealing their status because they will not be accepted by their families and peers. Rejection creates a desire of revenge and voluntary transmission of HIV.

Much needs to be done of what is people’s sensibilities on the question of HIV/AIDS transmission and prevention. The rights and responsibilities of people living with HIV must become generalized.

What should we do so that information on HIV permeates the public sphere?

What should the public do to be informed on the questions linked to HIV?

What to do for individuals living with HIV to leave the rut and have a say since an individual is not born to be HIV positive, but it can happen to all of us?

Courage, courage, courage and all working, because with all of us, victory is near.

Translated from French to English by Natalie Conte.

Davy Herman Malanda

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Il est clair que selon la constitution congolaise que tous les citoyens congolais sont égaux en droits. Ainsi, toute personne a le droit de recevoir les informations sur les pratiques sexuelles à moindre risque, la prévention et le traitement des infections sexuellement transmissibles (IST), la prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME), conseil après le test et la prise en charge en cas de résultats positifs. L’information et le conseil donné avant le test sont capitaux.

Conseiller les personnes avant, pendant et après le testd e dépistage du VIH, fait partie du quotidien de Parfait Bitsindou, psychologue au Centre de Traitement Ambulatoire de Brazzaville au Congo. Le centre de traitement ambulatoire (CTA) est le premier centre de traitement pour les personnes infectées par le VIH du Congo qui avait été mis en place par la Croix-Rouge Française.

Ce psychologue nous parle des questions relatives au soutien psychologique des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) au Congo dans une interview réalisée par Roméo Mbengou, Assistant aux projets d’AZUR Développement.

Pouvez-vous nous donner les raisons pour lesquels les PVVIH ont besoin de soutien psychologique?

Parfait Bitsindou : la maladie est souvent  source de souffrances physiques  mais aussi psychologiques qui sont par exemple l’angoisse de la mort imminente, la perte des repères, l’altération du visage et la difficulté à communiquer avec les proches. Tous ces  facteurs peuvent déstabiliser le patient et le rendre psychiquement vulnérable.

Y a-t-il des moments particuliers pendant lesquels la personne a besoin du soutien ?

Parfait Bitsindou : lorsqu’on lui annonce sa séropositivité, le patient se retrouve face à un nouvel environnement et à de nouvelles priorités. Plusieurs moments peuvent être difficiles à gérer : d’abord l’annonce de la séropositivité en elle-même, ensuite, la phase de traitement, la stigmatisation en milieu familial ou professionnel, et enfin, le rejet et la discrimination. A ces instants, le patient  a réellement besoin de soutien.

Quel est votre rôle au Centre en tant que psychologue ?

Parfait Bitsindou : en tant que psychologue, nous jouons un rôle d’écoute et de soutien. Nous permettons au patient de mieux exprimer sa souffrance afin de mettre en œuvre les moyens destinés à l’aider. En effet, la prise en charge psychologique vise à soutenir, informer et assister pour induire un changement. Nous recevons tout le monde au Centre de Traitement Ambulatoire, généralement, les femmes sont plus nombreuses ; mais il y a également des hommes et des enfants. Actuellement, Il y a 138 d’enfants suivis par le Centre de Traitement Ambulatoire.

Qu’est-ce qui peut occasionner des crises chez les PVVIH ?

Parfait Bitsindou : ces crises se caractérisent par le sentiment d’être vulnérable, de se trouver dans une situation sans issue et d’être livré corps et âme à la maladie. Les crises font toujours très peur, parce qu’on pense que  rien n’est plus comme avant. Une forte crise peut faire  perdre toute perspective d’avenir. On a l’impression que tous les rêves s’envolent.

Les pressions psychologiques persistantes et le stress peuvent avoir des effets différents sur le plan corporel et sur l’équilibre psychique. D’une part, ils peuvent causer des problèmes de santé physique ou aggraver des douleurs existantes. D’autre part, ils peuvent entraîner des symptômes psychosomatiques. Tous les deux peuvent avoir des répercussions sur le système immunitaire d’où la nécessité du soutien pour éviter tous ces problèmes.

Pensez-vous que le soutien psychologique suffit pour remonter le malade ?

Parfait Bitsindou : il est vrai que par rapport à notre expérience, nous avons pu soutenir beaucoup de malades. Cependant, il est important de reconnaître que seul le soutien psychologique ne peut suffire. Il faut par ailleurs, une prise en charge sociale, nutritionnelle et juridique. Parce que les malades sont souvent quotidiennement lésés dans leurs droits. Ainsi, une bonne sécurité juridique et judiciaire réconforterait mieux les malades.

Quel est votre dernier mot pour nos lecteurs ?

Parfait Bitsindou : il faut juste souligner l’importance du soutien psychologique pour les personnes infectées ou affectées par le VIH ; car elles font face aux nouvelles réalités. L’expérience est que nous avons pu remonter plusieurs personnes et aider celles qui dans leurs familles ou institutions avaient des problèmes à travers les médiations  familiales ou institutionnelles.

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L’association Aide de Vie (A2V) a organisé le 25 Juillet 2008 un espace paroles pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA à Brazzaville, au Congo. Cette organisation mène une série d’activités de sensibilisation sur le VIH/SIDA. L’association Aide de Vie pense que l’aide aux personnes atteintes par le VIH et les pathologies associées commence par une information juste. Elle se poursuit par des services de soutien, d’orientation, assurés par des personnes compétentes. Pour ses membres, « aider les malades, c’est aussi aider leurs proches, aider ceux qui les soignent ».

Ainsi, des espaces paroles, des repas conviviaux, des visites à domicile et à l’hôpital sont organisés chaque mois avec la participation des membres de l’association.

Le message donné aux membres lors de cette rencontre a été par sa vice-présidente et son secrétaire général adjoint a été de booster le SIDA hors des communautés.

Ils ont constaté à travers leurs activités dans le cadre du changement de mentalités, que l’évolution n’est pas perceptible. « L’incitation aux gestes qui sauvent, est notre objectif. En étant responsable de l’A2V, nous avons le devoir de sensibiliser et de préserver la vie de nos membres contre le VIH/Sida, infectés ou affectés » ont-ils souligné.

« Malgré, nous regrettons que certains membres continuent toujours à prendre des risques d’infection et de surinfection combien qu’ils ont été informés sur les aspects liés au VIH/SIDA. La prise de conscience étant individuelle, chacun doit aussi être responsable de sa propre bonne santé », ont-ils ajouté.

Au cours de cet espace de paroles, un thème de réflexion et d’analyse sur les résultats après le dépistage a également été développé. Il a été question de discuter des fondements du counselling et de l’annonce du résultat, qui sont des étapes cruciales et très délicates de la prise en charge. «Il faudra que nous multiplions des séances d’espaces paroles afin de se partager, s’échanger d’expériences et d’idées pour que notre combat soit efficace » a suggéré un psychologue qui prenait part à la rencontre.

Plus d’informations sur A2V en cliquant ici.

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Une jeune femme (Marie, son pseudonyme) d’une vingtaine d’années vivant à Brazzaville a été excommuniée de son église à cause de son statut sérologique. Servant dans un couvent depuis plusieurs années, Marie constatait que sa santé se dégradait quotidiennement malgré les médicaments qu’elle prenait pour traiter le paludisme, la fièvre typhoïde et autres maladies.

Finalement, Marie en a eu marre des traitements sans suite et s’est décidée de ne plus gérer le suspens sur sa santé. Elle s’est résolue à se faire dépister. Comme le prévoyait les médecins, le test de dépistage du VIH s’est révélé positif. Surprise, Marie ne pouvait que se poser mille et une questions : comment ai-je été infectée ? Comment vais-je l’annoncer à mes responsables à l’église ? Quelle sera ma suite au couvent ?

Sans réponse, Marie a gardé le silence sur sa sérologie et a commencé à prendre des antirétroviraux dans le calme. Un jour, par surprise, une responsable de l’église l’a surprise avec des médicaments, ne pouvant la tromper, Marie s’est sentie obligée de dévoiler son statut sérologique. A cet instant même, elle a eu l’impression que la descente aux enfers avait commencé. Ce qu’elle craignait allait arriver, stigmatisation et discrimination, …



La décision des responsables de l’église n’a pas tardé. Ils ont décidé de l’excommunier simplement, juste par ce qu’elle porte le VIH. Une médiation a été engagée entre Marie et les responsables de l’église par le Centre de Traitement Ambulatoire de Brazzaville, sans succès. Normalement, après les enquêtes, il a été démontré que Marie avait été contaminée à la suite d’une transfusion sanguine suite au paludisme.

Une enquête semble avoir démontré que Marie avait été contaminée à la suite d’une transfusion sanguine suite au paludisme. Aujourd’hui, Marie est sortie du couvent. Qu’est-ce qui justifie la décision d’ex communion de ses responsables ?



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