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Landry travaille régulièrement dans une entreprise privée à Cotonou, au Bénin pour gagner sa vie. Se  sentant malade, il se rend à l’infirmerie de l’entreprise où il est reçu par un infirmier. Après lui avoir administré les premiers soins, l’infirmier propose à Landry de faire des analyses de sang pour déceler le paludisme ou la fièvre typhoïde. Cependant, c’est plutôt un test du VIH/SIDA qui est effectué  sans le consentement de Landry. Le test du VIH s’étant révélé positif, l’infirmier informe la hiérarchie de l’entreprise, qui licencie Landry sans hésiter.

 

Ce genre de drame est vécu par des personnes vivant avec le VIH/SIDA au Bénin, et dans d’autres pays africains. Généralement, elles croisent les bras et  préfèrent se résigner, ayant peu confiance en la justice et craignant d’être exposées. L’Association Béninoise pour le Développement (ABD) s’est engagée à accompagner les personnes séropositives dans leur recherche de solutions et à lutter contre la discrimination des personnes vivant avec le VIH.

 

« La stigmatisation et la discrimination sapent les efforts de prévention du VIH, et si les personnes séropositives sont discriminées, le risque pour toute la société est incalculable ; car peu de personnes iront faire le test du dépistage du VIH, et aussi peu de personnes séropositives accepteront d’adhérer au traitement » ; confirme Christian MARTINS, Directeur Exécutif de cette association.

 

Grâce au projet régional du Réseau Sida Afrique soutenu par la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED), des ateliers et réunions d’information et de sensibilisation sur les droits des personnes séropositives en milieu hospitalier et professionnel sont tenus. Ces activités les personnes séropositives de 46 associations, dont les membres du Réseau Béninois des Associations des Personnes vivant avec le VIH/SIDA (ReBAP+).        

 

Ainsi, depuis le démarrage du projet en Octobre 2009,  20 agents vulgarisateurs de la loi  portant prévention, prise en charge et contrôle du VIH/SIDA en  République du Bénin ont été formés, parmi elles des personnes vivant avec le VIH, des professionnels de santé et des travailleurs du secteur public et du secteur privé. Les agents vulgarisateurs ont été actifs lors des campagnes de sensibilisation sur les droits des personnes vivant avec le VIH à Ouidah, Dogbo  et Cotonou.

 

Lors de ces campagnes, les participants étaient composés des personnes vivant avec le VIH, les responsables des centres de santé,les responsables /représentants des centres de prise en charge des personnes séropositives, les groupements/Associations de femmes,les responsables des centres de promotion sociale, les représentants du milieu judiciaire (tribunal, gendarmerie, police), les leaders religieux et de cultes, les représentants d’ONG de défense des droits de l’Homme et/ou de lutte contre le VIH/SIDA et le corps enseignant. Les participants voulaient comprendre les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA et des dispositions prévues par la loi ; notamment le droit à l’information et au traitement, le droit au travail, le VIH/SIDA, l’assurance maladie et les dispositions pénales ainsi que l’impact du SIDA sur l’individu, la société et le monde.

 

A ce jour, au moins 80 personnes vivant avec le VIH, en majorité des femmes ont été sensibilisées sur leurs droits et des dispositions prévues par la loi ; notamment le droit à l’information et au traitement, le droit au travail, le VIH/SIDA, l’assurance maladie et les dispositions pénales ainsi que l’impact du SIDA sur l’individu, la société et le monde.

 

«La loi portant prévention,prise en charge et contrôle du VIH/SIDA en République du Bénin avait été votée en 2005 par les députés à l’Assemblée Nationale et promulguée le 05 AVRIL 2006 par le Président de la République mais elle n’est pas connue des personnes qu’elle était sensée protéger, ni des professionnels de santé et des travailleurs en général.  Nous fondons notre travail sur les points importants de notre législation sur les  droits des personnes séropositives, parce que c’est à ces  points qu’elles sont stigmatisés et discriminés. Puisque leurs droits  sont violés, ces points constituent donc des priorités pour les personnes vivant avec le VIH », explique Christian MARTINS, Directeur Exécutif de l’ABD.

 

126 professionnels de santé des structures sanitaires de prise en charge des personnes vivant avec le VIH, ont été sensibilisés à travers les séminaires organisés en milieu de soin autour de la loi portant prévention, prise en charge et contrôle du VIH/SIDA en République du Bénin . Il s’agit notamment du  Centre de Traitement Ambulatoire du Centre National Hospitalier et Universitaire de Cotonou, de la Clinique « Les Grâces », la Polyclinique « Atinkanmè » et la clinique « Louis Pasteur.

 

Depuis lors, l’ABD reçoit des plaintes des personnes séropositives dont les droits sont violés, généralement les cas se rapportent à la divulgation du statut sérologique. Comme l’affirme Christian MARTINS,

 

« nous avons enregistré des plaintes pour divulgation du statut sérologique aux familles par des médecins, et cela cause du rejet des personnes séropositives dans les familles. Nous avons aussi reçu des plaintes de personnes séropositives recrutées nouvellement dans l’armée qui avaient déjà reçu trois mois de formation. Lorsque des visites médicales des troupes ont été effectuées, par exemple, une demoiselle a été radiée à cause de son statut sérologique».

 

La sensibilisation sur la loi porte ses fruits, puisque après avoir pris connaissance des dispositions juridiques, des personnes séropositives victimes de discrimination prennent la décision de se plaindre ; ce que dans le passé, elles ne pouvaient faire, restant passives  à ces violations. Le projet régional au Bénin s’active donc à accompagner les plaignants dans leurs démarches pour rencontrer les autorités concernées.

 

«L’information éveille la conscience des personnes vivant avec le VIH qui ne savaient même pas qu’il existait une loi sur le VIH/SIDA. Vous savez souvent les gens croient beaucoup plus aux fétiches et ont plus peur de la sorcellerie que du droit. Nous informons les personnes séropositives afin qu’elles sachent que des voies de solution existent à la discrimination et que la justice peut en être une, bien que nos partenaires d’autres associations effectuent également des médiations dans les familles pour les personnes séropositives rejetées » ; explique Christian MARTINS. 

 

Désormais, les personnes séropositives, victimes de stigmatisation et de discrimination peuvent dénoncer les cas de violation de leurs droits au niveau des autorités, des centres de Santé ciblés par le projet et/ou se plaindre au niveau de leurs associations/réseau d’appartenance ou encore au niveau des membres du Réseau Sida Afrique. Les centres de santé ciblés par le projet ont pris l’engagement de traiter tous les patients au même point d’égalité et appeler leur personnel à ne pas stigmatiser ou discriminer, au risque d’être exposé à la rigueur de la loi.

 

Par ailleurs, l’ABD poursuit l’exécution des activités du projet régional, et organisera également d’ici Septembre 2010, des séminaires de sensibilisation sur la loi en milieu du travail,  des missions  nationales d’échanges qui permettent aux militants de renforcer leurs actions de lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes séropositives.

 

Dans la réalisation de ces activités de promotion et défense des droits des personnes séropositives et du VIH/SIDA en général, l’ABD collabore avec  d’autres organisations telles que Cercle de Vie, Mahougnon Gbenonkpo, Association Espoir et Vie et Lumière Action. L’Association Béninoise pour le Développement (ABD) reçoit également des appuis du Comité National de Lutte Contre le SIDA (CNLS), du Fonds de Nations Unies pour la Population (FNUAP),  du Projet d’Appui à la Lutte contre le VIH/SIDA financé par la Banque Africaine de Développement (PALS/BAD) Ainsi,  « suite aux activités menées dans le cadre du projet régional, l’ABD a été identifiée par le bureau pays de l’ONUSIDA pour animer avec le ReBAP+ une émission sur la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec VIH et promotion des droits humains sur Africable dans    le cadre de la caravane de l’intégration qui a quitté le Mali et passe par Burkina Faso, Niger, Bénin, Togo, Ghana et la Côte d’Ivoire », affirme Christian MARTINS.

 

Ce projet vient donc combler un besoin qui est celui de réduire la stigmatisation et la discrimination à l’endroit des personnes vivant avec le VIH/SIDA au Bénin ; afin que celles-ci retrouvent leur dignité et puissent jouir des mêmes droits que tous les citoyens béninois. Cependant, des efforts doivent continuer à être fournis pour le soutien  psychologique et juridique aux personnes séropositives victimes de discrimination en milieu hospitalier et professionnel ; afin de balayer le découragement et le sentiment d’impuissance à ces problèmes.

 

Sylvie Niombo

 

 

 

 

 

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Au Centrafrique, selon les estimations de l’ONUSIDA 240.000 personnes vivaient avec le VIH en 2005. La séroprévalence moyenne du VIH, résultant de l’enquête MICS III en 2006, était de 6,2%<!–[if !supportFootnotes]–>[1]<!–[endif]–> ; dont 5,7% de femmes.

 

Les femmes séropositives sont stigmatisées et discriminées à cause de leur statut sérologique comme dans d’autres pays africains. La stigmatisation commence au domicile et se traduit souvent par des regards et paroles blessantes. Lors de l’atelier sur les droits sexuels et reproductifs pour la femme séropositive organisée au mois de décembre 2009 par l’Association des Hommes Vivant avec le VIH (AVVH+), membre du Réseau Sida Afrique, le comportement du personnel de santé a été décrié par les participants.

 

La discrimination à l’hôpital, le personnel médical pense souvent que les femmes séropositives ne devraient plus tomber enceintes

 

En effet, comme le souligne Gabriel Maliyere, Chargé de Programme de l’AHVV+ : « le comportement du personnel médical est déplorable du fait qu’après examen prénatal la femme séropositive est condamnée par le fait qu’elle soit tombée enceinte ».

 

 

On s’attend à ce que la sexualité des femmes séropositives s’arrête et qu’elles ne conçoivent plus. Généralement, les femmes sont blâmées pour leur sexualité. « C’est surtout les paroles blessantes et la réticence de certaines accoucheuses sur les femmes vivant avec le VIH lors d’accouchement » cite Yafouta-Kaïe, membre du Congrès National des Jeunes Femmes Vivant avec le VIH/SIDA (CNJFV+).

 

 

« Nous partons du constat que les professionnels de santé malmènent parfois les patients. Certaines femmes sont réprimandées par ce qu’elles portent un enfant ou elles sont sexuellement actives » explique Gabriel. Cela peut entraîner le refus d’accès à la contraception, à la planification familiale et aux services de maternité. D’autres femmes infectées par le VIH par contre sont expulsées du foyer car elles sont présumées être coupables d’avoir apporté le virus dans le foyer.

 

L’accès aux services de santé de la reproduction

Selon l’AVVH+, il n’y a aucune association des femmes vivant avec le VIH, qui traite des questions de sexualité et santé de la reproduction pour les femmes séropositives. Cependant, l’Association Centrafricaine pour le bien être familiale (ACABEF) mène du counsellling à son centre sur ces sujets. Des counsellling éclairés se font également au niveau de tous les centres de santé concernés par le programme de la prévention de la transmission parent et enfant (PTPE).

 

 

Par ailleurs, des violations du secret médical sont constatées à Bangui, selon les participantes à l’atelier, certains professionnels de santé se permettent de dévoiler le statut sérologique en public de leurs patientes. D’autres sont contraintes de se faire avorter ou encore sont forcées de recourir à des stérilisations. Cependant, nombreuses sont les femmes infectées par le VIH qui éprouvent les désirs sexuels et réclament le droit d’avoir un enfant dans la sécurité.

 

 

En dépit de l’existence des services décentralisés de prévention de la transmission parent et enfant (PTPE) dans tous les hôpitaux préfectoraux et régionaux, les femmes séropositives n’ont pas toujours toutes les réponses à leurs questions. Il y a beaucoup de patients, et les sages femmes et les médecins traitant n’ont toujours pas le temps de passer beaucoup de temps avec les patients.

 

 

Ainsi, la question des droits sexuels et reproductifs pour les femmes infectées par le VIH mérite davantage d’attention. Pour l’AHVV+, « c’est au niveau de ces services que les personnes infectées peuvent être aussi informées de leurs droits. »

Les femmes séropositives qui ont le désir d’avoir des enfants ont besoin d’information, et les associations de lutte contre le SIDA sont les premières sources auxquelles elles s’adressent souvent. Elles ont généralement recours à leur médecin, ou peuvent se rapprocher des services de prévention de la transmission parent et enfant (PTPE). Le désir d’enfants est également abordé lors des échanges dans les groupes de paroles organisés par les associations de personnes vivant avec le VIH.

 

Ces questions ne peuvent restées ignorées et la réponse des organisations des droits humains et de lutte contre le SIDA s’avère indispensable. Par ailleurs, dans le cadre stratégique 2006 -2010 de lutte contre le SIDA au Centrafrique, le renforcement de la protection et du soutien aux personnes infectées et / ou affectées y compris les orphelins enfants vulnérables (OEV), figure en bonne parmi les trois axes retenus. Ce qui a amené au vote de la loi portant protection des personnes vivant avec le VIH dans le pays.

 

 

La valeur ajoutée du projet régional de plaidoyer pour les droits des personnes vivant avec le VIH

Grâce à l’appui de la Fondation Nationale pour la démocratie (NED) au Réseau Sida Afrique, l’AVVH+ va mener en collaboration avec des associations des femmes vivant avec le VIH au Centrafrique des activités visant à réduire la discrimination et la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH.

 

 

Dans ce cadre, l’AVVH+ a participé à des émissions radios pour expliquer article par article le contenu du texte de la loi signée le 12 Septembre 2006 par le Chef de l’Etat fixant les droits et obligations des personnes vivant avec le VIH. Des activités de sensibilisation ont été menées lors de la journée mondiale de lutte contre le SIDA, avec 40 membres des organisations de personnes infectées par le VIH participants.

 

 

D’autres campagnes publiques avec projections de films sur le VIH/SIDA, et débats sur les droits des personnes séropositives ont été organisées du 8 au 09 décembre 2009 au nord ouest de Bangui et dans le 8è arrondissement. Durant ces campagnes, les orateurs ont exposés sur les thèmes suivants destinés à l’occasion de cette journée à savoir : « je suis en sécurité, je suis accepté, je suis sous traitement, je suis en pleine possession de mes droits, le droit à la vie, à la santé ».

 

 

D’autant plus qu’au Chapitre II de la loi portant protection des personnes vivant avec le VIH N° 06.030 du 12 Septembre 2006 au Centrafrique, l’accès aux soins est garanti en ces termes  « l’accès aux soins dans les formations sanitaires publiques et privées est garanti à toute personne vivant avec le VIH/SIDA » (Article 9) ; et « l’Etat garantit aux personnes vivant avec le VIH, l’accès aux examens complémentaires, aux ARV et aux médicaments nécessaires aux traitements des maladies opportunistes » (Article 10).

 

Dans leurs activités de promotion des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA, l’AHVV+ travaille en collaboration avec le Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS) et le Réseau Centrafricain sur l’éthique et le Droit des personnes vivant avec le VIH. Cependant, cette loi doit être vulgarisée en milieu rural puisque est elle jusque là méconnue.

 

En autres activités, l’Association des hommes vivant avec VIH (AHVV+) assure l’accompagnement psychosocial et l’observation thérapeutique dans trois centres de prise en charge à Bangui et dans deux zones rurales. L’Association qui compte 136 membres hommes et conjointes mène également des actions se sensibilisation sur le VIH à l’endroit des filles.

 

D’ici à Septembre 2010, l’AVVH+ va organiser des séances de groupes de paroles sur les droits et devoirs des personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVIH), un atelier sur les droits des PVVIH et la lutte contre la discrimination à l’endroit des PVVIH avec les administrations et les entreprises privées à Bangui. Et un autre atelier avec les leaders des organisations des PVVIH sur leurs droits et devoirs et les moyens de défense de ces droits.

 

Bien qu’il y ait eu des actions et ateliers sur la vulgarisation de la loi portant protection des personnes vivant avec le VIH, très peu d’ateliers destinés uniquement aux personnes infectées par el VIH ont été organisés  au Centrafrique.  C’est ainsi que le travail l’AHVV+ dans ce domaine répond à un besoin qui était jusque là insatisfait.

 

Les défis demeurent pour la vulgarisation de la loi: atteindre les femmes séropositives ne zone rurale

 

Il faudra davantage d’efforts pour le contenu la loi portant protection des personnes vivant avec le VIH soit connu des personnes vivant avec le VIH en zone rurale. Il faudra nécessairement des sensibilisations sur le terrain et Egalement des sessions avec les femmes séropositives sur les moyens de lutter contre la stigmatisation et la discrimination.

 

 

L’action des organisations des personnes vivant avec le VIH, comme l’AHVV+ est rendue difficile en zone rurale à cause des questions logistiques et du manque de ressources. Les échanges sont généralement difficiles, et les associations doivent compter sur leurs membres qui travaillent dans ces zones pour remonter l’information sur les droits et devoirs.

 

Par Blandine Louzolo et Sylvie Niombo

 

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<!–[if !supportFootnotes]–>[1]<!–[endif]–> source ONUSIDA, FNUAP et Ministère de la santé

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Au Togo,  selon une étude sentinelle du Conseil National de Lutte contre le SIDA (CNLS) de 2006[1], 60 % des femmes vivent avec le VIH. Le quotidien n’est pas toujours facile, car elles sont confrontées à de nombreuses difficultés, la première étant le rejet par leurs familles. La situation des veuves séropositive et des enfants orphelins vulnérables (OEV) dans ce pays ne diffère pas de celles des autres pays en Afrique de l’ouest. Lors du veuvage, elles sont dépossédées de leurs biens, parfois chassées hors du domicile conjugal et peuvent subir du chantage sur la divulgation de leur statut sérologique.

 

Les association Femmes Plus et Action Santé pour Tous (AST) du Togo travaillent pour mettre à jour ces problèmes et trouver une solution à travers les actions menées dans le cadre du projet régional de plaidoyer sur les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA en Afrique du centre et de l’ouest du Réseau Sida Afrique[2].

 

§        La situation des veuves séropositives

 

Au cours d’un atelier organisé par les deux organisations du 19 au 20 Novembre 2009, la situation des veuves séropositives, la protection des droits humains et les dispositions prévues par la loi n° 2005 012  ont été abordées avec 27 participants  à l’atelier de formation des para juristes sur la loi de protection des personnes en matière de VIH/SIDA.

 

Les veuves séropositives et les enfants orphelins vulnérables (OEV) sont rejetés par leurs  proches parents, la famille de leurs défunts conjoints ou encore  par des voisins. Elles sont généralement accusées d’avoir apporté la maladie dans le couple, car la belle-famille cherche généralement « la coupable » pour expliquer le décès de leur proche. Au moment du deuil, elles sont simplement méprisées  et blâmées pour  avoir été infidèles mis un terme à la vie de leurs époux. Certaines sont interdites d’assister aux cérémonies funéraires.

 

Dans le règlement des successions, leur voix ne compte pas et elles peuvent perdre des biens qu’elles ont des mis des années à acquérir. Beaucoup de veuves sont isolées et doivent reconstruire leur vie avec des mains vides, surtout lorsqu’elles n’ont pas une source de revenus sûre.

 

La spoliation des terres et des biens des veuves séropositives les plonge dans une situation de précarité, où elles recourir à la mendicité afin de subvenir aux besoins de leurs enfants.

 

§        Ce que la loi prévoit et le code de la famille

 

La loi n° 2005 012 portant protection des personnes vivant avec le VIH a des dispositions qui protègent également les personnes vulnérables comme les femmes en particulier les veuves séropositives.  En effet, les articles 45 et 46  se rapportent directement ou indirectement aux veuves séropositives. Par ailleurs, la constitution togolaise confirme dans son article 11 et 28, l’égalité en Droit et en dignité qui se retrouve à l’article 22 de la loi n° 2005-12 portant protection des personnes en matière du VIH/SIDA au Togo. Les articles 34, 35 et 38  de la constitution sont relatifs au droit à la santé.

 

·        La promotion des droits des personnes vivant avec le VIH est l’une clé au problème

 

Cependant, malgré ces textes juridiques, les veuves séropositives ne sont pas informées de leurs droits, et le contenu de loi  portant protection des personnes vivant avec le VIH est encore peu vulgarisé sinon appliqué.

 

 Au cours de l’atelier organisé par les associations  Femme Plus et Action Santé Pour Tous, les débats étaient fructueux sur les réponses au rejet et /ou l’abandon des veuves par leurs proches, leur licenciement, l’exclusion des enfants infectés des établissements scolaires dans le passé, les élèves n’acceptent pas les professeurs séropositifs et ne veulent pas rester sur le banc avec un camarade atteint du SIDA ou issu des parents victimes du SIDA. Pour résoudre ce problème les directeurs évoquent des raisons non fondées pour renvoyer ces enfants. La situation a évolué les actions des ONG sur le terrain.

 

Les participants ont également cité la spoliation des biens des veuves/veufs et des orphelins, et le refus d’administrer des soins et traitements à des PVVIH dans certaines formations sanitaires.

 

Les participants ont relevé que lorsque les personnes vivant avec le VIH/SIDA et leurs familles sont informées de leurs droits, elles peuvent se défendre et mener un combat efficace contre la stigmatisation et la discrimination dont elles sont victimes. 

 

C’est ainsi que les interventions du  projet  régional de plaidoyer pour les droits des personnes vivant avec le VIH appuyé par la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED)  apportent de nouvelles connaissances et des voies d’action aux veuves séropositives.

 

Actuellement, l’association Femme Plus est entrain d’informer les femmes et filles séropositives à Lomé et  ses banlieues. 20  d’entre elles ont été formées comme para juristes afin qu’elles puissent  écouter et apporter une assistance juridique nécessaire aux femmes séropositives, aux organisations des    personnes vivant avec le VIH/SIDA et les orienter sur les procédures judiciaires si nécessaire.

 

Depuis Novembre 2009, ces para juristes formées ont déjà fait quelques actions : animation des groupes de parole sur la loi dans 6 structures de prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA ; et des actions de médiation dans deux familles. Elles donnent aussi des conseils aux para juristes qui viennent les consulter.

 

Par ailleurs, l’association Action santé pour tous (AST) de son côté a tissé un partenariat avec le réseau des journalistes REMASTP- Togo (Réseau des Média  Africains contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme) afin de diffuser davantage d’informations sur le contenu de la loi et plaider pour le soutien aux femmes séropositives.

 

 

 

 

§        Les recommandations aux  décideurs politiques pour changer la situation des veuves séropositives

 

Des recommandations ont été formulées au Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS) et au Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS), aux  entreprises du secteur privé et aux partenaires d’appui technique et financier,  par les participants à l’atelier de formation des para juristes sur la loi de protection des personnes en matière de VIH/SIDA, qui portent  sur :

 

- la révision de la loi pour bien prendre en compte la non discrimination dans tous ses aspects et la question de  genre ;

 

-         les politiques et les programmes dans les lieux de travail pour lutter efficacement contre la discrimination ; et

 

-         l’accès aux services sociaux dans les communautés.

 

A ce jour, il y a eu des changements au sein des structures qui on participé à la formation. Il y a davantage d‘actions de promotion et de respect des droits des personnes vivant avec le VIH, des témoignages à visage découvert, et des actions de médiation dans les familles à conflit, entre autres.  Dans le pays, depuis le 1er Avril 2010, les personnes vivant avec le VIH au Togo peuvent avoir actuellement accès au traitement et au suivi biologique gratuitement ; ce qui constitue une grande avancée dans la lutte contre le VIH/SIDA.

 

Le projet au Togo a choisi de former les femmes séropositives en premier, car elles sont les plus vulnérables,  et des actions envers les hommes séropositifs seront menés d’ici Septembre 2010.

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§        Les prochaines activités prévues par le projet

 

D’ici à Septembre 2010, les association Femmes Plus  et Action Santé pour Tous (AST) organiseront  à Lomé et  dans les societés de la zone portuaire (CIMTOGO, Port Autonome, Nioto,..) neuf séminaires de vulgarisation de la loi n°2005-012 portant protection des personnes vivant avec le VIH au Togo, 12 sessions de groupes de paroles sur les droits et devoirs des personnes vivant avec le VIH dans 12 structures de prise en charge accréditée par le Programme National de Lutte contre le SIDA (PNLS), et des émissions radiophoniques pour dénoncer les cas de discrimination et appeler au respect des droits des personnes séropositives, en particulier ceux des femmes et enfants infectées par le VIH.

 

Contact du Projet régional des droits des personnes vivant avec le VIH du Réseau Sida Afrique : reseausida@yahoo.fr

 

 

 Blandine Louzolo et Sylvie Niombo

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In Congo, women are most affected by HIV/AIDS: at least 4.1% of Congolese women are infected. Women living with HIV/AIDS face discrimination and stigmatization on a daily basis, despite the fact that they are entitled to the same health and other rights as all Congolese citizens. They are already lat a disadvantage in a country where the some of the provisions in family code are flawed and where society imposes moral and physical abuse on widows so that the situation of widows living with HIV is of concern. The purchasing power of women infected with HIV/AIDS is low, which does not differ from that of the average Congolese woman, and is further reduced because of their state of vulnerability.

There is still very little research or analysis on the issue of housing for HIV-positive women in Congo. Analyses on the psychological, social and economic policies in regards to HIV/AIDS, however, have already been made. In this article,we will build on these analyses to show how HIV-infected women in urban areas are also affected by housing problems and how it affects their well-being and health as well as that of their families.

The Socio-Economic Status of Women with HIV


In Congo, it is estimated that the average wage (SMIC) is 54,000 FCFA (U.S. $ 108) per month in the formal sector. The Report on Human Development in 2009 published by the UNDP indicates that the Congo is among those countries wherein at least 74% of the population lives on less than 1,000 FCFA (USD 2) per day despite oil revenues and the unemployment rate is unknown. The probability of not surviving to age 40 is 29%. Government expenditure on health as percentage of total government expenditure does not exceed 4%, far below the 15% recommended by the African Union.
All these factors have put a dark cloud over women living with HIV/AIDS who are among the poorest in the country. Those who work in the private or public sector may also be worried about their HIV status. In the private sector, they are more vulnerable to losing their jobs, mainly because of illness and repeated absence from office. They also have fewer opportunities for advancement or promotion and fear unfair dismissals or changes through which they may lose financial and material benefits.

When support for health is not guaranteed for workers in some companies and institutions, it can also reduce the assets of HIV-positive women who see their health costs rise because the treatment of opportunistic diseases is not free.

Many women with HIV are in the “informal” sector of small business and can barely make a monthly profit of 100,000 FCFA (USD 200) to support their families. Others are totally dependent on their parents, especially the younger ones.

As for the reasons given above, the security order in the sense of adequate housing in the long-term for women living with HIV/AIDS is unlikely. Because they have very few financial resources, they cannot buy a plot (from 5 million CFA francs or USD 10,000) or rent a house with acceptable conditions (100,000 FCFA or USD 200). They are often forced to rent small rooms in unhygienic conditions (from 30,000 CFA francs or USD 60). Getting a house for rent has become a challenge due to population growth.
Even when they work and have a house, these women are often subjected to ridicule and stigmatization. Some also are refused housing because of their HIV status.

This should be of interest to existing initiatives that incorporate the fight against AIDS in companies. A glimmer of hope also emerges with the inclusion of a section or a position of responsibility on HIV/AIDS in the trade unions, which among others are supposed to defend the rights of infected workers.

Married Life and Widowhood for Women with HIV
Various testimonies show that women with HIV are subjected to psychological and even physical abuse from their spouses when they are the first to take the HIV test. They are accused of having “brought the disease into the home” and sometimes chased with or without their children from the marital home by their spouse or in-laws.

The theft of widows’ property is not foreign to Congolese women, regardless of their status in society. On the death of their husbands, many women are abused and can be dispossessed of their property, whatever the matrimonial regime under which they were married. The fear of witchcraft, fear and ignorance of rights are all factors that make widows leave their property, including their homes. This puts them in a precarious situation. Added to that is a situation common to all widows and widowers: when the HIV stigma occurs, they face threats of blackmail or family members often want to disclose their HIV status and insult them.
Poor Housing and Its Implications for Children of HIV-positive Women
Other HIV-positive women are stigmatized by their landlords and neighbors and are forced to continually change homes or neighborhoods. This implies that children must change schools and lose social ties, friendships, and some benchmarks that they had acquired in their previous neighborhood. But the permanent changing of residence increases stress and can have psychological consequences as well.

The stigma is such that some women living with HIV/AIDS must live with the constant fear that their HIV status has been disclosed.
That is why the actions of HIV prevention must also focus on the fight against the stigmatization of and the discrimination against people living with HIV.


Improving the Income of HIV-Positive Women to Provide Them with Adequate Housing: How Realistic is It?

We must recognize that the socio-economic consequences of HIV/AIDS have not all been given the same priority. Discussing adequate housing for women living with HIV/AIDS can sound less important compared to prevention efforts and access to treatment and care. If you look at existing initiatives aimed at improving the income of HIV-positive women through income-generating activities, however, interventions designed to meet minimum basic needs are ignored.
There should be a comprehensive study to see how micro credits and support for income-generating activities have enabled HIV-positive women to satisfy their needs sustainably, including their needs for stable housing. Because the amounts granted are often too small to generate significant amounts of income, conditions for granting and monitoring this financial support are often difficult.

Housing Provided by the Congolese State: a Boon for Women with HIV?
The housing issues are more of social and legal issues, however, when the State undertakes to build socialized housing, it is hoped that all Congolese citizens are entitled to it, without discrimination. For some time now there have been initiatives from the private sector and the State for socialized housing. In Congo, the creation of the Congolese Bank for Housing is a public-private partnership that supports the Government’s efforts in promoting the use of innovative and sustainable mechanisms from the private sector for financing real estate and housing. Thus the Congolese government has earmarked 53 million CFA francs (USD 106 million) to build 400 socialized houses. Is this a glimmer of hope?
We need to look for more information about this project, its criteria, and its conditions and, in particular, we need to ask how HIV-positive women who are doubly vulnerable in comparison to their peers will benefit from such programs. This requires concerted action by both the Government and civil society. The media certainly has a role to play in publicizing the issue of housing and HIV/AIDS in the country.

Translation edited by Sarah Hurwit

Sylvie Niombo

[1] http://www.cnls-congobrazza.org/4,1-des-femmes-sont-seropositives-au-Congo_a411.html

http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_minimum_wages_by_country

http://hdrstats.undp.org/fr/countries/country_fact_sheets/cty_fs_COG.html

http://healthdev.net/site/post.php?s=1967

http://www.afdb.org/fr/news-events/article/fapa-technical-assistance-to-provide-training-and-increase-capacity-at-the-banque-congolaise-de-lhabitat-5130/

http://www.afriqueavenir.org/2009/10/09/developper-l-offre-de-logements-sociaux-une-priorite-du-gouvernement-du-congo-brazzaville/

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Au Congo, les femmes sont les plus touchées par le VIH/SIDA, au moins 4,1% des femmes sont séropositives au Congo[1].Les femmes vivant avec le VIH/SIDA sont victimes de discrimination et de stigmatisation quotidiennement, et ce malgré qu’elles ont droit à la santé et aux autres droits auxquels jouissent tous les citoyens congolais.

Elles sont parties perdantes dans un pays où le code de la famille présente des failles dans certaines de ses dispositions, et où la société inflige des sévices moraux et physiques aux femmes veuves. C’est ainsi dire que la situation des femmes veuves séropositives est préoccupante. Le pouvoir d’achat des femmes infectées par le VIH/SIDA assez faible qui ne diffère pas de celui de la moyenne des femmes congolaises est encore réduit en raison de leur vulnérabilité.

Il y a encore très peu d’études ou analyses sur la question logement pour les femmes séropositives au Congo. Cependant, des analyses sur les conséquences psychologiques, socio économiques et politiques du VIH/SIDA ont été déjà faites. Dans cet article, nous allons nous appuyer sur ces analyses pour démontrer comment les femmes séropositives dans les zones urbaines sont aussi touchées par les problèmes de logement et comment cela affecte leur bien-être et santé ainsi que celles de leurs familles.

  • La situation socio économique des femmes séropositives:

Au Congo, on estime qu’il y a au moins le salaire moyen (SMIC) est de 54,000[2] FCFA (US$ 108) par mois dans le secteur formel. Le rapport sur le développement humain de 2009 publié par le PNUD[3] indique que le Congo est parmi les pays dont au moins 74% de la population vit en dessous de 1,000 FCFA (2US$) par jour malgré les revenus pétroliers, le taux de chômage n’est pas connu. La probabilité de ne pas dépasser 40 ans d’âge est de 29%. Les dépenses du Gouvernement sur la santé en pourcentage des dépenses totales du Gouvernement ne dépasse pas 4%, de très loin avec les 15% recommandés par l’Union Africaine[4].

Tous ces facteurs tracent déjà une ligne sombre pour les femmes vivant avec le VIH/SIDA, qui comptent parmi elles les plus pauvres. Celles qui travaillent dans le secteur privé ou public peuvent aussi être inquiétées pour leur statut. Dans le secteur privé, elles sont les plus disposées à perdre leur emploi surtout pour cause de maladies répétées et absence au bureau, avoir moins d’opportunités d’avancement ou de promotion, ou encore pour des licenciements ou mutations abusives où elles peuvent perdre certains avantages financiers et matériels.

Quand la prise en charge sur la santé n’est pas garantie pour les travailleurs dans certaines entreprises et institutions, cela peut aussi réduire les avoirs des femmes séropositives qui voient leurs dépenses de santé augmenter, puisque le traitement des maladies opportunistes n’est pas gratuit.

Beaucoup de femmes séropositives sont dans le secteur informel du petit commerce et parviennent à peine à réaliser des bénéfices d’au moins 100,000 FCFA (200 US$) pour subvenir aux besoins de leurs familles. D’autres sont totalement à la charge de leurs parents, surtout les plus jeunes.

Ainsi pour les raisons avancées ci-haut, la sécurité vue dans le sens d’un logement adéquat à long terme pour les femmes vivant avec le VIH/SIDA est improbable. Car ayant très peu de moyens financiers, elles ne peuvent acheter une parcelle (à partir de 5 millions de FCFA soit 10,000 US$) ni louer une maison avec des conditions acceptables (100,000 FCFA soit 200 US$). Elles sont obligées de louer des petites pièces avec des conditions hygiéniques souvent difficiles (à partir de 30,000 FCFA soit 60 US$). Obtenir une maison à louer est devenue un casse-tête avec la poussée démographique.

Et même lorsqu’elles travaillent, et peuvent avoir une maison, elles sont souvent l’objet de railleries et de stigmatisation. Certaines d’ailleurs ne peuvent pas trouver des maisons à cause de leur sérologie.

Cela devrait probablement intéresser les initiatives existantes qui intègrent la lutte contre le SIDA dans les entreprises (chercher info). Une lueur d’espoir également se dessine avec l’inclusion dans les syndicats des travailleurs une section ou un poste de responsabilités sur le VIH/SIDA, censée entre autres défendre les droits des travailleurs séropositifs.

  • La vie de couple et le veuvage des femmes séropositives:

Des témoignages divers montrent que les femmes séropositives lorsqu’elles sont les premières à faire le test de dépistage dans leurs foyers, elles sont sujettes à des violences psychologiques et parfois même physiques de la part de leurs conjoints. Elles sont accusées d’avoir « emmené la maladie dans le foyer » et parfois chassées avec ou sans leurs enfants du domicile conjugal par leur conjoint ou la belle-famille.

La spoliation des biens des veuves n’est pas étrangère aux femmes congolaises indépendamment de leur statut dans la société. A la mort de leur conjoint, beaucoup de femmes subissent des sévices et peuvent être dépossédées de leurs biens, quel que soit le régime matrimonial sous lequel elles se sont mariées. La peur de la sorcellerie, la peur et l’ignorance des droits sont autant de facteurs qui font que les femmes veuves abandonnent leurs biens, y compris leur domicile. Ce qui les met dans une situation de précarité.

Ajouté à cela qui est commun pour toutes les veuves, les veuves séropositives quand la stigmatisation s’en mêle, elles subissent du chantage ou menaces des beaux-parents qui veulent souvent dévoiler leur statut sérologique et des injures.

  • Le logement précaire et ses implications pour les enfants des femmes séropositives

D’autres femmes séropositives sont stigmatisées par les logeurs et les voisins, et sont obligées de changer continuellement de domicile ou de quartiers. Cela implique pour les enfants qu’ils doivent changer d’écoles et aussi perdre les liens sociaux et amicaux et certains repères qu’ils avaient acquis dans leur précédent quartier. Mais, également, le changement permanent de domicile accroit le stress et cela peut avoir des conséquences psychologiques importantes.

La stigmatisation est telle que certaines femmes vivant avec le VIH/SIDA doivent vivre avec la peur perpétuelle de voir leur statut sérologique dévoilé.

C’est la raison pour laquelle, les actions de prévention du VIH doivent insister également sur la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH.

  • Améliorer le revenu des femmes séropositives pour leur assurer des logements adéquats: est-ce réaliste?

Force est de reconnaitre que les conséquences socio économiques du VIH/SIDA n’ont pas toutes été traitées avec la même priorité. Et parler de logement adéquat pour les femmes vivant avec le VIH/SIDA peut sonner comme moins important par rapport aux efforts de prévention, d’accès au traitement et aux soins qu’il faudrait accélérer. Cependant, si l’on regarde les initiatives existantes visant à améliorer le revenu des femmes séropositives à travers des activités génératrices de revenus, les interventions visent à combler les besoins vitaux minimaux.

Il faudrait une étude approfondie pour voir dans quelle mesure les micro crédits et les appuis pour les activités génératrices de revenus ont permis aux femmes séropositives de satisfaire de façon durable leurs besoins, y compris la stabilité de logement. Car, les montants accordés sans souvent trop petits pour générer de sommes importantes, les conditions d’octroi et le suivi sont le plus souvent difficiles.

  • Les logements sociaux prévus par l’Etat Congolais: une aubaine pour les femmes séropositives?

Les questions de logement relèvent plus du social que des questions juridiques dira t-on, cependant lors que l’Etat prend l’engagement de construire des logements sociaux, il y a lieu d’espérer que les tous les citoyens congolais y aient droit, sans discrimination. Il y a depuis quelques années des initiatives émanant du secteur privé et de l’Etat de construction de logements sociaux pour les populations. Au Congo, la création de la Banque Congolaise de l’Habitat est un projet de partenariat public-privé qui soutien les efforts du Gouvernement dans la promotion de l’utilisation de mécanismes viables et innovants provenant du secteur privé pour le financement de l’immobilier et du secteur du logement.[5]

C’est ainsi que le gou­ver­ne­ment congo­lais a dé­bloqué 53 mil­liards de FCFA (US$ 106 millions) [6]pour construire 400 lo­ge­ments so­ciaux. Une lueur d’espoir ?

Il faudra en tout cas se renseigner sur ce projet, les critères, les conditions et surtout demander comment les femmes séropositives qui sont doublement vulnérables par rapport à leurs pairs, pourront bénéficier des programmes tels que celui -ci. Cela nécessite une action concertée des pouvoirs publics et de la société civile. Les média assurément ont un rôle important à jouer en rendant public la question du logement et du VIH/SIDA.

Sylvie Niombo


[1] http://www.cnls-congobrazza.org/4,1-des-femmes-sont-seropositives-au-Congo_a411.html

[2] http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_minimum_wages_by_country

[3] http://hdrstats.undp.org/fr/countries/country_fact_sheets/cty_fs_COG.html

[4] http://healthdev.net/site/post.php?s=1967

[5] http://www.afdb.org/fr/news-events/article/fapa-technical-assistance-to-provide-training-and-increase-capacity-at-the-banque-congolaise-de-lhabitat-5130/

[6] http://www.afriqueavenir.org/2009/10/09/developper-l-offre-de-logements-sociaux-une-priorite-du-gouvernement-du-congo-brazzaville/

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Arlette Raymonde Bakou is responsible for Multilateral Cooperation at the Ministry for the promotion of women and inclusion of women in development in the Congo. She has been involved in the struggle for the empowerment of women and women’s rights for years, and began blogging this year on women’s rights, with particular emphasis on violence towards women and children in the Congo.

She first gained access to a computer in 1999, but she had already used a typewriter, so she was in a good position to learn about information and communication technologies (ICTs). “I took computer courses for three months and the rest I learnt through curiosity” she explained.

The blog idea came to her through her work writing articles for local newspapers. “I felt that having my own blog would be a thrilling experience,” she explained. Arlette is one of the few female Congolese bloggers who write about violence against women and children. For her the internet is a tool of research and work, and as she so succinctly put it “it is a tool of our times”.

Arlette explains that “my blog posts cover a variety of subjects; I discuss everything from women’s problems to urban planning, environment and issues facing society”.

In her blog, Arlette discusses sexual revolution, sexual politics, sex and morality and premarital sex. For example, her take on sex education in schools is that “It is a good thing in that the lessons teach children about the dangers of free sex, but it also puts temptation in the way of children who previously had a traditional view of sexuality”.

She calls for “the creation of health centres for young people staffed by qualified people, and reviving education programmes on family life in school, local centres and churches. This should be done with the involvement of parents, teachers and local chiefs for the whole community. These programmes would equip young people with the information they need to deal with sexuality later on”.

In her article on sexual harassment, she raises the issue of impunity and says “at the beginning of the school and university year, the same girls who celebrate reaching this milestone will almost certainly live through the ordeal of being harassed by teachers and professors. Sexual harassment in educational circles takes the form of looks, insinuation, proposed meetings, unwanted attention and even sexual assault”.

She ends on the following question: “How do we build a better society when teachers become the executioners of our children? How can we talk about sexual equality when some girls give up their studies because they can’t handle the attentions of a pushy teacher? Who are these men who harass young girls fresh into university or high school, and who forget that these girls are also their daughters, nieces and sisters?”

Turning to the relationship between mothers-in-law and daughters-in-law, which are often very difficult in Congolese society, Arlette roundly criticises the bad behaviour of mothers-in-law. She writes “the mother-in-law is often pushed into a secondary role by the daughter. They become experts at demonising the wife of their brother; but on close examination it becomes clear that these are often women who are unhappy at home and haven’t managed to find a husband”. These situations usually lead to domestic violence.

She also discusses development and in her blog has discussed accelerated urbanisation under the title ‘reflection on the city’, where she also airs her views on work undertaken by Brazzaville council and steps needing to be taken.

Is it easy for a Congolese woman to blog in such a political way? “The main difficulties are often related to technical terms but I usually manage” states Arlette. For the few other Congolese women in the blogosphere, internet access remains a problem because of the cost of acquiring computing equipment and the bad quality of internet connections in internet cafés.

However, in spite of its difficulties, blogging is indispensable. As Arlette puts it “blogging is another form of communication. I know there are people who do not watch television or listen to the radio but are active on the net”. With the arrival of mobile internet, more and more workers have internet access in their homes, so the number of Congolese cybernauts is increasing.

Arlette is clear in her objectives: she emphasises that cybernauts are the ones she is targeting through her blog posts. She adds “I am mainly thinking about young people who need to learn about life from a different perspective”. Also, in the global village, “blogging is a great way to take part in the globalisation phenomenon. This is clear from the messages I receive from Canada and the four corners of the earth through a simple click” she reveals.

To access Arlette Bakou’s blog, go to http://arletteraymonde.unblog.fr

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The Congo, like every other country in the world, celebrates World AIDS Day every year on first of December. Within the framework of the fight against HIV/AIDS, women with disabilities are often affected and infected, but also neglected, by AIDS organizations. It is necessary to intervene so that these women are not further marginalized. They should have the same opportunities to fiercely fight against HIV/AIDS.

They require access to information on HIV/AIDS prevention and treatment. In the Congo, not enough is being done to satisfy the real needs of HIV positive women in rural areas and those with disabilities.

To live with a disability does not mean to be sexually inactive

Women with disabilities are exposed to the HIV virus. They are often characterized as living in a world apart, not valued in general society, and are the victims of isolationism and discrimination. If they are infected with HIV/AIDS, their HIV status causes even greater discrimination.

In the Congo, there is a lack of commitment to this vulnerable group - an oversight which leads directly to the propagation of HIV/AIDS.

Women with disabilities are not incapable of contracting AIDS. A woman with a disability can maintain a healthy sexual relationship. She may, however, also be more vulnerable to acts of sexual violence. All women with disabilities have the right to be informed about HIV/AIDS and, further more, our constitution grants the right to health for all citizens. Why then exclude women with disabilities from the major programmesin the fight against AIDS? Faced with being forgotten, these women must actively involve themselves and claimtheir rights.

In search of security they become more vulnerable.

Among these women with disabilities, there are some who are deaf, mute, blind, physically impaired, and albino who require professional care.

Often, their own families abuse them. Instead of protecting these women, their families throw them to the streets, where they are the victims of physical, sexual, psychological and economic violence. These women may also develop a dependence on drugs and alcohol - substances that frequently lead to unprotected sexual relations.

Ignorant of their rights, they are left defenseless.

The majority of women with disabilities in the Congo, especially those living in rural communities, do not know their rights. Only a few have received any education or become members of AIDS associations. The women feel that they are always being manipulated and so they prefer to remain silent.

Having realized this, Georgette Medja, from the ‘Association Handicap sans Frontières’, has become one of the civil society leaders fighting for the rights of women with disabilities. She affirms that, ” women with disabilities living with HIV/AIDS must recognize that they have a right to health and wellness, to communication, to the same care and treatment as all women.”

There are systems in place to free these women from their struggles, but the women haven’t taken advantage, either because they don’t know where to go or because they are too afraid.

A Call to all AIDS Organizations

It’s not unusual to encounter certain women in search of information who will confide in someone at an AIDS organisation.

This thirst for information on HIV/AIDS on the part of women with disabilities must be quenched. State organizations and the organisationscooperating in the fight against AIDS are equally responsible to provide the necessary services. Sylvie Niombo, the executive director of AZUR Development, who actively advocates for the rights of humans with HIV/AIDS, said “the fight against AIDS is doubtlessly directed first at those social groups which are most vulnerable. However, HIV/AIDS is not selective in choosing its victims. Resources must be allocated to fight HIV/AIDS as it effects women with disabilities.”

Unfortunately, organizations wishing to work on HIV/AIDS with women with disabilities have experienced difficulty securing local and reliable financing.

These women need moral, psychological, and financial support. For the blind, mute, and deaf, appropriate interpreters are needed to explain certain facts and to keep the women abreast of their current situation. World AIDS Day should be an opportunity for women with disabilities to express themselves and to advocate for greater actions in their favor. Because HIV/AIDS affects us all us.

Blandine Louzolo

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De nos jours, au Togo, avec l’émergence de plusieurs moyens de communication, surtout dans le domaine des médias, les jeunes filles et garçons sont informés des sujets jadis tabous et se posent des questions. Il devient ainsi nécessaire de trouver des opportunités pouvant apportées une réponse aux problèmes des jeunes et des adolescents, en particulier dans le domaine de la prévention aux IST et VIH/Sida. D’où l’importance de la promotion de l’abstinence sexuelle au sein de cette tranche d’âge.

Les jeunes  filles et garçons s’abstiennent- ou pas ?

Selon le Familial Health International, l’abstinence sexuelle constitue la méthode de protection la plus efficace contre les grossesses, l’infection à VIH et à d’autres IST. L’abstinence sexuelle est souvent considérée comme l’apanage des jeunes ; elle peut tout aussi servir aux adultes. Elle offre aux adolescents, en particulier, un certain nombre d’avantages parce qu’elle ne nécessite ni fourniture de service ni visite dans un dispensaire. En revanche, elle suppose un niveau élevé d’appui social de la part de la communauté et l’acquisition de compétences spécifiques, avec un degré élevé de motivation, de maîtrise de soi et de communication.

Selon une enquête menée en novembre 2009 par l’association AV-Jeunes auprès des jeunes et adolescents de 12 à 23 ans, l’âge du premier rapport sexuel est de 19 ans pour les filles et 20 ans pour les garçons, selon les jeunes. 30% de garçons contre 15% de filles estiment que l’abstinence sexuelle concerne les jeunes dont l’âge est compris entre 9 et 18 ans. 22% de garçons contre 7% de filles estiment que cela concerne les jeunes de 9-20 ans. Par contre, 53% de filles contre 20% de garçons optent plutôt pour l’abstinence jusqu’au mariage.

« Miss vierges » pour promouvoir l’abstinence sexuelle chez les jeunes filles

La promotion de l’abstinence sexuelle en matière de la prévention du VIH dans la population jeune prend progressivement de l’ampleur au Togo ; conséquence de la diffusion des spots publicitaires, l’organisation des causeries éducatives et des activités ciblant directement les jeunes filles vierges. En avril 2009, un concours national de promotion de l’abstinence sexuelle dénommé « Miss Vierges » fut organisé par l’association AV-Jeunes en vue de récompenser les filles vierges de 16 à 25 ans. Ce concours avait pour but de promouvoir l’abstinence sexuelle jusqu’au mariage chez les jeunes et les adolescentes en vue de contribuer à la valorisation de certaines pratiques socioculturelles pouvant freiner la transmission du VIH pour une riposte optimale et la réduction de vulnérabilité de la jeune fille face au VIH. Au total, 123 filles vierges de 16 à 25 ans de toutes les régions du pays ont été enregistrées et 10 filles ont été nominées « Ambassadrices de la virginité au Togo ».

Les raisons pour lesquelles les jeunes s’abstiennent des rapports sexuels

L’enquête menée auprès des jeunes filles et garçons vierges a permis de faire le constat suivant : 60% des jeunes déclarent que le choix de l’abstinence sexuelle est un choix personnel, tandis que 40% affirment que c’est du fait de l’éducation familiale et de l’exigence religieuse.

« J’ai choisi l’abstinence sexuelle parce que mes parents me disaient toujours que mon corps constitue le temple du saint esprit et que c’est le plus beau cadeau que je puisse offrir à mon mari », déclara Viviane, lauréate du concours Miss Vierges 2009 âgée de 19 ans.

Laure, 25 ans, étudiante en 2ème année d’Espagnole quant à elle confie : « l’éducation que j’ai reçue auprès de mes parents a été très rigoureuse ; au début, je pensais que c’est difficile. Mais après tout j’ai finir par comprendre que c’est une bonne chose. Ainsi, j’ai choisi l’abstinence sexuelle pour faire honneur à mes parents et bien réussir dans mes études ».

Les pressions de l’entourage sur l’abstinence

Les jeunes affirment qu’ils résistent aux pressions de leurs pairs ou de l’entourage en les ignorant ou en évitant de fréquenter des groupes à risques.

Selon la perception de certains jeunes, l’état de virginité d’une fille ou de la chasteté d’un garçon (sans rapport sexuel à un certain âge de l’adolescence ou de la jeunesse) est une maladie. Cette conception de la vision de l’abstinence sexuelle jusqu’au mariage amène certains adolescents et jeunes à adopter des attitudes de honte dans leur entourage. 23% de jeunes filles contre 51% de garçons affirment avoir subir des pressions de leurs pairs sur leur état de virginité. Ce pendant, 55% de garçons sur 37% de filles déclarent avoir du mal à discuter des questions liées à la sexualité en groupe et/ou avec leurs parents.

Le rôle des acteurs de lutte contre le SIDA dans la promotion de l’abstinence sexuelle

L’enquête menée auprès des jeunes souligne également les recommandations des jeunes envers les acteurs impliqués dans la lutte contre le VIH. La promotion de l’abstinence sexuelle doit être une priorité pour les acteurs. « Certes la promotion des préservatifs contribuent à la réduction de la transmission du VIH, mais elle ne nous encourage pas à nous abstenir des rapports sexuels », déclaration d’un jeune enquêté.

D’immenses efforts restent donc à fournir dans le pays, où jusqu’à présent, l’enseignement sur le VIH n’a pas été considéré comme une priorité, malgré l’élaboration des documents sur l’enseignement du VIH.

Le chantier est vaste. C’est seulement en promouvant l’éducation sexuelle chez les jeunes filles et garçons qu’un résultat efficace peut être atteint. Arriver à contribuer au changement de comportement des jeunes et adolescents au Togo n’est certes pas facile. Mais elle peut devenir une réalité si les autorités jouent et remplissent leur rôle de leadership.

Le report autant que possible du premier rapport sexuel est le seul moyen et le plus sûr d’éviter les grossesses précoces, les IST et l’abandon précoces des études. Ainsi, c’est aux jeunes filles et garçons de décider, si elles ou ils préfèrent prendre leur destiné en main ou attendre qu’il soit trop tard.

Rodrigue Akolly

AV-Jeunes

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En  marge de la célébration de la Journée Mondiale  de lutte contre   Sida 2009,  Initiative Locale pour le Développement Intégré (ILDI)  en partenariat avec   le Réseau Sida Afrique (RSA) et Sida Actions  (SACROI)  ont organisé  des  activités de sensibilisation  sur les droits des personnes vivants avec le VIH/SIDA   dans les  communes de  Maluku et Nsele , le 28 et 29 novembre 2009  avec l’appui de la Fondation Nationale pour la Démocratie , NED. Au cours de ces deux journées , quatre organisations des personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les communes de Nsele et Maluku ont pris part à savoir : Bon Samaritain (BS), Clubs des Parent et Amis des PVV (CPAP), Solidarité à la Vie Positive (SOVI) et LIPS. Au total 91 personnes ont pris dont 20 PVV. à la première activité qui s’est déroulée au Bar Paulino de Maluku, trois PVV ont joué respectivement les rôles de modérateur, animateur de la tranche distribution des préservatifs et sensibilisation de la population sur les moyens de prévention du VIH et la dernière a joué le rôle d’ une prostituée dans la pièce de théâtre.

La journée de samedi 28 novembre a connu trois forts à savoir : les moyens de prévention du VIH/SIDA Delphine Bongeli et Dieudonné Shungu Ndjate, l’état des lieux de la pandémie du VIH/SIDA en RDC par Mr Jean Marie Bolika et enfin suivi par l’exposé sur la loi protégeant les PVV par Me Alphonse Longbango.

Au cours de cette activité qui a connu  une participation significative des PVV venus des quartiers Bita,  Inkene  à Maluku , la problématique de la vulgarisation de la loi n° 08/011 du 14 juillet 2008 portant protection des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA et des personnes affectées a été évoquée. Cette nouvelle loi connaît quelques faiblesses entre autres, l’absence des textes d’application, et la criminalisation de la transmission du VIH (art.45). Parmi les autres faits relevés par les PVV et les autres participants, il y a lieu de noter  dans cette partie de la ville de Kinshasa que :

1. Les PVVih sont stigmatisées à cause de leur statut sérologique : un grand nombre des PVV évitent d’être pris en charge à la formation sanitaire de l’Armée car une fois connue par la communauté, elles sont indexées comme étant les prostituées qui ont sacrifié leur vie pour les besoins charnels.

2. L’ignorance de la loi : depuis le 14 juillet 2008, le gouvernement congolais  s’est doté d’une loi protégeant les PVV,  cette loi souffre des mesures d’application et  n’est pas vulgarisée au sein de la population ; ce qui rend difficile  la promotion des droits de cette couche de la population  qui  a des droits entre autres, l’accès au travail, à l’éducation, au traitement  santé, au dépistage  et   à la confidentialité des résultats, etc.

3. Distribution des  préservatifs : les participants à  la séance de sensibilisation  ont  lancé un appel aux acteurs de la société civile engagés dans la lutte contre le sida de bien vouloir plaider auprès du gouvernement congolais en vue  d’approvisionner régulièrement les zones de santé  de Maluku I & II en préservatifs et élargir la couverture dans les  quartiers Kingakati,Mbakana,Bita, Menkao,Kaho,Nguwo,  Kimpeti, etc. pour permettre à la  population de les utiliser pendant les rapports sexuels. l’usage  des « sachets plastiques »  à été démontré par eux comme une alternative pour se protéger contre le VIH/SIDA en l’absence du préservatif.

Au cours de la seconde journée (dimanche 29 novembre 2009) dans les quartiers pêcheurs et Kinkole dans la commune voisine de la Nsele, le même constat a été fait par les 25 participants qui ont prié les organisateurs à renforcer leurs capacités en législation protégeant les PVV.

En présence du chef de service de Développement Communautaire et représentant du Bourgmestre de la commune de Maluku, les participants ont formulé leurs vœux de voire les autorités locales plaidées auprès des décideurs pour que les auteurs de discrimination soient poursuivis conformément à la loi. Les organisateurs ont décidé de contacter les instances du Programme National de Lutte contre le VIH/SIDA et les partenaires engagés à accompagner le gouvernement dans la lutte contre cette pandémie. Le rapport de cette campagne sera adressé au groupe de travail droits

de l’homme et VIH/SIDA pour envisager d’autres solutions spécifiques.

Kinshasa, 01 décembre 2009

Jean Marie Bolika, ILDI

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