Mérols Diabs, un acteur impliqué dans la lutte contre le VIH/SIDA, a interviewé deux personnes infectées par le VIH. Cet article nous mène à travers leurs angoisses de vivre avec la maladie, mais également leurs espoirs. Il démontre qu’il faudrait accroître l’assistance et le soutien aux personnes vivant avec le VIH.
« Par peur de souffrir, je refusais de faire les tests nécessaires parce que je pensais que le test de dépistage pouvait être douloureux. On m’avait dit que je laissais ainsi l’ennemi s’approcher de moi. Dans tous les cas, devant les signes apparents, je consentais », raconte un homme infecté par le VIH, actuellement hospitalisé et abandonné par ses proches.
« Il m’a fallu plus d’un an, depuis que le diagnostic du Sida est tombé avec une pneumonie, pour renoncer peu à peu à ma sexualité, m’en détacher et pratiquer une abstinence », poursuit-il. Il parle de l’abstinence comme un choix qu’il a dû faire suite aux circonstances. En effet, « fatigué des préservatifs, comment trouver une partenaire consentante et connaissant ma situation? Comment oser exhiber ce corps dont j’étais fier et qui, faute d’exercice, est devenu un mannequin au ventre distendu et aux membres frêles, tandis que les chairs fondent du jour au jour ? »
Parlant de la solitude qui l’habite depuis que ses proches l’ont abandonné, « ce qui m’est plus difficile, est de faire la part de la réalité, l’ennui. L’ennui est un ennemi plus subtil que la peur, pour tromper la monotonie de la routine hospitalière, de la prise de médicament à l’heure fixe. Avec les maladies opportunistes du Sida, je reste longtemps indéfiniment hospitalisé dans la même chambre. Au bout de quelques jours, j’ai perdu la notion du temps et quand viennent les nuits, l’angoisse et la douleur me déchirent les entrailles ».
Un autre homme parle de son courage. Selon lui « la maladie a introduit un élément d’excitation dans ma vie et je me trouve être un autre homme. Je peux faire preuve de courage. Car je pensais que lorsque j’avais rencontré le Sida, je mourrai seul et vivrai seul ma maladie ».
Cependant, « je tiens à rappeler le plaisir, l’énergie et le temps de causer avec plusieurs personnes qui se mobilisent contre cette maladie. De tels moments, je les qualifie de soutien médical et moral et je suis reconnaissant pour le soutien psychologique que cela apporte ».
Propos recueillis par Mérols Diabs
Président du CJID
Tags: Congo, réseausidaafrique, soutien aux pVVIH, vivre avec le VIH

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