Comment faire promouvoir et respecter les droits des personnes vivant avec le VIH au Congo ?

Comment faire promouvoir et respecter les droits des personnes vivant avec le VIH”, tel était le thème de l’émission diffusée ce 16 septembre 2008 par le coordonnateur du Club sur l’éducation sexuelle et la santé de la reproduction sur la radio DVS+ à Pointe-noire.

Les personnes vivant avec le VIH, en particulier les femmes et les enfants demeurent de nos jours toujours victimes de nombreuses agressions morales et physiques de la part des tierces personnes insensées et ignorantes de la réalité et des droits humains. Par exemple, les injures proférées par le conseiller municipal à l’endroit des femmes vivant avec le VIH qui étaient dans leurs droits, pour un motif sans fondement; prouve qu’il manque réellement une véritable éducation et information auprès des populations sur les droits des personnes vivant avec le VIH.

Diffuser cette information sur les droits des personnes vivant avec le VIH devient une nécessité afin d’emmener les populations au changement de mentalités pour que les personnes vivant avec le VIH soient considérées comme des citoyens ayant les mêmes droits que tous les congolais.

Travailler avec les média pour réduire les violations des droits des PVVIH

Les média étant considérés comme l’un des canaux efficaces à utiliser pour les personnes qui ignorent ces droits, nous sommes obligés de marteler sur les ondes de la radio, à travers cette émission à forte audience pour expliquer à la population comment promouvoir les droits des personnes vivant avec le VIH et les respecter.

Au cours de cette émission, nous avons rappelé les recommandations de l’atelier de Brazzaville ainsi qu’apporter des informations sur des extraits du projet de loi portant protection des personnes vivant avec le VIH.

Une loi qui se trouverait au Secrétariat de l’assemblée Nationale pour examen, avant une éventuelle adoption par les députés et sénateurs, il faut souligner que l’information précise à ce sujet n’est pas disponible. Il a été question de mettre les mandants au parfum de ce projet loi, afin que lors des descentes parlementaires des députés auprès des populations; les populations puissent en parler, étant donné que parmi les mandants, il y a des personnes vivant avec le VIH et des personnes affectées.

Re-penser les stratégies de prévention du VIH/SIDA s’impose

Au cours de cette émission, nous avions réalisé que beaucoup d’efforts restent à faire, et ce même dans le cadre de la sensibilisation et la prévention du VIH/SIDA. Les réactions des auditeurs ont prouvé que les populations entendent parler du VIH/SIDA en masse, mais ne retiennent absolument rien car il manque une fiabilité dans l’information qu’elles reçoivent. Aussi, il faut ajouter que certaines stratégies mise en place dans le cadre de la sensibilisation ne correspondent pas avec la réalité de chaque milieu ou secteur. Les jeunes qui sont les plus touchés n’ont pas la qualité de l’information qui peut leur conscientiser afin de changer leur comportement sexuel à haut risque; ils continuent avec des pratiques à risque.

Quant à la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH, beaucoup de personnes continuent à le faire, en faisant comme s’il existe une catégorie de personnes qui sont nées pour souffrir du SIDA, et finalement doivent subir le rejet, la stigmatisation et autres formes d’injustices sociales, puisqu’ils sont accusés à tort d’avoir contracté le virus. Ces personnes oublient que chacun d’une manière ou d’une autre peut rencontrer sur son chemin le virus et donc devenir ce qu’elles appellent le camp des personnes vivant avec le VIH.

La lutte contre le SIDA tend à devenir un business au détriment des populations

Une chose à encourager, la réaction des personnes vivant avec le VIH qui ont bien voulu nous poser des questions sur leur état de santé, sur l’évolution de la recherche des vaccins et médicaments, la gratuité non effective des ARV dans tous les centres appropriés. Elles ont également fait part de leurs témoignages sur la discrimination et le rejet dont ils sont l’objet dans divers secteurs de la vie sociale en commençant par la famille, qui les considèrent toujours pour des personnes qui n’ont pas respecté les principes de la Bible ou qui ont eu des rapports sexuels excessifs sans contrôle. Elles ont également souligné comment leurs droits sont violés et par la peur d’être de plus en plus stigmatisé, elles ne trouvent pas le courage de revendiquer leurs droits, car quoi qu’il arrive pour eux, personne ne pourra les écouter. Cela peut pousser les personnes vivant avec le VIH à un comportement revanchard, cherchant à contaminer volontairement d’autres personnes pour un règlement de compte.

Nous sommes pour l’heure dans l’impossibilité de vous donner en long et en large l’idée sur toutes les réactions des auditeurs, qui d’ailleurs ont loué notre initiative de parler du SIDA sans tabou sur les antennes de la radio; puisque pour eux, les responsables à la tête de ces questions n’osent pas utiliser les médias pour édifier les populations. Les auditeurs pensent même que, c’est la lutte contre le VIH/SIDA est devenu un business pour s’enrichir au nom des personnes qui souffrent.

De notre côté, nous avons signalé que, la lutte contre le SIDA doit être une affaire de tous les secteurs, toutes les familles et tout individu sans penser à l’argent. Il faudrait que le Gouvernement et les associations continuent à réfléchir sur des stratégies efficaces afin de toucher positivement tous les individus pour le changement de comportement.

C’est autant vous dire que, le travail est énorme. Mais, il suffit d’élaborer des stratégies qui permettront à tout un chacun de lutter sans être totalement inquiété.

Davy Herman Malanda

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