Quelle était la couleur de la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes et aux filles au Congo ? Du 25 Novembre au 10 Décembre, des associations impliquées dans le projet OMD3 du Programme d’appui aux Réseaux de Femmes de l’Association pour le progrès des communications (PARF d’APC)  ont réalisé des sensibilisations publiques, des émissions radios et télévisées, des blogues et des ateliers. Ce billet de blogue retrace certains moments clés de la campagne « Réapproprie-toi la technologie »  au Congo.

Re-penser le rôle des femmes des média pour combattre les violences

Quand nous parlons des technologies de l’information et de la communication (TIC) au Congo, la radio et la télévision viennent en tête parmi les moyens les plus utilisés, et ce depuis des années. Le rôle des média n’est pas à négliger, malgré le manque de programmes sur la violence faite aux femmes et aux filles dans les chaines existantes. Appelant les femmes des média à prendre leurs responsabilités, le Club des Jeunes sur la santé sexuelle (CJESS)  à réuni 12 femmes des principaux média publics et privés de Pointe-Noire de DVS+, Télé Pointe-Noire, Ponton FM,  et Radio Océan le 03 décembre.  Pour cette organisation :

« les participantes ont convenu que les femmes des média devraient se réapproprier la technologie et s’engager dans la sensibilisation, l’éducation, et l’information des communautés sur les pratiques néfastes pour les femmes et les filles ».

Prendre la parole dans les média n’est toujours pas facile et abordable aux organisations de la société civile. Cependant, pendant ces  16 jours, l’Association congolaise de lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles (ACOLVF) et l’Organisation pour les droits humains au Congo (ODDHC) à Brazzaville ont pu organiser des émissions télévisées et radios. L’audience a eu l’opportunité de participer en appelant ou en envoyant des messages par SMS ; et l’on pouvait noter que l’intérêt pour ces émissions est grand.

Sur son blogue, Victoire Bakanette, parle de la violence vécue par les femmes journalistes et présente les initiatives de réseautage comme un moyen de s’en sortir :

« ce regroupement des femmes des médias au sein d’une entité ou réseau, est une façon d’échanger continuellement sur les questions propres aux droits de la femme, pour rendre leurs actions efficaces et fiables ».

Projections documentaires pour dénoncer et éduquer

Comment les TIC ont-elles été utilisées pendant cette campagne ? Les images et les photos parlent plus que les mots, et il existe des faits vécus sur la violence faite aux femmes et aux filles au Congo qu’il faudrait montrer pour réveiller les consciences. C’est ce qu’on fait plusieurs associations qui ont utilisé des projections photos et documentaires pour alimenter les échanges sur la nécessité d’une loi portant protection des femmes victimes de violence au Congo.

L’absence de loi est  un vide juridique qui accroit l’impunité contre les auteurs de violence comme l’ont décrié les associations Agence Régionale d’information sur le VIH/SIDA (ARIPS) et l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) au cours des ateliers et causeries débats qu’elles ont organisé.

La vidéo pour donner la voix aux sans voix

Par ailleurs, un groupe de jeunes femmes formées récemment lors des échanges féministes (FTX) à Pointe-Noire a profité de la campagne pour produire des reportages vidéo sur les différentes formes de violence dont les femmes sont victimes, en donnant la parole aux femmes et filles ordinaires, dont les voix ne sont pas souvent entendues.

Les adolescentes de l’Universel Club des Jeunes Educateurs (UCJE) à Pointe-Noire ont préféré jouer une pièce théâtrale pour éduquer leurs paires, et de produire une vidéo de la pièce. Ces vidéos seront distribuées aux différentes structures pour les actions de sensibilisation.

Mettre les jeunes au centre de la lutte contre les violences scolaires

Les adolescentes et les enfants vivent la violence sous des formes différentes et parfois voilées. Il suffit de les écouter pour découvrir comment elles peignent la violence dont elles sont victimes. A l’Ecole la Petite Tina à Nkombo :

« les  élèves ont présenté les dessins qui décrivaient leur compréhension de la violence faite aux filles. Les dessins représentaient des filles enceintées par les enseignants, les élèves  battus par les enseignants ou encore la chicote ; et aussi les élèves qui donnent de l’argent  aux enseignants pour passer en classe supérieure »,

a rapporté l’Association des Jeunes pour le Développement et le Travail (AJDT). A Nkayi, les jeunes élèves ont fait le même constat et appelé à des sessions de sensibilisation sur les questions de la contraception, les grossesses non désirées et autres. Les connexions entre le VIH/SIDA et la violence ont été abordées d’une discussion  en ligne organisées par le Réseau Santé Afrique (www.reseausida.org).

Les femmes et filles handicapées oubliées dans la lutte contre la violence

Des bloggeuses congolaises ont  aussi évoqué la marginalisation des personnes handicapées et les violences vécues par les femmes vivant avec le VIH. Sur son blogue, Georjette Medja, Présidente de l’Association Handicapées sans Frontières à Pointe-Noire, en appelle aux internautes et les organisations des droits humains à lutter

« contre les maltraitances des femmes handicapées parce qu’elles constituent une couche sociale taillable et corvéable par des citoyens irresponsables. Les femmes handicapées ont besoin de mieux connaître leurs droits pour participer au développement de leur pays. »

Dans un article, Blanche Zissi d’AZUR Développement recommande aux organisations impliquées dans de lutte contre les violences de :

« faire un plaidoyer au près des gouvernants afin que ceux-ci mettent à la disposition de la justice les moyens nécessaires pour une régularité des sessions criminelles ; faire un plaidoyer pour la prise par le gouvernement du texte d’application concernant la loi sur l’assistance judiciaire afin que les victimes de violences les plus démunies aient l’accès à la justice car les procédures judiciaires nécessitent parfois certains frais et de créer des centres proposant la prise en charge juridique des victimes de violences afin de les orienter et les assister pendant la procédure ».

Dans cette optique, l’OCDH a lancé une pétition en ligne pour l’élaboration et l’adoption d’une loi protégeant les victimes de violence dans le pays.

Assurément la campagne  «  Réapproprie-toi la technologie » des 16 jours d’activisme au Congo aura été un moment de réaffirmation des organisations de la société civile à mettre fin aux violences faites aux filles.

Sylvie Niombo

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In Congo, women are most affected by HIV/AIDS: at least 4.1% of Congolese women are infected. Women living with HIV/AIDS face discrimination and stigmatization on a daily basis, despite the fact that they are entitled to the same health and other rights as all Congolese citizens. They are already lat a disadvantage in a country where the some of the provisions in family code are flawed and where society imposes moral and physical abuse on widows so that the situation of widows living with HIV is of concern. The purchasing power of women infected with HIV/AIDS is low, which does not differ from that of the average Congolese woman, and is further reduced because of their state of vulnerability.

There is still very little research or analysis on the issue of housing for HIV-positive women in Congo. Analyses on the psychological, social and economic policies in regards to HIV/AIDS, however, have already been made. In this article,we will build on these analyses to show how HIV-infected women in urban areas are also affected by housing problems and how it affects their well-being and health as well as that of their families.

The Socio-Economic Status of Women with HIV


In Congo, it is estimated that the average wage (SMIC) is 54,000 FCFA (U.S. $ 108) per month in the formal sector. The Report on Human Development in 2009 published by the UNDP indicates that the Congo is among those countries wherein at least 74% of the population lives on less than 1,000 FCFA (USD 2) per day despite oil revenues and the unemployment rate is unknown. The probability of not surviving to age 40 is 29%. Government expenditure on health as percentage of total government expenditure does not exceed 4%, far below the 15% recommended by the African Union.
All these factors have put a dark cloud over women living with HIV/AIDS who are among the poorest in the country. Those who work in the private or public sector may also be worried about their HIV status. In the private sector, they are more vulnerable to losing their jobs, mainly because of illness and repeated absence from office. They also have fewer opportunities for advancement or promotion and fear unfair dismissals or changes through which they may lose financial and material benefits.

When support for health is not guaranteed for workers in some companies and institutions, it can also reduce the assets of HIV-positive women who see their health costs rise because the treatment of opportunistic diseases is not free.

Many women with HIV are in the “informal” sector of small business and can barely make a monthly profit of 100,000 FCFA (USD 200) to support their families. Others are totally dependent on their parents, especially the younger ones.

As for the reasons given above, the security order in the sense of adequate housing in the long-term for women living with HIV/AIDS is unlikely. Because they have very few financial resources, they cannot buy a plot (from 5 million CFA francs or USD 10,000) or rent a house with acceptable conditions (100,000 FCFA or USD 200). They are often forced to rent small rooms in unhygienic conditions (from 30,000 CFA francs or USD 60). Getting a house for rent has become a challenge due to population growth.
Even when they work and have a house, these women are often subjected to ridicule and stigmatization. Some also are refused housing because of their HIV status.

This should be of interest to existing initiatives that incorporate the fight against AIDS in companies. A glimmer of hope also emerges with the inclusion of a section or a position of responsibility on HIV/AIDS in the trade unions, which among others are supposed to defend the rights of infected workers.

Married Life and Widowhood for Women with HIV
Various testimonies show that women with HIV are subjected to psychological and even physical abuse from their spouses when they are the first to take the HIV test. They are accused of having “brought the disease into the home” and sometimes chased with or without their children from the marital home by their spouse or in-laws.

The theft of widows’ property is not foreign to Congolese women, regardless of their status in society. On the death of their husbands, many women are abused and can be dispossessed of their property, whatever the matrimonial regime under which they were married. The fear of witchcraft, fear and ignorance of rights are all factors that make widows leave their property, including their homes. This puts them in a precarious situation. Added to that is a situation common to all widows and widowers: when the HIV stigma occurs, they face threats of blackmail or family members often want to disclose their HIV status and insult them.
Poor Housing and Its Implications for Children of HIV-positive Women
Other HIV-positive women are stigmatized by their landlords and neighbors and are forced to continually change homes or neighborhoods. This implies that children must change schools and lose social ties, friendships, and some benchmarks that they had acquired in their previous neighborhood. But the permanent changing of residence increases stress and can have psychological consequences as well.

The stigma is such that some women living with HIV/AIDS must live with the constant fear that their HIV status has been disclosed.
That is why the actions of HIV prevention must also focus on the fight against the stigmatization of and the discrimination against people living with HIV.


Improving the Income of HIV-Positive Women to Provide Them with Adequate Housing: How Realistic is It?

We must recognize that the socio-economic consequences of HIV/AIDS have not all been given the same priority. Discussing adequate housing for women living with HIV/AIDS can sound less important compared to prevention efforts and access to treatment and care. If you look at existing initiatives aimed at improving the income of HIV-positive women through income-generating activities, however, interventions designed to meet minimum basic needs are ignored.
There should be a comprehensive study to see how micro credits and support for income-generating activities have enabled HIV-positive women to satisfy their needs sustainably, including their needs for stable housing. Because the amounts granted are often too small to generate significant amounts of income, conditions for granting and monitoring this financial support are often difficult.

Housing Provided by the Congolese State: a Boon for Women with HIV?
The housing issues are more of social and legal issues, however, when the State undertakes to build socialized housing, it is hoped that all Congolese citizens are entitled to it, without discrimination. For some time now there have been initiatives from the private sector and the State for socialized housing. In Congo, the creation of the Congolese Bank for Housing is a public-private partnership that supports the Government’s efforts in promoting the use of innovative and sustainable mechanisms from the private sector for financing real estate and housing. Thus the Congolese government has earmarked 53 million CFA francs (USD 106 million) to build 400 socialized houses. Is this a glimmer of hope?
We need to look for more information about this project, its criteria, and its conditions and, in particular, we need to ask how HIV-positive women who are doubly vulnerable in comparison to their peers will benefit from such programs. This requires concerted action by both the Government and civil society. The media certainly has a role to play in publicizing the issue of housing and HIV/AIDS in the country.

Translation edited by Sarah Hurwit

Sylvie Niombo

[1] http://www.cnls-congobrazza.org/4,1-des-femmes-sont-seropositives-au-Congo_a411.html

http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_minimum_wages_by_country

http://hdrstats.undp.org/fr/countries/country_fact_sheets/cty_fs_COG.html

http://healthdev.net/site/post.php?s=1967

http://www.afdb.org/fr/news-events/article/fapa-technical-assistance-to-provide-training-and-increase-capacity-at-the-banque-congolaise-de-lhabitat-5130/

http://www.afriqueavenir.org/2009/10/09/developper-l-offre-de-logements-sociaux-une-priorite-du-gouvernement-du-congo-brazzaville/

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Au Congo, les femmes sont les plus touchées par le VIH/SIDA, au moins 4,1% des femmes sont séropositives au Congo[1].Les femmes vivant avec le VIH/SIDA sont victimes de discrimination et de stigmatisation quotidiennement, et ce malgré qu’elles ont droit à la santé et aux autres droits auxquels jouissent tous les citoyens congolais.

Elles sont parties perdantes dans un pays où le code de la famille présente des failles dans certaines de ses dispositions, et où la société inflige des sévices moraux et physiques aux femmes veuves. C’est ainsi dire que la situation des femmes veuves séropositives est préoccupante. Le pouvoir d’achat des femmes infectées par le VIH/SIDA assez faible qui ne diffère pas de celui de la moyenne des femmes congolaises est encore réduit en raison de leur vulnérabilité.

Il y a encore très peu d’études ou analyses sur la question logement pour les femmes séropositives au Congo. Cependant, des analyses sur les conséquences psychologiques, socio économiques et politiques du VIH/SIDA ont été déjà faites. Dans cet article, nous allons nous appuyer sur ces analyses pour démontrer comment les femmes séropositives dans les zones urbaines sont aussi touchées par les problèmes de logement et comment cela affecte leur bien-être et santé ainsi que celles de leurs familles.

  • La situation socio économique des femmes séropositives:

Au Congo, on estime qu’il y a au moins le salaire moyen (SMIC) est de 54,000[2] FCFA (US$ 108) par mois dans le secteur formel. Le rapport sur le développement humain de 2009 publié par le PNUD[3] indique que le Congo est parmi les pays dont au moins 74% de la population vit en dessous de 1,000 FCFA (2US$) par jour malgré les revenus pétroliers, le taux de chômage n’est pas connu. La probabilité de ne pas dépasser 40 ans d’âge est de 29%. Les dépenses du Gouvernement sur la santé en pourcentage des dépenses totales du Gouvernement ne dépasse pas 4%, de très loin avec les 15% recommandés par l’Union Africaine[4].

Tous ces facteurs tracent déjà une ligne sombre pour les femmes vivant avec le VIH/SIDA, qui comptent parmi elles les plus pauvres. Celles qui travaillent dans le secteur privé ou public peuvent aussi être inquiétées pour leur statut. Dans le secteur privé, elles sont les plus disposées à perdre leur emploi surtout pour cause de maladies répétées et absence au bureau, avoir moins d’opportunités d’avancement ou de promotion, ou encore pour des licenciements ou mutations abusives où elles peuvent perdre certains avantages financiers et matériels.

Quand la prise en charge sur la santé n’est pas garantie pour les travailleurs dans certaines entreprises et institutions, cela peut aussi réduire les avoirs des femmes séropositives qui voient leurs dépenses de santé augmenter, puisque le traitement des maladies opportunistes n’est pas gratuit.

Beaucoup de femmes séropositives sont dans le secteur informel du petit commerce et parviennent à peine à réaliser des bénéfices d’au moins 100,000 FCFA (200 US$) pour subvenir aux besoins de leurs familles. D’autres sont totalement à la charge de leurs parents, surtout les plus jeunes.

Ainsi pour les raisons avancées ci-haut, la sécurité vue dans le sens d’un logement adéquat à long terme pour les femmes vivant avec le VIH/SIDA est improbable. Car ayant très peu de moyens financiers, elles ne peuvent acheter une parcelle (à partir de 5 millions de FCFA soit 10,000 US$) ni louer une maison avec des conditions acceptables (100,000 FCFA soit 200 US$). Elles sont obligées de louer des petites pièces avec des conditions hygiéniques souvent difficiles (à partir de 30,000 FCFA soit 60 US$). Obtenir une maison à louer est devenue un casse-tête avec la poussée démographique.

Et même lorsqu’elles travaillent, et peuvent avoir une maison, elles sont souvent l’objet de railleries et de stigmatisation. Certaines d’ailleurs ne peuvent pas trouver des maisons à cause de leur sérologie.

Cela devrait probablement intéresser les initiatives existantes qui intègrent la lutte contre le SIDA dans les entreprises (chercher info). Une lueur d’espoir également se dessine avec l’inclusion dans les syndicats des travailleurs une section ou un poste de responsabilités sur le VIH/SIDA, censée entre autres défendre les droits des travailleurs séropositifs.

  • La vie de couple et le veuvage des femmes séropositives:

Des témoignages divers montrent que les femmes séropositives lorsqu’elles sont les premières à faire le test de dépistage dans leurs foyers, elles sont sujettes à des violences psychologiques et parfois même physiques de la part de leurs conjoints. Elles sont accusées d’avoir « emmené la maladie dans le foyer » et parfois chassées avec ou sans leurs enfants du domicile conjugal par leur conjoint ou la belle-famille.

La spoliation des biens des veuves n’est pas étrangère aux femmes congolaises indépendamment de leur statut dans la société. A la mort de leur conjoint, beaucoup de femmes subissent des sévices et peuvent être dépossédées de leurs biens, quel que soit le régime matrimonial sous lequel elles se sont mariées. La peur de la sorcellerie, la peur et l’ignorance des droits sont autant de facteurs qui font que les femmes veuves abandonnent leurs biens, y compris leur domicile. Ce qui les met dans une situation de précarité.

Ajouté à cela qui est commun pour toutes les veuves, les veuves séropositives quand la stigmatisation s’en mêle, elles subissent du chantage ou menaces des beaux-parents qui veulent souvent dévoiler leur statut sérologique et des injures.

  • Le logement précaire et ses implications pour les enfants des femmes séropositives

D’autres femmes séropositives sont stigmatisées par les logeurs et les voisins, et sont obligées de changer continuellement de domicile ou de quartiers. Cela implique pour les enfants qu’ils doivent changer d’écoles et aussi perdre les liens sociaux et amicaux et certains repères qu’ils avaient acquis dans leur précédent quartier. Mais, également, le changement permanent de domicile accroit le stress et cela peut avoir des conséquences psychologiques importantes.

La stigmatisation est telle que certaines femmes vivant avec le VIH/SIDA doivent vivre avec la peur perpétuelle de voir leur statut sérologique dévoilé.

C’est la raison pour laquelle, les actions de prévention du VIH doivent insister également sur la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH.

  • Améliorer le revenu des femmes séropositives pour leur assurer des logements adéquats: est-ce réaliste?

Force est de reconnaitre que les conséquences socio économiques du VIH/SIDA n’ont pas toutes été traitées avec la même priorité. Et parler de logement adéquat pour les femmes vivant avec le VIH/SIDA peut sonner comme moins important par rapport aux efforts de prévention, d’accès au traitement et aux soins qu’il faudrait accélérer. Cependant, si l’on regarde les initiatives existantes visant à améliorer le revenu des femmes séropositives à travers des activités génératrices de revenus, les interventions visent à combler les besoins vitaux minimaux.

Il faudrait une étude approfondie pour voir dans quelle mesure les micro crédits et les appuis pour les activités génératrices de revenus ont permis aux femmes séropositives de satisfaire de façon durable leurs besoins, y compris la stabilité de logement. Car, les montants accordés sans souvent trop petits pour générer de sommes importantes, les conditions d’octroi et le suivi sont le plus souvent difficiles.

  • Les logements sociaux prévus par l’Etat Congolais: une aubaine pour les femmes séropositives?

Les questions de logement relèvent plus du social que des questions juridiques dira t-on, cependant lors que l’Etat prend l’engagement de construire des logements sociaux, il y a lieu d’espérer que les tous les citoyens congolais y aient droit, sans discrimination. Il y a depuis quelques années des initiatives émanant du secteur privé et de l’Etat de construction de logements sociaux pour les populations. Au Congo, la création de la Banque Congolaise de l’Habitat est un projet de partenariat public-privé qui soutien les efforts du Gouvernement dans la promotion de l’utilisation de mécanismes viables et innovants provenant du secteur privé pour le financement de l’immobilier et du secteur du logement.[5]

C’est ainsi que le gou­ver­ne­ment congo­lais a dé­bloqué 53 mil­liards de FCFA (US$ 106 millions) [6]pour construire 400 lo­ge­ments so­ciaux. Une lueur d’espoir ?

Il faudra en tout cas se renseigner sur ce projet, les critères, les conditions et surtout demander comment les femmes séropositives qui sont doublement vulnérables par rapport à leurs pairs, pourront bénéficier des programmes tels que celui -ci. Cela nécessite une action concertée des pouvoirs publics et de la société civile. Les média assurément ont un rôle important à jouer en rendant public la question du logement et du VIH/SIDA.

Sylvie Niombo


[1] http://www.cnls-congobrazza.org/4,1-des-femmes-sont-seropositives-au-Congo_a411.html

[2] http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_minimum_wages_by_country

[3] http://hdrstats.undp.org/fr/countries/country_fact_sheets/cty_fs_COG.html

[4] http://healthdev.net/site/post.php?s=1967

[5] http://www.afdb.org/fr/news-events/article/fapa-technical-assistance-to-provide-training-and-increase-capacity-at-the-banque-congolaise-de-lhabitat-5130/

[6] http://www.afriqueavenir.org/2009/10/09/developper-l-offre-de-logements-sociaux-une-priorite-du-gouvernement-du-congo-brazzaville/

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Arlette Raymonde Bakou is responsible for Multilateral Cooperation at the Ministry for the promotion of women and inclusion of women in development in the Congo. She has been involved in the struggle for the empowerment of women and women’s rights for years, and began blogging this year on women’s rights, with particular emphasis on violence towards women and children in the Congo.

She first gained access to a computer in 1999, but she had already used a typewriter, so she was in a good position to learn about information and communication technologies (ICTs). “I took computer courses for three months and the rest I learnt through curiosity” she explained.

The blog idea came to her through her work writing articles for local newspapers. “I felt that having my own blog would be a thrilling experience,” she explained. Arlette is one of the few female Congolese bloggers who write about violence against women and children. For her the internet is a tool of research and work, and as she so succinctly put it “it is a tool of our times”.

Arlette explains that “my blog posts cover a variety of subjects; I discuss everything from women’s problems to urban planning, environment and issues facing society”.

In her blog, Arlette discusses sexual revolution, sexual politics, sex and morality and premarital sex. For example, her take on sex education in schools is that “It is a good thing in that the lessons teach children about the dangers of free sex, but it also puts temptation in the way of children who previously had a traditional view of sexuality”.

She calls for “the creation of health centres for young people staffed by qualified people, and reviving education programmes on family life in school, local centres and churches. This should be done with the involvement of parents, teachers and local chiefs for the whole community. These programmes would equip young people with the information they need to deal with sexuality later on”.

In her article on sexual harassment, she raises the issue of impunity and says “at the beginning of the school and university year, the same girls who celebrate reaching this milestone will almost certainly live through the ordeal of being harassed by teachers and professors. Sexual harassment in educational circles takes the form of looks, insinuation, proposed meetings, unwanted attention and even sexual assault”.

She ends on the following question: “How do we build a better society when teachers become the executioners of our children? How can we talk about sexual equality when some girls give up their studies because they can’t handle the attentions of a pushy teacher? Who are these men who harass young girls fresh into university or high school, and who forget that these girls are also their daughters, nieces and sisters?”

Turning to the relationship between mothers-in-law and daughters-in-law, which are often very difficult in Congolese society, Arlette roundly criticises the bad behaviour of mothers-in-law. She writes “the mother-in-law is often pushed into a secondary role by the daughter. They become experts at demonising the wife of their brother; but on close examination it becomes clear that these are often women who are unhappy at home and haven’t managed to find a husband”. These situations usually lead to domestic violence.

She also discusses development and in her blog has discussed accelerated urbanisation under the title ‘reflection on the city’, where she also airs her views on work undertaken by Brazzaville council and steps needing to be taken.

Is it easy for a Congolese woman to blog in such a political way? “The main difficulties are often related to technical terms but I usually manage” states Arlette. For the few other Congolese women in the blogosphere, internet access remains a problem because of the cost of acquiring computing equipment and the bad quality of internet connections in internet cafés.

However, in spite of its difficulties, blogging is indispensable. As Arlette puts it “blogging is another form of communication. I know there are people who do not watch television or listen to the radio but are active on the net”. With the arrival of mobile internet, more and more workers have internet access in their homes, so the number of Congolese cybernauts is increasing.

Arlette is clear in her objectives: she emphasises that cybernauts are the ones she is targeting through her blog posts. She adds “I am mainly thinking about young people who need to learn about life from a different perspective”. Also, in the global village, “blogging is a great way to take part in the globalisation phenomenon. This is clear from the messages I receive from Canada and the four corners of the earth through a simple click” she reveals.

To access Arlette Bakou’s blog, go to http://arletteraymonde.unblog.fr

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The Congo, like every other country in the world, celebrates World AIDS Day every year on first of December. Within the framework of the fight against HIV/AIDS, women with disabilities are often affected and infected, but also neglected, by AIDS organizations. It is necessary to intervene so that these women are not further marginalized. They should have the same opportunities to fiercely fight against HIV/AIDS.

They require access to information on HIV/AIDS prevention and treatment. In the Congo, not enough is being done to satisfy the real needs of HIV positive women in rural areas and those with disabilities.

To live with a disability does not mean to be sexually inactive

Women with disabilities are exposed to the HIV virus. They are often characterized as living in a world apart, not valued in general society, and are the victims of isolationism and discrimination. If they are infected with HIV/AIDS, their HIV status causes even greater discrimination.

In the Congo, there is a lack of commitment to this vulnerable group - an oversight which leads directly to the propagation of HIV/AIDS.

Women with disabilities are not incapable of contracting AIDS. A woman with a disability can maintain a healthy sexual relationship. She may, however, also be more vulnerable to acts of sexual violence. All women with disabilities have the right to be informed about HIV/AIDS and, further more, our constitution grants the right to health for all citizens. Why then exclude women with disabilities from the major programmesin the fight against AIDS? Faced with being forgotten, these women must actively involve themselves and claimtheir rights.

In search of security they become more vulnerable.

Among these women with disabilities, there are some who are deaf, mute, blind, physically impaired, and albino who require professional care.

Often, their own families abuse them. Instead of protecting these women, their families throw them to the streets, where they are the victims of physical, sexual, psychological and economic violence. These women may also develop a dependence on drugs and alcohol - substances that frequently lead to unprotected sexual relations.

Ignorant of their rights, they are left defenseless.

The majority of women with disabilities in the Congo, especially those living in rural communities, do not know their rights. Only a few have received any education or become members of AIDS associations. The women feel that they are always being manipulated and so they prefer to remain silent.

Having realized this, Georgette Medja, from the ‘Association Handicap sans Frontières’, has become one of the civil society leaders fighting for the rights of women with disabilities. She affirms that, ” women with disabilities living with HIV/AIDS must recognize that they have a right to health and wellness, to communication, to the same care and treatment as all women.”

There are systems in place to free these women from their struggles, but the women haven’t taken advantage, either because they don’t know where to go or because they are too afraid.

A Call to all AIDS Organizations

It’s not unusual to encounter certain women in search of information who will confide in someone at an AIDS organisation.

This thirst for information on HIV/AIDS on the part of women with disabilities must be quenched. State organizations and the organisationscooperating in the fight against AIDS are equally responsible to provide the necessary services. Sylvie Niombo, the executive director of AZUR Development, who actively advocates for the rights of humans with HIV/AIDS, said “the fight against AIDS is doubtlessly directed first at those social groups which are most vulnerable. However, HIV/AIDS is not selective in choosing its victims. Resources must be allocated to fight HIV/AIDS as it effects women with disabilities.”

Unfortunately, organizations wishing to work on HIV/AIDS with women with disabilities have experienced difficulty securing local and reliable financing.

These women need moral, psychological, and financial support. For the blind, mute, and deaf, appropriate interpreters are needed to explain certain facts and to keep the women abreast of their current situation. World AIDS Day should be an opportunity for women with disabilities to express themselves and to advocate for greater actions in their favor. Because HIV/AIDS affects us all us.

Blandine Louzolo

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De nos jours, au Togo, avec l’émergence de plusieurs moyens de communication, surtout dans le domaine des médias, les jeunes filles et garçons sont informés des sujets jadis tabous et se posent des questions. Il devient ainsi nécessaire de trouver des opportunités pouvant apportées une réponse aux problèmes des jeunes et des adolescents, en particulier dans le domaine de la prévention aux IST et VIH/Sida. D’où l’importance de la promotion de l’abstinence sexuelle au sein de cette tranche d’âge.

Les jeunes  filles et garçons s’abstiennent- ou pas ?

Selon le Familial Health International, l’abstinence sexuelle constitue la méthode de protection la plus efficace contre les grossesses, l’infection à VIH et à d’autres IST. L’abstinence sexuelle est souvent considérée comme l’apanage des jeunes ; elle peut tout aussi servir aux adultes. Elle offre aux adolescents, en particulier, un certain nombre d’avantages parce qu’elle ne nécessite ni fourniture de service ni visite dans un dispensaire. En revanche, elle suppose un niveau élevé d’appui social de la part de la communauté et l’acquisition de compétences spécifiques, avec un degré élevé de motivation, de maîtrise de soi et de communication.

Selon une enquête menée en novembre 2009 par l’association AV-Jeunes auprès des jeunes et adolescents de 12 à 23 ans, l’âge du premier rapport sexuel est de 19 ans pour les filles et 20 ans pour les garçons, selon les jeunes. 30% de garçons contre 15% de filles estiment que l’abstinence sexuelle concerne les jeunes dont l’âge est compris entre 9 et 18 ans. 22% de garçons contre 7% de filles estiment que cela concerne les jeunes de 9-20 ans. Par contre, 53% de filles contre 20% de garçons optent plutôt pour l’abstinence jusqu’au mariage.

« Miss vierges » pour promouvoir l’abstinence sexuelle chez les jeunes filles

La promotion de l’abstinence sexuelle en matière de la prévention du VIH dans la population jeune prend progressivement de l’ampleur au Togo ; conséquence de la diffusion des spots publicitaires, l’organisation des causeries éducatives et des activités ciblant directement les jeunes filles vierges. En avril 2009, un concours national de promotion de l’abstinence sexuelle dénommé « Miss Vierges » fut organisé par l’association AV-Jeunes en vue de récompenser les filles vierges de 16 à 25 ans. Ce concours avait pour but de promouvoir l’abstinence sexuelle jusqu’au mariage chez les jeunes et les adolescentes en vue de contribuer à la valorisation de certaines pratiques socioculturelles pouvant freiner la transmission du VIH pour une riposte optimale et la réduction de vulnérabilité de la jeune fille face au VIH. Au total, 123 filles vierges de 16 à 25 ans de toutes les régions du pays ont été enregistrées et 10 filles ont été nominées « Ambassadrices de la virginité au Togo ».

Les raisons pour lesquelles les jeunes s’abstiennent des rapports sexuels

L’enquête menée auprès des jeunes filles et garçons vierges a permis de faire le constat suivant : 60% des jeunes déclarent que le choix de l’abstinence sexuelle est un choix personnel, tandis que 40% affirment que c’est du fait de l’éducation familiale et de l’exigence religieuse.

« J’ai choisi l’abstinence sexuelle parce que mes parents me disaient toujours que mon corps constitue le temple du saint esprit et que c’est le plus beau cadeau que je puisse offrir à mon mari », déclara Viviane, lauréate du concours Miss Vierges 2009 âgée de 19 ans.

Laure, 25 ans, étudiante en 2ème année d’Espagnole quant à elle confie : « l’éducation que j’ai reçue auprès de mes parents a été très rigoureuse ; au début, je pensais que c’est difficile. Mais après tout j’ai finir par comprendre que c’est une bonne chose. Ainsi, j’ai choisi l’abstinence sexuelle pour faire honneur à mes parents et bien réussir dans mes études ».

Les pressions de l’entourage sur l’abstinence

Les jeunes affirment qu’ils résistent aux pressions de leurs pairs ou de l’entourage en les ignorant ou en évitant de fréquenter des groupes à risques.

Selon la perception de certains jeunes, l’état de virginité d’une fille ou de la chasteté d’un garçon (sans rapport sexuel à un certain âge de l’adolescence ou de la jeunesse) est une maladie. Cette conception de la vision de l’abstinence sexuelle jusqu’au mariage amène certains adolescents et jeunes à adopter des attitudes de honte dans leur entourage. 23% de jeunes filles contre 51% de garçons affirment avoir subir des pressions de leurs pairs sur leur état de virginité. Ce pendant, 55% de garçons sur 37% de filles déclarent avoir du mal à discuter des questions liées à la sexualité en groupe et/ou avec leurs parents.

Le rôle des acteurs de lutte contre le SIDA dans la promotion de l’abstinence sexuelle

L’enquête menée auprès des jeunes souligne également les recommandations des jeunes envers les acteurs impliqués dans la lutte contre le VIH. La promotion de l’abstinence sexuelle doit être une priorité pour les acteurs. « Certes la promotion des préservatifs contribuent à la réduction de la transmission du VIH, mais elle ne nous encourage pas à nous abstenir des rapports sexuels », déclaration d’un jeune enquêté.

D’immenses efforts restent donc à fournir dans le pays, où jusqu’à présent, l’enseignement sur le VIH n’a pas été considéré comme une priorité, malgré l’élaboration des documents sur l’enseignement du VIH.

Le chantier est vaste. C’est seulement en promouvant l’éducation sexuelle chez les jeunes filles et garçons qu’un résultat efficace peut être atteint. Arriver à contribuer au changement de comportement des jeunes et adolescents au Togo n’est certes pas facile. Mais elle peut devenir une réalité si les autorités jouent et remplissent leur rôle de leadership.

Le report autant que possible du premier rapport sexuel est le seul moyen et le plus sûr d’éviter les grossesses précoces, les IST et l’abandon précoces des études. Ainsi, c’est aux jeunes filles et garçons de décider, si elles ou ils préfèrent prendre leur destiné en main ou attendre qu’il soit trop tard.

Rodrigue Akolly

AV-Jeunes

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En  marge de la célébration de la Journée Mondiale  de lutte contre   Sida 2009,  Initiative Locale pour le Développement Intégré (ILDI)  en partenariat avec   le Réseau Sida Afrique (RSA) et Sida Actions  (SACROI)  ont organisé  des  activités de sensibilisation  sur les droits des personnes vivants avec le VIH/SIDA   dans les  communes de  Maluku et Nsele , le 28 et 29 novembre 2009  avec l’appui de la Fondation Nationale pour la Démocratie , NED. Au cours de ces deux journées , quatre organisations des personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les communes de Nsele et Maluku ont pris part à savoir : Bon Samaritain (BS), Clubs des Parent et Amis des PVV (CPAP), Solidarité à la Vie Positive (SOVI) et LIPS. Au total 91 personnes ont pris dont 20 PVV. à la première activité qui s’est déroulée au Bar Paulino de Maluku, trois PVV ont joué respectivement les rôles de modérateur, animateur de la tranche distribution des préservatifs et sensibilisation de la population sur les moyens de prévention du VIH et la dernière a joué le rôle d’ une prostituée dans la pièce de théâtre.

La journée de samedi 28 novembre a connu trois forts à savoir : les moyens de prévention du VIH/SIDA Delphine Bongeli et Dieudonné Shungu Ndjate, l’état des lieux de la pandémie du VIH/SIDA en RDC par Mr Jean Marie Bolika et enfin suivi par l’exposé sur la loi protégeant les PVV par Me Alphonse Longbango.

Au cours de cette activité qui a connu  une participation significative des PVV venus des quartiers Bita,  Inkene  à Maluku , la problématique de la vulgarisation de la loi n° 08/011 du 14 juillet 2008 portant protection des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA et des personnes affectées a été évoquée. Cette nouvelle loi connaît quelques faiblesses entre autres, l’absence des textes d’application, et la criminalisation de la transmission du VIH (art.45). Parmi les autres faits relevés par les PVV et les autres participants, il y a lieu de noter  dans cette partie de la ville de Kinshasa que :

1. Les PVVih sont stigmatisées à cause de leur statut sérologique : un grand nombre des PVV évitent d’être pris en charge à la formation sanitaire de l’Armée car une fois connue par la communauté, elles sont indexées comme étant les prostituées qui ont sacrifié leur vie pour les besoins charnels.

2. L’ignorance de la loi : depuis le 14 juillet 2008, le gouvernement congolais  s’est doté d’une loi protégeant les PVV,  cette loi souffre des mesures d’application et  n’est pas vulgarisée au sein de la population ; ce qui rend difficile  la promotion des droits de cette couche de la population  qui  a des droits entre autres, l’accès au travail, à l’éducation, au traitement  santé, au dépistage  et   à la confidentialité des résultats, etc.

3. Distribution des  préservatifs : les participants à  la séance de sensibilisation  ont  lancé un appel aux acteurs de la société civile engagés dans la lutte contre le sida de bien vouloir plaider auprès du gouvernement congolais en vue  d’approvisionner régulièrement les zones de santé  de Maluku I & II en préservatifs et élargir la couverture dans les  quartiers Kingakati,Mbakana,Bita, Menkao,Kaho,Nguwo,  Kimpeti, etc. pour permettre à la  population de les utiliser pendant les rapports sexuels. l’usage  des « sachets plastiques »  à été démontré par eux comme une alternative pour se protéger contre le VIH/SIDA en l’absence du préservatif.

Au cours de la seconde journée (dimanche 29 novembre 2009) dans les quartiers pêcheurs et Kinkole dans la commune voisine de la Nsele, le même constat a été fait par les 25 participants qui ont prié les organisateurs à renforcer leurs capacités en législation protégeant les PVV.

En présence du chef de service de Développement Communautaire et représentant du Bourgmestre de la commune de Maluku, les participants ont formulé leurs vœux de voire les autorités locales plaidées auprès des décideurs pour que les auteurs de discrimination soient poursuivis conformément à la loi. Les organisateurs ont décidé de contacter les instances du Programme National de Lutte contre le VIH/SIDA et les partenaires engagés à accompagner le gouvernement dans la lutte contre cette pandémie. Le rapport de cette campagne sera adressé au groupe de travail droits

de l’homme et VIH/SIDA pour envisager d’autres solutions spécifiques.

Kinshasa, 01 décembre 2009

Jean Marie Bolika, ILDI

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La prostitution, considérée comme le plus vieux métier du monde est une profession libérale exercée par bon nombre des filles et des femmes dont l’âge varie très souvent entre 13ans et 42ans, qui trouvent par là l’occasion de gagner d’une manière ou d’une autre leur vie ; comme tout individu qui peut être libre de choisir tel ou tel travail ou métier en fonction des avantages ou bénéfices qu’il pense tirer dans celui-ci.

Ce métier, de par sa définition ; nous permet de dire qu’il n’a pas de limite ou de frontière puisqu’il est le plus vieux de tous les métiers ; et donc se pratique dans presque tous les pays du monde.

Dans certains pays, ce métier est réglementé par des lois et des textes juridico-législatifs, question de pouvoir lui donner un sens professionnel et de respecter le choix de celles qui l’ont choisi comme activité à revenu journalier ou mensuel. Qui sait peut –être que dans ces pays, ce métier, en le rendant officiel, désormais il pourra générer des bénéfices à ces états à travers des taxes des impôts que l’état pourra infliger aux travailleurs du dit secteur ; car considéré comme une activité à caractère commerciale.

A Pointe-Noire au Congo/Brazzaville, les travailleuses ou professionnelles du sexe sont répandus dans plusieurs quartiers de la ville en des lieux et zones précis. Ce qui explique la catégorisation des travailleuses du sexe en fonction des lieux et conditions où on les retrouve. Ce métier qui longtemps était considéré comme un métier de la honte, vu notre culture et l’influence de la religion était surtout réservé aux filles et femmes ressortissantes de la RDC qui ne venaient ici que pour l’exercer à caractère commercial, mais de nos jours, il a atteint des proportions très élevées à Pointe-Noire depuis les conflits socio-politiques (guerre civile) qu’a connu le Congo entre 1993 et 2002. Ces conflits qui ont occasionné des déplacements multiples des populations dans tout le Congo, constituent l’un des facteurs important de la croissance de la prostitution chez les filles basées à Pointe-noire.

En écoutant quelques filles qui travaillent dans ce secteur, on peut retenir qu’elles ne sont pas nombreuses à avoir choisi la prostitution comme métier ou profession afin qu’elles soient appelés professionnelles ou travailleuses du sexe comme on les qualifie ; mais plutôt en fonction de plusieurs raisons surtout liées à la pauvreté, aux charges, aux malentendus entre elles et les parents, à l’oisiveté et au manque de boulot ou de niveau intellectuel; ces filles pratiquent ce métier comme un véritable palliatif. Elles sont prêtes d’arrêter cette profession dés qu’une autre voie peut s’ouvrir à elles.

Nombreuses parmi les ex-travailleuses du sexe qui ont fini par arrêter soit parce qu’elle ont trouvé mieux ailleurs ou soit par le poids de l’âge, des grands enfants et des maladies. Elles sont devenus des véritables conseillères aujourd’hui pour demander à celles qui sont encore dans ce métier ou celles qui veulent ou viennent de se lancer de pouvoir arrêter. Il faut arrêter plus tôt car les conséquences sont nombreuses disent-elles ; vous êtes appelé à devenir des femmes au mariage et des mamans pourquoi pas.

D’autres par contre nous font état bien entendu de leur volonté de faire de la prostitution une profession, car elles ont jugé cela comme principale activité de revenu. Suivez les impressions de Francine, une prostituée rencontrée en plein service « Je mange et je règle toutes mes situations sociales à base de ça ; je viens de m’acheter une parcelle avec, et comment ne pas l’appeler profession dés lors qu’elle me génère des bénéfices comme d’autres métiers. Je me moque parfois de certains hommes et femmes qui travaillent dans un autre secteur toute la journée sans parfois gagner 5000F CFA par jour ; il est important de bien faire le choix de son métier. Le mien ne me prend pas toute la journée, mais me génère assez des bénéfices, quoi que parfois ça ne marche pas comme nous le souhaitons ».

Il faut reconnaître que la pauvreté constitue une véritable cause de motivation de ces filles vers le travail du sexe, car nombreuses sont les filles qui vivent dans des conditions très misérables dans leurs foyers respectifs et ne supportent pas cela comme étant parfois une période de la vie qui peut changer. Elles choisissent la prostitution comme un moyen, pour trouver le minimum pour assurer leur vie. Certains de leurs clients disent que ces filles transportent sur elles des magasins que peut leur générer des bénéfices. Ces filles ne sont pas parfois connues dans leurs milieux respectifs comme des travailleuses du sexe car, elles ne travaillent que la nuit et souvent loin de leurs lieux d’habitation. Elles sont âgées entre 13ans et 30ans. En écoutant l’une d’elles ; 10.000f CFA reste très souvent le plus grand montant plus sollicité avoir par nuit. Cela va de paire avec les milieux où elles travaillent, le montant varie entre 1000 F CFA et 3000F CFA par passe dans des zones plus reculées et de 5000Fcfa à 10.000Fcfa au centre ville, mais parfois elles vont jusqu’à 1000F CFA si l’heure de se retirer du milieu arrive sans pour autant qu’elle ait reçu une proposition plus concrètes.

Il existe plusieurs formes des prostituées, en fonction de leurs lieux de service, de leurs beautés, du niveau intellectuel, des raisons pour lesquelles on en fait partie et des partenaires qui côtoient ces filles. Nous pouvons par exemple vous dire qu’il existe à Pointe-Noire des lieux de travail où, les filles qui peuvent y travailler doivent être âgées que de 13 à 16ans ; pas plus pas moins. Et d’autres où le niveau intellectuel reste le critère de sélection.

Mais ces filles dans l’exercice de leur métier ne rencontre pas seulement que des roses, car elles sont très souvent confrontées aux problèmes de violation flagrante de leurs droits humains. Elles sont véritablement marginalisées dans l’exercice de leur métier.

Ces filles ne peuvent pas exercer librement leur métier car, il n’est pas du tout bien vu par l’entourage qui pense que ce métier constitue jusqu’à preuve de contraire une dépravation des mœurs et un métier de la honte. Ce qui crée des frustrations énormes chez ces filles dés que les parents et l’entourage sont officiellement informés de leur statut. Elle ne bénéficie pas le droit de vivre dans un environnement sain et propre et ne sont pas libre dans l’exercice de leur métier.

Elles font l’objet de discrimination et de stigmatisation dans la société ; pas de droit à la vie privée. Quoi que moralement et psychologiquement elles touchées ; mais il n’y a pas que ça. Le pire encore c’est que, ces filles mangent véritablement à la sueur de leur front comme on le dit souvent. Utilisés comme des instruments de plaisir par leurs clients, ces travailleuses du sexe subissent parfois des exactions terribles de la part des hommes qui les fréquentent. Elles sont nombreuses à avoir été battu par leurs clients si celles-ci n’arrivent pas à faire leur volonté. Les hommes se disent qu’après avoir payé l’argent, la fille doit être à mesure de supporter toutes les formes d’exploitation sexuelle que l’homme voudra en faire.

Beaucoup des filles nous ont expliqué qu’elles sont parfois surprises de constater la présence de plusieurs hommes lors des rapports sexuels alors qu’elles ont été contactées et payées pour servir un homme seulement. Ce qui fait que désormais ces travailleuses du sexe n’acceptent plus sortir du cadre de travail auquel elle se trouve, puisqu’elle juge ce lieu comme légal et plus sécurisant par la présence des gardes qui travaillent en complicité avec elles. Elles sont également nombreuses à être exploitées sans parfois être payées par leurs clients qui les menacent très souvent en retour.

Les violences leur surgissent également lorsque la police organise des opérations de déguerpissement c’est-à-dire que ; la police connaissant leurs lieux de service (qui sont souvent des bars dancing, des boites de nuit, des restaurant, des hôtels,…) passe les chasser. Certaines d’entre elles sont conduites dans des commissariats pour être rançonnées, battues et violées par ces policiers qui ne lancent aucune procédure judiciaire à leur égard. Elles sont parfois accusées d’être des trafiquantes ou complice trafiquants des drogues, surtout pour celles qui ont choisi pour clients, les expatriés.

Dans les commissariats, ces filles ont du mal à porter plainte quand elles ont été violentées ou exploitées par des clients véreux. Car dans ces commissariats, on trouve leur exploitation comme normale.

A l’hôpital, ces filles ne bénéficient pas des mêmes traitements si l’on découvre qu’elles sont travailleuses du sexe, surtout concernant les maladies sexuellement transmissibles comme le VIH/Sida. Lors des accouchements ces filles font l’objet de beaucoup de discrimination, elles sont craintes totalement. Lors des contacts sexuels, nombreuses sont des filles qui ont du mal à négocier l’utilisation d’un préservatif, car subissant l’influence de leurs clients qui souvent double la mise et les oblige aux rapports sexuels sans préservatifs.

Nous pouvons dire de façon spécifique que, comme toutes les autres femmes, les travailleuses du sexe subissent pratiquement les mêmes cas de violences. Le manque de connaissances de leurs droits humains oblige ces femmes à accepter parfois certaines formes de violences comme normales ou naturelles, surtout que travaillant dans ce secteur considéré de la honte. Les travailleuses de sexe se culpabilisent chaque fois qu’elles sont victime d’une violence dans l’exercice de leur métier, ce qui crée la peur et la douleur au cœur. Elles ont du mal bien entendu à se défendre et surtout défendre leurs droits. Comme nous venons de le signaler plus haut ; le fait que ce métier ne soit pas officiellement légalisé dans notre pays, la lutte contre les violences à l’égard des travailleuses du sexe constitue une autre forme de lutte parce que ce métier est tabou.

En conclusion, l’avancée significative de la croissance de la prostitution dans notre ville qui a atteint un niveau très élevé depuis quelques années ; occasionnant la dépravation des mœurs, le taux très élevé des cas du sida chez les jeunes filles doit tous à quelque niveau que ce soit nous interpeller. Faut-il réglementer ce métier en lui donnant un statut officiel ou il serait important de continuer à conscientiser les filles afin d’abandonner ce métier et adopter un comportement sexuel responsable ? la question reste posée car dés lors que certaines personnes qui prennent des décisions en la matière ne sont pas parfois directement inquiétées par la question ou sinon parfois, utilisent ces mêmes femmes quand il s’agit de se défouler disent –elles.

En plus l’absence des lois spécifiques à la question de la prostitution et des violences à l’égard des femmes entrave la mise en application des droits des professionnelles du sexe.

Herman Malanda

CJESS

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Depuis la découverte du 1er cas de sida au Togo en 1980, les efforts ont été consacrés. Pourtant le sida continu normalement son parcours. Avec des milliers de décès, veuves, veufs, d’orphelins. Les enfants et les femmes sont plus vulnérables.

Aucune famille n’est à l’abri de cette pandémie qui occupe les pensées du monde entier. Chercheurs, médecins, les hommes politiques, les gouvernements, la société civile, les ONG et associations qui militent dans ce sens.

Après se long parcours et efforts consacrés, beaucoup reste à faire. Si l’on identifie la stigmatisation et la discrimination qui sont encore récurrentes bien en milieu urbain qu’en milieu rural, alors nous devons dénoncer publiquement ces cas de violations. Pour y parvenir, nous devons mettre au centre des activités, les personnes vivant avec le VIH/SIDA, comme le recommande souvent certains partenaires. Arriver à démystifier cette maladie et lui donner un visage humain comme toutes autres maladies.

S’il est bien que le VIH tue, la stigmatisation et la discrimination tuent plus le sida. C’est pourquoi nous acteurs de la société civile nous devons plus dans la promotion des droits des PVVIH.

Au Togo, bien que la loi portant protection des personnes vivant avec le VIH/SIDA a été votée et promulguée en 2005. Cette loi n’a jamais connu son décret d’application avant d’être amandée. Le Togo ne fait pas exception à la violation des droits des PVVIH.

Les cas de stigmatisation et de discrimination ont été recensés comme : le refus de soigner les PVVIH dans les formations sanitaires, le rejet des femmes PVVIH par la belle famille après le décès de son époux, le refus d’octroi de prêt au PVVIH, le retrait des biens du défunt par sa famille à la veuve, et les licenciements abusifs.

Il faudrait se rendre à l’évidence que les droits des personnes séropositives sont violés sans que celles-ci n’aient les moyens de se défendre.

En anticipation de la Journée Mondiale Sida de cette année, M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, a annoncé le thème année : ‘Accès universel et droits de la personne’. Ce thème a été choisi car il est fondamentalement nécessaire de protéger les droits de la personne et de réaliser un accès pour tous aux services de prévention, de traitement, de soins et d’appui en rapport avec le VIH. Pour marque la 22ème Journée Mondiale contre le Sida AST grâce au projet régional de plaidoyer pour les droits des PVVIH organise une série d’activité :

En partenariat avec Femme Plus du Togo une Journée de plaidoyer pour les droits des PVVIH au siège de Femme Plus d’Agoè. L’objectif de cette journée est de faire la promotion des droits des PVVIH au sein cette communauté d’Agoè encore hostile aux PVVIH.

En partenariat avec Av-Jeune un méga concert des Artistes de la chanson togolaise à Avépozo. L’objectif c’est la conscientisation de la population à travers les chansons.

Des journées culturelles sans sida à Afanoukopé. L’objectif est la conscientisation de cette communauté par les manifestations socioculturelles et la promotion des droits des PVVIH.

Des pourparlers pour l’activation des cellules d’écoute au niveau de trois entreprises. L’objectif la promotion des droits des PVVIH en milieu professionnel.

« Ensemble luttons contre le VIH/SIDA en disant non à la stigmatisation et à la discrimination d’une PVVIH dans nos communautés ».

Raphael Assou-Alipoe

AST du Togo

La prostitution est qualifiée de plus vieux métier au monde. Au Burkina Faso, bien que ce phénomène soit reconnu séculaire, l’on situe la généralisation du phénomène dans les années 1930-1940 avec les regroupements militaires à Ouagadougou[1]. Depuis ses années le phénomène s’est propagé sur tout le territoire burkinabè. Au fil des ans, les chercheurs appréhendent mieux le phénomène. Dans les activités que le monde communautaire mène depuis quelques années, les travailleuses du sexe sont considérées comme des partenaires incontournables dans le combat contre la pandémie du VIH SIDA. Quels liens entre VIH SIDA et travailleuses du sexe (TS) ? Nous appréhenderons cette problématique sous l’angle des violences auxquelles sont confrontées les travailleuses de sexe au Burkina Faso.

De la situation des travailleuses de sexe au Burkina Faso.

Au Burkina Faso, les formes de prostitution sont extrêmement variées : les locatrices de maisons closes ou femmes sur tabouret, les trotteuses (femmes qui font des allées et venues sur des axes bien déterminés à la recherche de clients) et les racoleuses (catégorie de femmes qui sillonnent les alentours de grands bars, maquis, chambres de passe et d’hôtels pour intercepter les clients). On observe un développement fulgurant du phénomène dans les provinces[2].


Essentiellement clandestine pour les burkinabè, la prostitution mobilise des jeunes filles issues des milieux pauvres, modestes comme aisés, des jeunes adolescentes comme des filles d’âge mur.

Les travailleuses du sexe et leurs clients constituent un noyau important de la propagation de l’infection à VIH. Une étude réalisée en 2001 au près des prostituées à Ouagadougou et Bobo Dioulasso au près de celles-ci a montré des prévalences respectives de 59,2% et 57,7%. En 2005, la même étude réalisée à Ouagadougou par le Projet PAP-SIDA a estimé la prévalence à 16%. En réalité la situation de la prostitution au Burkina est très difficile et complexe pour un certains nombres de raisons. En même temps nous constatons quelques facteurs d’interaction VIH/prostitution nous en relevons des aspects qui témoigne de la complexité de son appréhension :

- Le fondement socio-économique de la prostitution est très peu pris en compte par le public et les décideurs qui cherchent à combattre le phénomène.

- Sur le plan juridique, la prostitution n’est pas interdite en tant que tel mais elle est tolérée sauf que le racolage est formellement condamné et la mise en œuvre de cette disposition n’est pas exempt de certaines dérives

- L’absence de décret d’application de l’article 73 du code de santé publique de 1994 relatif au suivit médical des personnes pratiquant la prostitution ;

- L’insuffisance du suivi médical des Travailleuses du Sexe

- La clandestinité de l’exercice de la prostitution

- La très grande mobilité intra et interurbaine des TS

- La non maitrise de l’effectif des groupes cibles des environnement de la prostitution[3]

- Le rajeunissement de l’exercice du travail, avec des réseaux entretenus par des proxénètes

Des problèmes de violences qu’elles vivent

- une violence généralisée

« D’un côté, des jeunes filles désemparées et soumises à une violente servitude, de l’autre des clients et des protecteurs qui ne voient pas plus loin que leur plaisir irrépressible et leur soif d’argent » ainsi peut-on caricaturer la situation de violence que vivent les TS au Burkina Faso.

Des souffrances confirmées par une étude scientifique conduite en 2006 sur les pratiques à risques et VIH/SIDA chez les prostituées. “Dans l’exercice de leur métier, 41% des femmes interrogées déclaraient avoir été violées au moins une fois par un client”, révèle le Pr Arouna Ouédraogo du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo.[4]

Parmi les travailleuses elles ne sont pas épargnées par les situations de violence : les prostituées assises devant leur porte (« sur tabouret ») (1), les prostituées sur le trottoir (« trotteuses ») , les prostituées en boîte de nuit (« échassières ») , les serveuses de bar, les femmes de cabaret traditionnel (« dolotières ») ,les vendeuses de fruits et légumes et les lycéennes. [5]

- Les formes de la violence

Il est un constat unanime que les facteurs socioéconomique voire historique sont non seulement source de la précarité mais aussi de la vulnérabilité des travailleuses du sexe. Au-delà , ces mêmes facteurs sont souvent source de violence à des échelles parfois importantes. Au Burkina faso, l’expérience du monde associatif avec les TS a permis de repérer les formes de violences (physiques, judicaires, accès à la santé) à l’encontre des TS.

- Violences entre elles :

Dans la vie des travailleuses de sexe, la promiscuité, la concurrence entre filles pour fidéliser les clients occasionnent des querelles et bagarres aboutissant sur des agressions physiques entre elles. Ces bagarres sont souvent à l’origine de la migration de certaines travailleuses du sexe.

- Entre TS et leurs copains :

Le milieu des travailleuses du sexe est marqué par des rapports ambigus entre elles et leurs copains (clients devenus des petits amis, souvent ses clients font partie intégrante de la chaine du proxénétisme). Ce qui n’est pas sans risques de violences qu’on peut qualifier de « conjugales ».

- Entre elles et les gérants de sites

Il s’agit pour ce point de la violence qui caractérise les rapports entre filles et proxénètes. La répartition des fruits de leur travail, l’exploitation par les proxénètes et l’exigence accrue des bénéfices chez les exploitants de sites font le lit de cette forme de violence.

- Violences avec les forces de l’ordre :

Comme nous l’avons vu plus haut, le racolage est formellement condamné au Burkina Faso. Dans la répression des forces de l’ordre , nous avons souvent été prise avec des abus de la part des policiers (chantage, arbitraire…).

Certaines d’entre elles éprouvent des difficultés d’accès au service de santé du fait de l’insuffisance de centre de santé spécifique adaptés aux besoins des TS sur l’ensemble des villes ou elles exercent.

Les réponses apportées par les différents intervenants :

Face à ses différentes manifestations de la violence à l’égard des travailleuses de sexe, le monde communautaire mais aussi les pouvoirs publics ne sont pas resté muets. Ainsi des actions ont-elles été entreprises au Burkina Faso afin de résorber ces violences. Ces actions partent du constat que : (i) les femmes sont plus exposées aux IST/VIH/SIDA par rapport aux hommes tant d’un point de vue économique, biologique que socioculturel ; (ii) parmi les femmes, les TS sont encore plus vulnérables ; (iii) les TS fréquentent très faiblement les centres de santé ; (iv) la complexité de l’environnement prostitutionnel (avec un système qui intègre aussi bien les travailleuses du sexe, que leurs clients, leurs petits amis, les proxénètes).

Les actions entreprises :

- le projet PAP SIDA 3 en appui à des districts sanitaires pour la mise en marge des IST et aux associations de lutte contre le sida pour la mobilisation des groupes vulnérables dans les villes de Ouagadougou, Ouargaye, Banfora, Niangoloko, Pouytenga ;

- le centre MURAZ à Bobo Dioulasso dont les actions sont orientées vers une cohorte de prostituées dans le cadre du projet YELERON

- l’ONG MEDICOS DEL MUNDO de l’Espagne à travers des interventions dans les villes de Ouagadougou , Pô et Banfora

- L’AFAFSI en collaboration avec le PSI et UNFPA, qui mène des activités de sensibilisation, prise en charge des IST/VIH/SIDA et fait la promotion des activités génératrices de revenus dans les villes de Ouagadougou, Kantchari, Bittou et kaya.

- Le SP CNLS IST à travers les Programme d’Appui au Programme national Multi sectoriel de lutte contre le Sida dans différentes région avec la sous-traitance de PPA-SIDA.

- SOS JEUNESSE ET DEFIS à développer des actons de prévention de l’infection à VIH en direction de ce public cible particulier. Egalement, SOS/JD à développer une stratégie de prise des TS infectées et affectées par le VIH. Des actions de d’intégrations de paquet d’activité sur la santé sexuelle et reproductive ont été intégrer dans l’offre de service aux TS.

Quoi que ces actions existent et permettent une réponse, il faut noter également certaines actions et dispositions clé, favorables : la prise en compte de cette cible comme vulnérable dans le cadre stratégique de lutte contre les IST/VIH/SIDA au Burkina Faso 2006-2010. L’élaboration et la mise en place de guide d’intervention dans le milieu TS et bien d’autres outils en partenariat avec le ministère de santé Burkinabé pour faciliter l’intervention dans le milieu prostitutionnel. Enfin, il ya un très fort engagement des acteurs de la société civile dans les activités des sensibilisations vers les TS et leurs clients.

Recommandations

Nous considérons que cette violence n’est pas une fatalité; ce n’est pas ” les risques du métier “, ce n’est pas une des formes de plus de la violence urbaine, et, si c’est une des expressions des violences faites aux femmes, il importe de resituer cette violence dans son contexte global. Les personnes prostituées et les femmes en particulier sont les cibles de diverses formes de violence; la domination masculine en est une, majeure, mais elle ne s’exprime pas seulement dans la rue ou au travers des clients ou des proxénètes, elle est aussi le résultat d’un dispositif de contrôle de l’autonomie des femmes, par les normes et les valeurs dominantes (Pheterson, 01). Ce dispositif trouve son expression dans la loi, les politiques publiques et les coutumes.

Notre proximité avec les personnes prostituées dans leur vie quotidienne nous a permis de faire des liens entre leur vécu et les théories sur les violences. Aussi au terme de cette réflexion nous proposons : le renforcement des actions de préventions vers cette cible et également la mise en place d’un cadre de concertation au niveau national entre les acteurs intervenant dans le milieu prostitutionnel en partenariat avec l’Etat Burkinabé et les partenaires au développement et les TS elles même.

Célestin Compaoré

Coordonnateur SOS Jeunesse et Défis


[1] Enquête de RAMATA SORE, N° 165 de l’Evénement «  L’envers et le décor du ” business-sexe ” à Ouagadougou »

[2] Prostitution au Burkina Faso : Une cartographie des sites pour mieux combattre le fléau
Article paru dans SIDWAYA, Ismaël BICABA , Mardi 9 octobre 2007.

[3] Contradiction par exemple entre chiffres. Ex : Le PAP SIDA annonce 2000 TS affichées pour la ville de Ouagadougou alors que la brigade des mœurs estime leur nombre à 5000

[4] Enquête de RAMATA SORE, N° 165 de l’Evénement «  L’envers et le décor du ” business-sexe ” à Ouagadougou »

[5] Revue d’Epidémiologie et de Santé Publique, Vol 50, N° SUP 4 - octobre 2002

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