Zéro discrimination. Contribuer à la réalisation de cet objectif est un engagement que 11 associations de femmes séropositives ont pris au Cameroun, Centrafrique, Congo, RDC et Togo. En effet, en Novembre 2011, dix huit femmes vivant avec le VIH/SIDA au Togo, portent plainte contre le personnel soignant du centre hospitalier régional d’Atakpamé pour négligence dans les soins ; des responsables d’églises pour refus de marier les couples séropositifs ; des patrons d’ateliers d’apprentissage aux petits métiers pour refus d’admissions des apprenantes séropositives ; et des belles-familles pour spoliation de leurs biens.

Cette action en justice résulte de la mise en œuvre de l’un des projets financés en 2011 par les petites subventions du projet régional de renforcement des capacités des organisations de femmes dans la lutte contre le VIH/SIDA mise en œuvre par AZUR Développement et le Réseau Sida Afrique avec le financement du Fonds National pour la Démocratie (NED). Les participantes à l’atelier régional de formation sur le leadership, les droits humains et le VIH/SIDA organisé en Avril 2011 à Brazzaville, ont proposé des projets de sensibilisation et de vulgarisation des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Au total, six projets ont été sélectionnés pour un montant total 29,448 $ US qui sera partagé entre 11 organisations de femmes séropositives.

L’Association Femme Plus du Togo en synergie avec l’Association Assistance Plus Togo, assistent juridiquement dix huit femmes vivant avec le VIH/Sida qui ont été lésées dans leurs droits et ayant porté plainte au Tribunal de Grande Instance d’Atakpamé au Togo. Elles renforcent aussi leurs actions de mobilisation communautaire, et ainsi 200 femmes séropositives sont entrain d’être sensibilisées sur leurs droits et les procédures judiciaires dans le cadre de la vulgarisation de la loi portant protection des personnes en matière de lutte contre le VIH/Sida au Togo. Elles organisent des réunions de plaidoyer avec les tribunaux, le personnel soignant et les responsables des hôpitaux ainsi qu’avec les associations pour un engagement concret dans la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des femmes séropositives. Dans ce cadre, elles ont porté plainte contre le Centre Régional Hospitalier d’Atakpamé pour négligence dans les soins.

Les organisations Les Anges du Ciel, l’Association Femme de Vie Positive (AFVP), et l’Association pour la protection et soutien des veuves (APSV) en République Démocratique du Congo, organisent une formation sur le leadership, les droits humains et le plaidoyer à l’endroit des membres de 07 associations des femmes séropositives et de soutien aux orphelins vulnérables. Elles sensibilisent environ 400 femmes et jeunes filles séropositives suivies dans 06 unités de prise en charge médicale et les services de Prévention de la Transmission du VIH de la Mère à l’Enfant (PTME) à Kinshasa sur les droits sexuels et reproductifs et la violence fondée sur le genre. Par ailleurs, elles oeuvrent à instaurer un dialogue entre les professionnels de santé des services de maternité descentres de santé ciblés afin de résoudre les problèmes liés aux droits sexuels et reproductifs, à la stigmatisation et la discrimination auxquels les femmes et jeunes filles séropositives sont confrontées au quotidien.

L’Association Bomoi en République du Congo renforce ses capacités dans la promotion des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Elle a formé 15 de ses membres qui animent désormais des sessions de la vulgarisation de la loi n° 030-2011 du 03 Juin 2011 portant lutte contre le VIH/Sida et protection des personnes vivant avec le VIH auprès de 200 femmes séropositives suivies à l’hôpital de base de Makélékélé à Brazzaville. L’objectif de Bomoi est également de réduire la stigmatisation et la discrimination en milieu hospitalier et communautaire, et elle organise des réunions avec le personnel soignant et des membres des associations de personnes vivant avec le VIH au cours des quelles des juristes et des syndicalistes sont invités comme personne ressources pour aborder des thèmes sur le droit aux soins de santé, le droit au travail, la confidentialité et le consentement éclairé, l’annonce du statut sérologique au partenaire, la prise en charge juridique ; entre autres. Une Journée porte ouverte à l’orée de la Journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA devrait permettre d’évoquer avec des témoignages les questions de droits humains relatifs au VIH/SIDA.

Le Congrès National des Jeunes Femmes VIH+ (CNJFV+) en partenariat avec Solidarité des Femmes Infectées et Affectées par le VIH (SOFIAV) au Centrafrique s’attellent à améliorer les connaissances de 167 femmes et 55 hommes vivant avec le VIH/SIDA sur leurs droits et devoirs en vue de participer activement à leur défense et à leur promotion dans les préfectures de M’baiki et Sibut en vulgarisant la loi n°06030 du 12 septembre 2006 fixant les droits et obligation des personnes vivant avec le VIH/Sida en République Centrafricaine. De même, le Congrès National des Jeunes Femmes VIH+ mobilise les autorités locales et travailleurs des secteurs de justice et des affaires sociales à agir en faveur de la protection des personnes vivant avec le VIH/Sida dans les zones d’intervention. Le Conrgès National des Jeunes femmes VIH+ va également faciliter l’organisation des réunions mensuelles task force sur les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA par les organisations de personnes séropositives locales qui se sont jusque là concentrées sur la mobilisation au dépistage volontaire, les séances de counselling et la sensibilisation à la prévention du VIH dans ces deux préfectures.

L’Association des Femmes Actives et Solidaires(AFASO) et l’association Mère et Enfants Solidaires (MERENSO) au Cameroun mobilisent 300 femmes séropositives à s’imprégner des droits humains relatifs au VIH/Sida et à utiliser les connaissances pour réduire les violences dont elles sont parfois victimes ou d’autres atteintes à leurs droits. Ces deux structures comptent ainsi améliorer la prise en charge des femmes séropositives à travers une formation de 20 points focaux des assocications de personnes séropositives et des réunions d’échanges sur les droits humains relatifs au VIH/SIDA et à la santé, les conventions ratifiées par le Cameroun relatives au VIH/SIDA, les textes réglementant la prise en charge du VIH au Cameroun, l’avant projet de loi portant protection des personnes v ivant avec le VIH, l’auto-stigmatisation/auto-discrimination chez les femmes vivant avec le VIH, et les notions élémentaires sur le réseau et sur les stratégies de plaidoyer. Ces points focaux vont identifier des cas de violations des droits et élaborer des stratégies pour y répondre. Elles prévoient des rencontres avec les responsables des centres de prise en charge médicale, des autorités sanitaires, de la Justice et des structures de lutte contre le VIH/SIDA.

L’Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB) en partenariat avec l’Association Longue Vie Espérée (ALVE) en République du Congo font la vulgarisation de la loi n° 030-2011 du 03 Juin 2011 portant lutte contre le SIDA et protection des personnes vivant sur le VIH/Sida auprès de 150 femmes séropositives et 50 hommes vivant avec le VIH/SIDA dans le département de la Bouenza. Elles organisent une formation sur le leadership et le plaidoyer pour les membres des trois associations de personnes séropositives du département ; et s’activent à faciliter la création d’un cadre de concertation entre ces structures et les acteurs impliqués dans la prise en chage des personnes vivant avec le VIH/SIDA pour une meilleure programmation des activités et une couverture accrue et efficace. Par ailleurs, elles apportent des conseils et effectuent des médiations familiales pour les femmes séropositives rejetées par leurs familles. Elles interviennent dans les cas de stigmatisation et plaident localement pour l’accès aux soins des femmes et filles séropositives vivant en zone rurale.

AZUR Développement et le Réseau Sida Afrique organiseront, d’ici Janvier 2012, des missions de suivi dans les différents pays afin de permettre aux militantes des droits humains et du VIH/SIDA de partager les meilleures pratiques et renforcer les échanges sur les stratégies de lutte contre la stigmatisation et la discrimination des femmes vivant avec le VIH/SIDA.

Pour plus d’informations sur ces projets, veuillez contacter AZUR Développement au Congo à cette adresse électronique info@azurdev.org ou au +242 06 656 61 89.

Tags: ,

La promulgation de la loi 030/2011 du 3 juin 2011 portant lutte contre le VIH/Sida et protection des Personnes vivant avec le VIH/Sida (PVVIH) par le gouvernement congolais est une grande victoire au sein de celles-ci. Pour sa meilleure connaissance, les associations qui œuvrent dans la lutte contre cette pandémie décident de former des vulgarisateurs de ladite loi pour arrêter la stigmatisation, la discrimination dont elles sont victimes.

«J’ai pris connaissance de la loi 030/2011. Elle est dure et fait trembler des personnels soignants qui tiennent souvent des propos malveillants à l’égard des PVVIH », dit Rigobert Ngatsoni, coordonnateur des soins au service des maladies infectieuses à l’hôpital de base de Makélékélé. Jean Osseté, un autre agent de santé à l’hôpital de base de Talangaï, pense que cette loi est une victoire et elle va modifier certains comportements datant.

Depuis 2005, après plusieurs enquêtes et ateliers de plaidoyer par le ministère des droits humains, le Conseil National de Lutte contre le Sida, les associations des droits de l’homme et les PVVIH ont amorcé un processus d’élaboration d’un cadre légal les protégeant. Aujourd’hui, la loi 030/2011 du 3 juin 2011 est un des projets qui manquaient au pays pour que le Congolais ait l’information nécessaire sur le Sida. Emma Tsoulou, directrice exécutive des Femmes Solidaires (FS), participante à l’atelier de formation des vulgarisateurs de cette loi, tenu à Brazzaville du 5 au 6 août 2011, pense qu’elle apparait comme un couteau à double tranchant parce qu’elle n’épargne personne et nous devons changer nos us à l’endroit des uns et des autres pour éviter de se retrouver en justice.

Stopper la discrimination et non lutter contre les PVVIH

Selon Rigobert, un malade atteint par le VIH/Sida était un malade repoussé par la société. Même l’agent de santé avait peur de ce dernier faute des connaissances sur l’épidémie. Or, le droit à la santé des séropositifs font partie des droits humains garantis par la constitution du 12 janvier 2002. Il se traduit maintenant par la loi n° 030/2011.

Audrey Mitata, coordonnatrice à AZUR Développement souligne que « l’accomplissement de certains devoirs de l’Etat prévu par cette loi nécessite l’adoption rapide des textes d’application en ce qui concerne la prévention de la santé, élément fondamental pour réduire à néant la discrimination des PVVIH en milieux hospitaliers ».

Du côté de Blandine Sita, présidente de Femme Plus du Congo (FPC), le droit des PVVIH au Congo apparaît comme une situation d’une couche sociale supérieure à une autre. Une couche des supers puissances avec comme l’intention d’incriminer une autre. Les personnes infectées par le sida deviennent comme une sous catégorie humaine. Elle fulmine « les droits fondamentaux étant bafoués, cela devient la relation de non coupable à un coupable dans ce monde où, persiste ce comportement de haine, mépris. Il fallait que les gens se lèvent et prennent les choses en main ».

Jusqu’avant la gratuité de la prise en charge globale des PVVIH, décrétée en 2007 par le chef de l’Etat, elles ne savaient plus à quel saint se vouer. Stigmatisées par-ci, discriminées par là, l’unique solution qui leur restait était de se résigner et mourir. «Même dans leur cercle familial, elles étaient rejetées. En dehors de la lutte contre le sévisse du virus dans son corps, celle-ci doit lutter chaque jour contre les regards stigmatisant, dédaignant et accusateurs de son entourage », témoigne la Présidente de AFPC. Avant d’ajouter « Cette loi est une arme nécessaire et capitale que nous avons désormais pour combattre la stigmatisation, la discrimination afin d’atténuer l’impact du Sida au Congo ».

Populariser la loi

Financé à 9.927.000F Cfa par le Programme Concerté Pluri-Acteurs, l’objectif de l’atelier est d’approfondir la compréhension de cette loi par les membres des organisations de la société civile ; de les former dans les techniques de vulgarisation de ladite loi. 25 participants provenant des associations de lutte contre le Sida, des PVVIH et des professionnels de santé ont été formés.

« Nous allons la répandre même en langues vernaculaires pour mieux faire passer le message », résume une participante. L’Association Femmes Solidaires quant à elle vise aller dans l’hinterland parce que des gens meurent à l’intérieur et nous devons nous préoccuper de cette population. Selon le Dr H.William Poaty, responsable de la Composante Santé SEP/CNLS, la prévalence du VIH/Sida au Congo est de 3,1%. Elle est élevée en zone rurale qu’urbaine et la tendance est à la féminisation.

Des lois sont toujours prises au Congo, mais l’application fait défaut. Illustration : la loi protégeant les peuples autochtones au Congo manquant les textes d’application. Pour Audrey Mitata, les associations de lutte contre le Sida et les PVVIH sont donc appelées à faire la surveillance des cas de stigmatisation et de discrimination et a ne pas baisser les bras d’une part et d’autre part, Il faut continuer à les conscientiser sur une vie positive et le devoir de protéger les autres.

L’initiative est soutenue par tous. Dit le Dr Malalou «Je vous exhorte à prendre connaissance des différents articles de cette loi afin que vous soyez aussi des porte-paroles là où vous êtes…» Selon lui, il espère et insiste qu’on n’assistera plus à ce rejet que nous avons constaté dans les structures de santé mais aussi dans toute la vie sociale. «On ne guéri pas du VIH/Sida, mais on peut mener une vie correcte en prenant aujourd’hui le traitement. Ceci est important pour que la stigmatisation, la discrimination étant au centre de notre combat disparaisse pour atténuer ce fléau et qu’on accepte la maladie, qu’on vive avec, mais que les autres aient un regard humain », a-t-il martelé.

Jean Thibaut Ngoyi
17 Août 2011

Tags: , , , ,

Au Congo Brazzaville, la loi protégeant des séropositifs vient d’être adoptée. Cette loi peut être considérée comme une victoire depuis le 3 juin 2011 pour les Personnes vivant avec le Vih. Il en est de même pour des Ong de droits de l’homme, des associations de lutte contre le sida et des pouvoirs publics. Le plus dur reste l’application.

Le projet de loi portant lutte contre le Vih et le sida et protection des droits des personnes vivant avec le Vih (Pvvih) a été promulgué le 3 juin 2011. Loin de parler de la stigmatisation zéro, les regards et mentalités des gens s’améliorent à l’égard des séropositifs. L’article 51 stipule ce qui suit : « Quiconque aura été reconnu coupable de stigmatisation et de discrimination à l’égard d’une personne vivant avec le Vih, dans les conditions définies aux articles 23 à 37, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de cent mille francs F cfa ou de l’une de ces peines seulement ».

Léonie, membre de l’association des femmes séropositives de Kinkala (Aspkaf) à Kinkala (dans le département du Pool, au Sud-est à 70 km de Brazzaville), une association des Pvvih, pour sa part, tire la sonnette d’alarme « l’adoption de la loi est une bonne nouvelle pour nous et pour tout le monde, surtout nous qui sommes séropositives ici au village, on ne nous respecte pas. Nous sommes beaucoup indexées. Partout où nous passons, les gens parlent de nous… ».
Consciente de cette situation dans le département du pool, à Kinkala, Anastasie Boukita, sage femme à l’hôpital de référence de Kinkala, estime elle aussi, la promulgation de cette loi est une victoire parce que des femmes sont timides et ignorent leurs droits et devoirs. Elles trouveront gain pour le problème de Vih, avec l’entrée en vigueur de la loi protégeant des Pvvih. Les agents de santé garderont désormais la confidentialité du statut sérologique des patients du sida.

Un problème qui regarde tout le monde
Les personnes vivant avec le Vih n’ont pas que des droits mais elles ont aussi des devoirs. L’article 46 précise ce qui suit : « Toute personne vivant avec le Vih, connaissant son statut sérologique au Vih, qui aura transmis intentionnellement le Vih à autrui, en dehors des exceptions définies à l’article 42 de la présente loi, sera puni de travaux forcés à temps ».
Presley Moukassa Math, responsable de suivi et évaluation à l’unité départementale de lutte contre le sida dans le département du Pool (UDLS), pense qu’il faut faire de campagnes de vulgarisation de ladite loi, et, les séropositifs doivent la connaître. « Il faut les personnes vivant avec le Vih s’acceptent, assument la maladie, témoignent en public. Une fois gagné ce combat, ceux qui se sentiront stigmatisés, discriminés pourront se plaindre devant les juridictions compétentes », dit Presley Moukassa Math, au cours de la restitution de l’atelier de Brazzaville à kinkala le 24 juin 2011, organisé par les associations Bomoyi et AZUR Développement.

Il n’y avait pas que la question de la stigmatisation ou de la discrimination (droits des personnes infectées du Vih) qui a été abordée. D’autres questions du genre leadership, reproduction des séropositifs, dislocation des couples… ont également été abordées. D’après Irène Mahoungou, présidente de l’association Bomoyi, le leadership féminin est très capital. Une femme leader, c’est celle qui a une vision, celle qui sait regrouper les autres et imprimer une culture participative au sein du l’organisation. « Aujourd’hui tout le travail ne se repose plus sur une personne, plutôt le travail se fait en équipe, c’est la décentralisation pour atteindre les objectifs. Une femme leader doit aussi savoir comment mobiliser des ressources financières», a fait remarquer Irène. Poursuivant la restitution de l’atelier régional sur le leadership, les droits humains et le Vih/sida tenu du 18 au 21 avril 2011 à Brazzaville, Irène, levant l’équivoque sur la reproduction des Pvvih, précise qu’elle est autorisée, mais avec l’accord strict du médecin traitant.
Des couples disloqués

Pour la plupart des cas, la femme est accusée d’apporter le VIH au foyer. Elle est donc reniée par l’époux qui ne supporte pas la douleur. Audrey Mitata, une coordonnatrice de projet à AZUR Développement pense qu’agir ainsi est un acte maladroit. « Le sida n’est pas une fin en soi, plutôt une maladie comme toute autre ». Une séropositive, c’est une nouvelle vie qu’on adopte, mais l’objectif reste le même ; « c’est–à-dire qu’elle peut travailler, elle a des compétences et peut faire tout ce qu’un séronégatif fait», martèle Audrey.

Selon un membre de l’association Bomoyi, qui requiert l’anonymat, des gens doivent se l’approprier de sorte que les séropositives ou séropositifs qui seront stigmatisées, discriminées peuvent maintenant espérer à la loi pour demander les réparations. Si elles sont courageuses, elles peuvent ester désormais des gens en justice en cas de stigmatisation, de discrimination. « Que cette loi soit utilisée à bon escient, comme il faut. La loi c’est une loi. Elle doit être appliquée comme toutes autres lois. On ne doit pas regarder la personne, les relations, mais on doit l’utiliser comme elle a été établie au bénéfice de la personne qu’elle soit positive ou négative », insiste cette dernière.

Jean Thibaut Ngoyi

Tags: ,

A Brazzaville, les femmes responsables des organisations de la société civile congolaise et d’ailleurs, œuvrant dans la lutte contre la pandémie du sida et les droits des femmes se sont retrouvées en atelier pour débattre le leadership féminin et des droits des femmes dans le contexte du VIH/SIDA du 18 au 21 avril dernier à Brazzaville.

« Nous serons désormais capables de mener des activités dans nos associations, d’élaborer des projets pays ou locaux, savoir à quel bailleur de fonds s’adresser et de mobiliser des ressources financières », résume Célestine Bayidikila, présidente de l’association des Femmes pour le développement de la Bouenza, à Nkayi, participante à l’atelier régional leadership, droits humains et Vih/sida 18 au 21 Avril, 2011 au Congo ( Brazzaville), organisé par l’Association AZUR Développement en partenariat avec le Réseau Sida Afrique avec l’appui financier de la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED), le PNUD et le Programme Concerté Pluri-Acteurs (PCPA).

Pour Philomène Moukendi, participante aussi à ce atelier, présidente de l’association des Anges du Ciel, point focal Réseau Sida Afrique, en RD Congo, estime que sa présence à cet atelier se justifie par le leadership de la femme, droits humains, le Vih/sida et la mobilisation des ressources qui l’ intéresse beaucoup parce que ce sont les domaines sur lesquelleselle travaille beaucoup.
« Ces thèmes, c’est parce qu’il y a plusieurs femmes qui sont intelligentes, qui ont des capacités, mais qui n’ont pas confiance en elles même, et qui ne savent pas faire quelque chose ou prendre une décision. De ce fait, les femmes se sentent parfois inférieures. L’objectif de cet atelier, c’est donc pour parler du leadership féminin afin de susciter le débat ou peut être réveiller des idées qui dorment encore », a tambouriné Philomène Mukendi.

La question du leadership touche aujourd’hui toutes les sensibilités surtout pour des femmes qui dirigent ou qui sont appelées à diriger une association ou une Organisation non gouvernementale (ONG). Mais si hier, certaines associations n’ont pas évolué, c’est parce que la notion du leadership n’était pas encore bien connue ou appliquée au niveau des organisations et/ou associations féminines. D’après Celestine Bayidikila, présidente de l’association des Femmes pour le Développement de la Bouenza, « à Nkayi, nous avons crée depuis février 2011 une association à Nkayi (dans le département de la Bouenza, au sud-est de Brazzaville) œuvrant dans la lutte contre le Vih/sida, mais nous ne savons pas comment diriger une association, mobiliser les fonds, élaborer des projets et nous ne savons pas à qui s’adresser ». La plupart des cas, certaines associations ne le sont que de nom.

Innover désormais le travail

C’est un atelier qui va apporter beaucoup de changements dans plusieurs organisations féminines. Chara Rebbeka Babela Loubienga, présidente de l’association Connaissance et Vie, une association du Congo-Brazzaville, créée depuis 2007, elle a eu à renforcer ses compétences de gestion, dans l’élaboration des projets, dans la mobilisation des ressources et dans l’évaluation d’une ONG.

Elle avait des lacunes en ce qui concerne la mobilisation des fonds, car nous ne savions pas tellement comment faire pour aborder les bailleurs de fonds. Et là nous venons d’apprendre comment monter un projet pour intéresser le médiateur, voire au niveau des ambassades pour avoir une crédibilité. « Nous pouvons dire que nous avons renforcé rnos connaissances et que nous allons faire la restitution auprès des autres qui n’ont pas pu participer à cet atelier pour qu’elles puissent aussi avoir l’information, la formation que nous avons reçue. Car l’association est travail d’équipe, où chacune doit mettre la main à la pâte. Le leader ne doit pas tout faire seul plutôt déléguer les tâches aux autres… », insiste Chara Rebbeka Babela Loubienga.

Jacqueline Essopi, présidente fondatrice de l’association Mères et Enfants Solidaires au Cameroun (Douala), une association qui œuvre dans la prise en charge des enfants et orphelins vulnérables (OEV), participante à l’atelier régional leadership, droits humains et Vih/sida du 18 au 21 Avril, 2011 au Congo ( Brazzaville), estime qu’elles vont accroître le nombre de bailleurs de fonds parce qu’elles savent maintenant comment mobiliser des ressources financières. « Tout ce que j’ai acquis ici comme connaissance va pouvoir me permettre désormais que moi-même je puisse monter mes projets et les soumettre aux bailleurs de fonds tant au niveau local que régional… », raconte Jacqueline Essopi.

Mobiliser des ressources

Selon Jacqueline Essopi, « être leader, c’est être compétente pour diriger un groupe en acquérant des connaissances sur la bonne gouvernance et le leadership et le montage des projets parce que c’est dans le montage de projet qu’on peut avoir des bailleurs de fonds pour bien mener nos activités et atteindre nos objectifs ».

Ce qui est vrai c’est que la mobilisation des fonds n’est pas une mince affaire. Il faut avoir des stratégies et surtout de l’expérience, voire être une association crédible.
Selon Hortense, présidente de l’association Espoir et Actions du Bénin, elle pense que cet atelier régional à refléter toutes les activités que nous menons au niveau de nos associations. Et la stratégie qui a conduit l’atelier était très bonne parce qu’il y a des ateliers qui ont des thèmes académiques où des participantes ne comprennent rien. Or ici, ce sont des expériences vécues.

«Concernant la mobilisation des moyens financiers par exemple, quand je vais rentrer au Bénin, je vais utiliser la stratégie que nous venons d’arrêter ici, celle qui consiste à faire ou à initier des projets à moindre coût. Ensuite, les soumettre auprès des partenaires qui peuvent financer ou bien les soumettre auprès des ambassades par pays. Cette stratégie me permettra de n’est plus m’insérer dans la politique du pays qui ne nous avantage pas », fait savoir Hortense, présidente de l’association Espoir et Actions du Bénin.

Jean Thibaut Ngoyi

Souvent stigmatisées et ce, même en zone rurale, des femmes infectées et affectées par le VIH/SIDA dans le département de la Bouenza en République du Congo ont créé une association pour faire face à leurs problèmes.

« Nous avons crée cette association pour que nous soyons regroupées pour lutter contre la discrimination, la stigmatisation et revendiquer nos droits», résume Célestine, présidente de l’association des femmes de développement de la Bouenza (AFDB). C’est grâce au soutien multiforme de l’association AZUR Développement que cette jeune organisation à base communautaire (OBC) a été créée depuis février 2011 à Nkayi. « C’est AZUR Développement qui nous a aidé à créer cette association. On n’avait aucune une idée qu’on pouvait se regrouper comme ça, mais on a fini par se regrouper et décider de mener nos activités », témoignage Yvette, secrétaire générale de AFDB.

Ses champs d’action

Cette association entend travailler dans le domaine de la lutte contre le VIH/SIDA, l’éducation des filles en zone rurale, et sur la santé de la reproduction. Dans les prochains mois, elles voudraient mener une enquête sur la déscolarisation des filles et la situation des jeunes filles mères dans les quartiers de Nkayi ; afin de comprendre les problèmes et travailler à les résoudre.

Par ailleurs, étant une jeune association, elles voudraient mener des activités génératrices de revenus pour s’auto financier. Consciente de la fertilité des terres arables de la Bouenza, elles sont déterminées dans un premier moment se lancer dans l’agriculture (cultiver le manihot escuenta ‘’le manioc‘’, l’arachide, et le maïs). «Nous sommes motivées à faire des travaux champêtres pour la simple raison que c’est ce que nous avons l’habitude de faire dans nos ménages. Et dans un deuxième temps, nous penserons à avoir une fabrique des savons… », confie la présidente de AFDB.

A travers ses activités, elles pensent aussi insérer leurs membres dans la société en devenant autonomes. Selon une de leurs membres dans l’ombre, « nous voulons que les femmes infectées ou affectées par le VIH/SIDA doivent avoir une autonomie économique parce qu’elles sont défavorisées, discriminées, et stigmatisées au niveau de la société ». Elle poursuit « le traitement que nous prenons est fort, il est donc important pour nous de bien manger. Il y a d’autres malades dont leur état physique ne s’améliore pas parce qu’elles n’ont rien à manger et aucune activité qui puisse générer des fonds ».

Faire changer les choses

Certaines associations se créent, mais souvent peu ne savent pas jouer leur rôle de leadership. Célestine, a participé à un atelier régional sur le leadership, droits humains et Vih/sida du 18 au 21 Avril 2011 à Brazzaville. Elle explique : « Je suis venue suivre une formation ici à Brazzaville sur le leadership, et apprendre comment diriger une association. A mon retour, je vais transmettre ces connaissances aux autres, à la base, leur apprendre que l’association. Ce n’est pas seulement la Présidente qui doit travailler, mais c’est un travail d’équipe, où chacune doit mettre sa main à la patte ».

Célestine est aussi décidée à mener AFDB plus loin et confie : « AFDB doit rédiger désormais des petits projets au niveau local pour mobiliser des ressources ».

Jean Thibaut Ngoyi

Often stigmatized, even in rural areas, women infected and affected by HIV/Aids in the department of Bouenza in Republic of Congo have formed an organization to address their problems.

“We have created this organization so that we can work together in the fight against discrimination, stigmatization and claiming our rights,” says Célestine, president of the Women’s Development Organization of Bouenza (AFDB). It is thanks to the generous support of the organization AZUR Development that this young community-based organization (CBO) was created in February 2011 in Nkayi in Republic of Congo. “It is AZUR Development that has helped us to create this organization. We had no idea that we could come together like this, but we finally got together and decided to conduct our own activities,” according to Yvette, the general secretary of AFDB.

Their courses of action

This organization intends to work in the fields of the fight against HIV/Aids, girls’ education in rural areas, and reproductive health. In the coming months, they would like to investigate the schooling of girls and the situation of young mothers in the districts of Nkayi in order to understand their problems and work to resolve them.

Moreover, being a young organization, they would like to undertake income-generating activities to support themselves financially. Aware of the fertility of the arable land in Bouenza, for the moment, they are determined to engage in agriculture (cultivating cassava called “le manioc”, groundnut, and maize). “We’re motivated to do field work for the simple reason that this is what we usually do in our own households. And next, we will think about manufacturing soap,” confides the president of the AFDB.

Through its activities, they’re also thinking of inserting their members into society by becoming independent. According to one of their shadowed members, “we want women who are infected or affected by HIV/Aids to have economic independence because they are disadvantaged, discriminated against and stigmatized in society.” She continues, “the treatment that we take is strong, therefore it is important for us to eat well. There are other patients whose physical condition does not improve because they have nothing to eat and no income-generating activity.”

Making a difference

Some organizations are created, but often they cannot play their leadership role. Célestine participated in a regional workshop on leadership, human rights, and HIV/Aids from April 18th to 21st 2011 in Brazzaville organized by AZUR Development and its partner. She explains, “I came here to Brazzaville to undergo leadership training to learn how to direct an organization. On my return, I will pass this knowledge onto others so that they can learn how to run an organization at a base level. It’s not only the President who has to work, but it’s a team effort, where each member must get their hands dirty.”

Célestine is also determined to carry AFDB even farther and confides, “AFDB must prepare now for small projects at the local level to mobilize resources.”

Jean Thibaut Ngoyi
Translated from English to French by Lauren Messina

Since the enactment of law N° 2005-012, which protects people living with HIV/AIDS, victims fighting for the respect of their human rights in Togo are now benefiting from the help and support of NGOs and community based organizations.

 

On 12th and 13th September of last year a mid-term report was written about the findings of a project which analyses the investigation and registration of the charges pressed by HIV positive women at Togo’s Court of First Instance in Sokodé. After a close examination of the court’s proceedings, it discovered that there have been 3 (out of 4) cases in which these women have successfully pressed charges. Three names are cited: two women pressing charges against their husbands and one against their sister-in-law.  The President of the Court of First Instance and his cabinet in Lomé dealt with the plaintiffs’ dossiers in record time.

 

Here is a passage taken from a plaintiff’s statement: “My sister-in-law refused to testify in court. She wanted the matter to be solved off-the-record by our village chief. Another problem facing women who press charges is that the defendant often does not show and consequently the hearing gets postponed.” This is the experience of one lady pressing charges against her sister-in-law.

 

After the case’s setback on day one, proceedings resumed the following day at Sokode’s Court of First Instance. To begin, the plaintiff was asked to relay the details of the formal accusations as recorded in the report. The accused was then asked if she agreed with the accusations of the plaintiff.

 

Subsequently the accused admitted the accusations leveled against her. After hearing her confession the magistrate deliberated before requesting that the plaintiff’s stepfamily and sister-in-law bring her three young children back to Kparataou. Against the plaintiff’s will, the accused and her family had taken custody of her children, aged 6, 12 and 8. 

 

The magistrate demanded that the children report to the court on 4th October 2010 in order to decide upon custody rights. Such cases of discrimination against PLWHA (people living with HIV) are often not taken seriously. However, thanks to awareness campaigns lead by the ‘Femmes Plus’ organization in Togo, which works alongside those living with HIV/SIDA, at least 20 HIV positive women have decided to pursue their fight for justice further.

 

It may be difficult to eradicate injustices like these, but it is not impossible.

 

If the law protecting PLWHA has lead to a reduction of discriminatory practices and stigma, this reduction is more apparent in large built-up urban areas than in rural neighbourhoods.

 

Raphaël Assou–Alipoe, president of an NGO called ‘Action Santé pour Tous’ (Health for all), fully endorses the law protecting those living with HIV/AIDS, enacted in 2005. However, cases of discrimination and stigmat are still very common and often include: the rejection of HIV positive women by their families or friends, their unfair dismissal, the exclusion of infected children from school (often referred to as ‘VCO’s –‘vulnerable children and orphans’) and the destruction of the widow’s goods or property.

 

 “I found out that I was HIV positive a few days after giving birth. During this time I also lost my husband who had known that he was HIV positive but had not told me. It is thanks to my family, who were immediately accepting of my HIV status, that I managed to ensure my baby’s survival and care. As for my in-laws, all my husbands possessions were taken from me.” says Albertine.

 

Between January and April 2010 the regional project for the advocacy of the rights of PLWHA organized 6 educational talks at Lomé. 142 PLWH from 6 organisations took part in the activities, amongst them 98 HIV positive women.  These talks have raised their awareness of their entitlements and obligations as well as their human rights in general. Most importantly however, they are now better equipped with the abilities needed to confront discriminatory behaviors.

.

After the learning workshops that took place between 16th and 28th August last year at Lomé, 20 women are now trained paralegals. Since starting work in their own local areas, their observations conclude that the significant majority of the population has no understanding of what the law entails.

 

This is particularly true of rural communities, where most HIV positive patients have never even heard about the law or their rights. In urban areas however, the project has come across many cases of self-stigma. Women are found to be the most vulnerable and are the main target of discriminatory acts.

 

The task of their paralegal peers is now to provide them with both psychological and juridical support. “During this workshop I have learnt about things that I did not know before” says one HIV positive female paralegal.

 

Resolutions

 

The educating of HIV positive women in rural areas about their rights and obligations, the large scale popularization of the law and the establishment of assistance units have been the priorities of Togo’s regional project. They have been completed in accordance with the specifications of the NGOs ‘Santé pour Tous’ and ‘Femmes Plus’. Other activities have included:

 

- A capacity building  workshop organised with the same group of PLWHA paralegals (trained in 2008) and human rights and AIDS prevention organizations. The workshops focused on the rights and obligations of PLWH and their families.

 

- 9 meetings dedicated to the popularization of law n° 2005-012 which protects those affected by HIV/AIDS in Togo.

 

- 12 group talk sessions focusing on raising the awareness of PLWH about their rights and obligations.

 

- 5 radio broadcasts that denounced discrimination against HIV patients and called for more respect of such individuals. A theatre company also performed various sketches aimed at raising awareness of the rights of PLWHA. A follow up workshop on the skills and recommendations identified during on-site seminars was also held.

 

 Jean Thibaut Ngoyi

Tags: ,

Le Forum Inter pays Africains de la société civile pour la Lutte Contre le Sida se tient de manière tournante, après un an, dans chaque pays africain faisant partie du Réseau Afrique Sida. Le 1er forum s’est tenu au Congo (à Pointe-Noire) en 2007, le deuxième au Bénin (à Porto-Novo) en 2008 et le 3e, prévu en Centrafrique en 2009, a été reporté. Pour ne pas affaiblir la machine, Pointe-Noire a eu l’honneur d’abriter pour la deuxième fois, le 3e forum en septembre dernier sous le thème : «partageons nos expériences en exprimant une solidarité agissante dans la lutte contre le Sida».

 

Un espace de concertation et d’échanges à l’initiative de la société civile

 

«Dites aux autres ce que vous faites pour la lutte contre le Sida». C’est dans ce contexte, que le 3ème forum s’est tenu. Selon Régine GOMA, faisant partie du comité directeur a définit en ces termes que «la vision de ce forum, qui n’est autre qu’un cadre de concertation, d’échanges d’expérience, de partage de connaissances et vise l’instauration d’une plate forme dynamique des acteurs sociaux engagés dans la lutte contre le Sida ».

 

Eugène BIPFOUMA, Secrétaire Général du Département de Pointe-Noire, de son côté, a ouvert les travaux du 3e forum par une orientation à l’égard des participants qui devront sérieusement échanger des bonnes pratiques et aussi profiter de l’apprentissage pour appliquer des stratégies appropriées pour une lutte efficace contre le Sida.

 

«L’action de ce forum consiste à faire les présentations des différents domaines sur les activités réalisées par des Associations et ONG locales ou étrangères. Révéler les pratiques prometteuses et former un bloc des acteurs sociaux agissant collectivement dans les différents pays», précise une participante.

 

Accroître l’accès au traitement pour les personnes séropositives

 

Durant les quatre jours des travaux en ateliers, des participants ont formulé des résolutions sur les plans sanitaire, développement social, éducatif et formation. Sur le plan sanitaire, il ressort de former et intégrer les séropositifs dans la gestion et la distribution du médicament ; renforcer la sensibilisation et la communication pour la prévention et la prise en charge communautaire.

 

Renforcer le pouvoir économique des personnes séropositives

 

Quant-au développement social, il s’agit de renforcer les formations communautaires  et mettre en œuvre une politique adéquate de gestion des activités génératrices de revenus pour la lutte contre la pauvreté, des personnes vulnérables etc. Par ailleurs, il faudrait également amplifier la prise en charge communautaire dans le développement social et encourager la formation des groupements de personnes infectées et affectées.

  

Renforcer les capacités des organisations de lutte contre le SIDA

 

Au plan éducatif, il est question de renforcer ou intensifier en matière de lutte contre le sida dans les groupements structurés dans nos pays ; participer et animer des émissions éducatives.

 

Les participants au Forum ont également résolu de former des cellules de contact des adultes pour la sensibilisation sur le VIH ; d’encourager l’éducation par les pairs  et l’implication  des leaders locaux  dans les actions de  lutte contre le sida.

 

Par ailleurs, il faudrait implanter les centres d’information sur la pandémie dans les zones enclavées ; mener des campagnes de sensibilisation synchronisées : cas de la dernière semaine du mois de février de la société civile pour la lutte contre le sida adoptée au 2ème forum 2008 au Bénin et échanger entre pays les outils éducatifs (prospectus, affiches, cassettes, …).

 

Pour ce qui est de la formation, il a été décidé d’intensifier le renforcement des capacités des organisations ; d’encourager les échanges d’expériences par tous les canaux séminaires, ateliers, en ligne entre autres et de créer des partenariats avec les organismes internationaux afin d’étendre les actions de plaidoyer.

 

Protéger les droits des personnes vivant avec le VIH

 

Babacar GUEYE, le Président du comité scientifique au 3e forum de Pointe-Noire a pour sa part affirmé, « j’exhorte les participants à une prise de conscience sur la pandémie du Vih/Sida bien que les avancées scientifiques sont significatives et que les lois portant protections des personnes vivant avec le VIH soient adoptées dans plusieurs pays. Il faut une révolution collective dans la prévention.»

 

Parmi les pays qui ont pris part à cette 3e  édition, il y a le Bénin, la Centrafrique, le Congo,  le Bénin, la RDC, le Sénégal et le Togo ainsi que les représentants des colonies Angolaises, Camerounaines, Ivoriennes,  Tchadiennes,  résidant à Pointe-noire.

 

Capitaliser  les expériences des rencontres antérieures

 

En août 2008, le 2e forum avait eu lieu au Bénin (à Porto-Novo), sous le thème : «Œuvrons en synergie dans nos actions de lutte contre le sida pour une performance dans nos communautés Africaines». 520responsables des organisations communautaires de sept pays d’Afrique avaient pris part au forum de Porto-Novo. Au cours de ce 2e forum, les participants avaient échangé sur plusieurs sujets parmi lesquels, atelier et conférence autour des problématiques du sida dans nos communautés africaines. Résultats à ces assises : étendre ce cadre d’échange de compétences entre le pays de l’ouest et du centre, proclamer une semaine de la société civile pour la lutte contre le sida.

 

En rappel, il faut dire que le 1er Forum Inter pays Africains de la société civile pour la Lutte Contre le Sida avait réuni 602 responsables des Ong, des Associations et les individualités de sept pays (Congo, R.D.C, Cameroun, Cabinda, Bénin, Sénégal, et Angola) à Pointe-Noire, au Congo, en novembre 2007. Il avait été organisé sur le  thème : «Ramifions nous dans nos actions de lutte contre le sida pour une performance dans nos communautés ».

Ce forum a été organisé à l’initiative de plusieurs organisations de la société civile, sous la coordination de l’Agence Régionale d’Information et de Prévention sur le VIH/SIDA (ARIPS) ainsi que d’autres membres du Réseau Sida Afrique.

 

Jean Thibaut Ngoyi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tags: , ,

Two African countries, one of which, Benin, has a law on protection and cares for those infected, and the other, the Congo, does not, are following in the footsteps of others for the adoption and enactment of a law in order to fight against the stigma and discrimination against the HIV positive.

 

According to the recommendations held by participants in workshops for a regional project in Benin, a large extension of the law 2005-31 has the prevention, care and control of HIV/AIDS in the top five priorities. Then there is the training of care staff (doctor, nurse, midwife, nurse’s aide..) and other health auxiliaries on said law, formed of agents of middle judiciaries (judges, lawyers, clerks, police officers..) as well as the staff and those responsible for the workplace for the positions above.

 

It would also be useful and strategic to form community intermediaries, to establish committees to monitor the implementation of the law, especially in places of healthcare and work, to translate the law into the oral languages on Benin, and to multiply in specific numbers the packet of the law.

 

During these campaigns, 32 people participated in Ouidah, 44 in Dogbo and 60 in Cotonou, for a total of 136 persons covered by the Beninese Association for Development (ABD) and the Network National Association of People living with HIV/AIDS.

 

In the same vein, the major resolution adopted in Congo is to build their organizational capacities to defend their own rights, especially in advocating for treatment access.

 

Three campaigns have been conducted in three different localities of Benin, namely Ouidah (December 4, 2009), Dogbo (December 9, 2009) and Cotonou (December 29, 2009). They have had the participation of artisan representatives, managers of health centers, members of groups and organisations, the head of the social promotion center, representatives of the judicial community (courts, officers, police), people living with HIV/AIDS (PLWHA), representatives of NGOs, religious leaders and teaching faculty.

 

People affected with AIDS in Benin have highlighted different cases of stigma and discrimination that they are the victims of daily in areas of healthcare, labor and community.

 

The reading and explanation of the law 2005-31 led to participants being able to understand and be able to understand the difference between legal requirements and practices and attitudes of some and others. The representatives of the judiciary interviewed confessed that there are almost no recorded complaints because of the unawareness of the law.

 

As part of its exchanges between the Republic of Benin, placing the Law 2005-31 on prevention, care and control of HIV/AIDS, then, in Congo, this draft bill, initiated since 2004, is still lagging at the Secretariat of the Congolese government. According to Blanche Zissi, a lawyer at the École Normale de l’Administration and la Magistrature (ENAM), it is based on family law, civil law and criminal (…) in terms of the rights and duties of people living with HIV.

 

Field Activities

 

The Congolese NGO, AZUR Development has been active in the departments of Bouenza, Lekoumou and Cuvette. From February 22nd to March 3rd 2010, AZUR Development undertook a mission of exchanges in the departments of Bouenza and Lekoumou. The mission objectives were to identify cases of stigma and discrimination suffered by people infected with AIDS, especially women; to monitor and assess the implementation of the presidential decree on free treatment for anti-retrovirus (ARV) and monitoring biological, from the inclusion of patients in the rural areas in existing projects of information, education and communication (IEC) and of psychosocial care and medical research.

 

This exchange meeting conducted by AZUR development has strengthened the mobilization and awareness of people living with HIV to get up to monitor and defend their rights; to identify points of advocacy for access to treatment and to be aware of their rights and duties. Cases of women with HIV who were blackmailed by their spouses and step-families have been identified, and measures to reduce stigma in hospitals have been taken as well. It’s evident that there should be more informative workshops on the fight against stigma and discrimination against them in the hospital.

 

In the northern part of Congo, specifically Makoua (more than 600 km from Brazzaville), on-site management of HIV is done at the hospital and the Malieré center. The biological examinations aren’t done there, patients are referred to Owando. In this locality, there doesn’t exist any organisation fighting against Aids. Therefore, community measures for prevention and care are nonexistent.

 

In Gamboma, in the department of Plateaux, the mission led by Ginette Diafouka, member of AZUR Development and Irene Mahoungou, president of the Bomoî Association, a group working for HIV-positive women and the Prevention of Transmission from Mother to Child (PTME). During this mission, 29 PLWHA have been covered.

 

In the Pool region, specifically Kinkala, the mission was conducted by Merols Diabakana, president of the Club for Youth Infrastructure and Development (CJID) and Simone Bandzouzi, head of social affairs within the association Femme Plus de Congo. During the mission to Kinkala, 15 people infected with Aids were covered. The findings of these two missions reveal that stigma continues to weigh heavily on people living with HIV.

 

“I am a seller of various items at the market in Kinkala. But they’ve chased me away from the market because I’m HIV positive,” attests one saleswoman, tears in her eyes.

 

For pregnant women screened in the setting of Protection from Mother to Child (PTME), those with AIDS eventually disappear into the wild. However, there is an organisation for HIV positive people in these two places, which, for lack of funds, has no activity.

 

Of the seropositives met from April to June by AZUR Development, HIV positive women expressed the wish to be supported, so they set up a community based organization (CBO) that will enable them to sustain, support others and take on leadership in the locality. “The lack of training on matters, on psychosocial and especially educational therapy, means that many patients, mistaken on reliable information take the reagents without respecting the taken hours,” said one seropositive. 396 people, were covered and aware of the rights and obligations of PLWHAsI in Benin and Congo.

 

Continuing with the implementation of activities and organisations for people living with HIV; to establish a framework and dialogue between trainees and relevant organisations to sustain activity are both the results between these two countries at the end of their exchanges.

 

Jean Thibaut Ngoyi

 

Translated from French to English by Lauren Messina

 

Deux pays africains dont l’un, le Benin qui dispose la loi portant protection, prise en charge des séropositifs et l’autre, le Congo qui n’en dispose pas, est sur les traces des autres pour l’adoption et la promulgation de celle-ci afin de lutter contre la stigmatisation et la discrimination des séropositifs.

Selon les recommandations retenues par les participants  aux ateliers du projet régional au Benin, une large vulgarisation de la loi 2005-31 portant prévention, prise en charge et contrôle des Vih/Sida  revient en dans le top 5 des priorités. Ensuite, il y a la formation du personnel des soins (médecin, infirmier, sage femme, aide soignant…) et autres auxiliaires santé sur ladite loi, former des agents des milieux judiciaires (magistrats, avocats, greffiers, gendarmes, policiers…), ainsi que le personnel et les responsables du milieu du travail sur les dispositions de celle-ci.

Il serait aussi utile et stratégique de former des relais  communautaires, de mettre en place des comités de suivi de la mise en application de la loi, surtout dans les milieux des soins et du travail, de traduire la loi dans les langues parler au Bénin, de multiplier en nombre suffisant la paquette de la loi.

Pendants ces campagnes, 32 personnes ont participé à Ouidah, 44 à Dogbo et 60 à Cotonou, soit un total de 136 personnes couvertes par l’Association Béninoise pour le Développement (ABD), le Réseau National des Associations des PVVIH.

Dans le même ordre d’idée, la résolution majeure retenue au Congo est de renforcer leurs capacités d’organisation à défendre leurs propres droits, surtout dans le plaidoyer pour l’accès au traitement.

Trois campagnes de sensibilisations ont été menées dans trois localités différentes du Bénin, à savoir : Ouidah (04 décembre  2009), Dogbo (09 décembre 2009), Cotonou (29 décembre 2009). Elles ont connues la participation des représentants des artisans, des responsables des centres de santé, des membres des groupements et des associations, du responsable du centre de promotion sociale, des représentants du milieu judiciaire (tribunal, gendarmerie, police), des personnes vivant avec la Vih/Sida, les représentants des Ong, des leaders religieux et le corps enseignant.

Les personnes infectées du sida au Bénin ont mis en exergue les différents cas de stigmatisation et de discrimination dont elles sont victimes au quotidien dans les milieux des soins, du travail et dans le milieu communautaire.

La lecture et l’explication de la loi 2005-31 a permis aux participants de la comprendre et d’être en mesure de faire la différence des prescriptions légales et les habitudes et /ou  attitudes des uns et des autres. Les représentants des milieux judiciaires interrogés ont avoué qu’il n’y a presque pas plaintes enregistrées à cause de la méconnaissance de ladite loi. 

Dans le cadre de ses échanges entre le République du Bénin disposant la loi 2005-31 portant prévention, prise en charge et contrôle du Vih/Sida alors, qu’au Congo, cet avant projet de loi, pourtant amorcé depuis 2004, traine encore au niveau du Secrétariat du gouvernement congolais. Selon Blanche Zissi, juriste à l’Ecole Normale de l’Administration et la Magistrature (ENAM), on se base sur le code de la famille, le droit civil et pénal (…) en matière des droits et devoirs des personnes vivant avec le Vih.

Les activités de terrain

L’ONG congolaise, AZUR Développement a mené des activités dans les départements de la Bouenza, Lékoumou et la Cuvette. Du 22 février au 03 mars 2010, AZUR Développement a effectué une mission d’échanges dans les départements de la Bouenza et la Lékoumou. Les objectifs de la mission étaient d’identifier les cas de stigmatisation et discrimination subis par les personnes infectées du Sida, en particulier les femmes ; se rendre compte de l’application du décret présidentiel sur la gratuité du traitement des antis rétroviraux (ARV) et du suivi biologique, de l’inclusion des patients en zone rurale dans les projets existants d’information, éducation et communication (IEC) et de prise en charge psychosociale et médicale.

Cette mission d’échanges effectuée par AZUR Développement a permis de renforcer la mobilisation et la conscientisation des personnes vivant avec le VIH à se lever pour faire le suivi et défendre leurs droits ; de déceler les points de plaidoyer pour l’accès au traitement et de les sensibiliser sur leurs droits et devoirs. Des cas de chantage des femmes infectées par le VIH par leurs conjoints et belles-familles ont été décelés ainsi que  les mesures à prendre pour réduire la stigmatisation dans les hôpitaux. Il est évident qu’il faudrait davantage des ateliers d’information sur la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des ces derniers en milieu hospitalier.

Dans la partie septentrionale du Congo, précisément à Makoua (à plus de 600 Km de Brazzaville), sur place, la prise en charge des séropositifs est faite à l’hôpital et au centre Malieré. Les bilans biologiques ne s’y  font pas, les patients  sont référés à Owando. Dans cette localité, il n’existe aucune association de lutte contre le Sida. Conséquence : les actions communautaires de prévention et de prise en charge sont inexistantes.

A Gamboma, dans le département des Plateaux, cette mission a été conduite par Ginette Diafouka, membre d’AZUR Développement et d’Irène Mahoungou, présidente de l’association Bomoî, une association qui œuvre pour des femmes séropositives et dans la Prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME). Pendant cette mission, 29 PVVIH ont été  couvertes.

Dans le département du Pool, précisément à Kinkala, la mission a été conduite par Merols Diabakana, président du Club des jeunes pour les infrastructures et développement (CJID) et Simone Bandzouzi, chargée des affaires sociales au sein de l’association Femme Plus du Congo. A cours de cette mission à Kinkala, 15 personnes infectées du sida ont été couvertes. Le constat de ces deux missions révèle que la stigmatisation continue de pèse sur les personnes vivant avec le VIH.

«Je suis vendeuse des divers au marché de Kinkala. Mais on vient de me chasser du marché parce que je suis séropositive », témoigne une vendeuse, larmes aux yeux.

Pour des femmes enceintes dépistées dans le cadre de la Protection de la mère à l’enfant (PTME), celles qui sont atteintes du sida finissent par disparaître dans la nature.  Cependant, il existe une association des séropositifs dans ces deux localités qui, par faute des moyens financiers, n’a réalisé aucune activité.

Sur le séropositifs rencontrés en avril–juin dernier, par AZUR Développement, les femmes séropositives ont émis les vœux d’être soutenu afin qu’elles mettent en place une association qui leur permettra de se soutenir, soutenir les autres et prendre le leadership dans la localité. «Le manque des formations en matière d’accompagnement psychosocial et surtout sur l’éducation thérapeutique, car beaucoup de patients, fautes d’informations fiables prennent les réactifs sans respecter les heures de prise », témoigne un séropositif. 396 personnes ont été couvertes et sensibilisées sur les droits et devoirs des PVVIH au Bénin et  au Congo.

Poursuivre avec l’exécution des activités des associations des personnes vivant avec le VIH ; de mettre en place un cadre  dialogue et de relais entre  personnes formées et les associations concernées afin de pérenniser l’activité sont au tant des résultats entre ces deux pays à l’issue de leurs échanges.

 Jean Thibaut Ngoyi

 

 

« Older entries